« Peu avant la guerre, un vieil aristocrate breton, à la prunelle claire et à la barbe de fleuve, Alphonse de Châteaubriant, se rend en Allemagne nationale-socialiste et en revient ébloui par le nouveau régime. Il visite un camp de la Hitlerjugend et affirme :

« La jeunesse est devenue sous le soleil comme une masse immense, qui écoute au fond d’elle le grand mot de l’avenir, car elle sait que la solution de tout âge est inscrite dans l’acte qu’elle accomplira. »

L’écrivain de La Brière découvre un monde qu’il pare de toutes les couleurs du romantisme. Ces garçons de la Jeunesse hitlérienne ressuscitent, à ses yeux, les vertus de Sparte et de la Germanie primitive des forêts et des lacs. Il écrit dans La Gerbe des Forces :

« Les bras sont hâlés, pelés de soleil, les corps bronzés, les têtes sentent la résine, sont imprégnées du parfum de la fumée bleue qui monte parmi les arbres.

« Et à mi-pente, parmi les pierres, sur une espèce d’autel de pierres, brûle un feu de bois. C’est le feu sacré du camp. Ce feu, entre le premier jour et le dernier, ne doit pas s’éteindre. De chaque côté de lui veillent deux jeunes garçons, les gardiens du foyer, chargés d’empêcher la flamme de mourir. Ils montent là une faction, rigides, les talons réunis, le corps droit, le regard fixé dans l’espace.

« Je m’approche, et eux, me voyant gravir la pente, se roidissent encore plus, regardant droit en haut, dans le ciel.

« Mes enfants, mes petits amis allemands, vous qui gardez si bien le feu de camp, veillez bien à ce que le feu du cœur ne s’éteigne jamais de votre vie… C’est le conseil d’un vieux Gaulois, descendu des Commentaires de César … »

Jean Mabire, Les jeunes fauves du Führer. Fayard.

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Alphonse de Châteaubriant né à Rennes le 25 mars 1877 est décédé en exil à Kitzbühel (Autriche), le 2 mai 1951.

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