« Ah ! que l’Histoire-fiction est une belle chose ! J’avoue trouver quelque plaisir à imaginer Germains et Romains s’empoignant dans les Alpes suisses entre -100 et -50, tandis que les Gaulois, comptant les coups, se seraient alors occupés de construire la civilisation occidentale, qui eut pris une tout autre tournure. Elle ne serait jamais devenue romaine, et du coup pas davantage chrétienne. L’Europe n’aurait connu que l’éthique de liberté-fierté-responsabilité individuelle des Celtes, à laquelle ils ajoutaient le profond respect des arbres, des sources et de toute la nature. la technologie que cette civilisation aurait développée ne se serait donc jamais faite au détriment de la santé humaine et de l’environnement.

A quoi un druide-astrologue me répondrait sans doute que ce beau rêve n’eut pas pas été en accord avec les rythmes cosmiques et que l’équilibre dynamique de l’univers exigeait que, pour un temps, sur notre planète, le feu laisse la place à l’eau, et qu’il fallait patienter vingt-et-un siècles environ pour que l’air, allié naturel du feu, puisse régner à son tour et remettre en honneur une éthique de liberté. »

Pierre Lance, Alésia, un choc de civilisations. Presses de Valmy.

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