Les Matrialia sont des fêtes consacrées à Mater Matuta, la divinité du matin et de l’Aurore le 11 juin à Rome. À l’aurore, les matrones, citoyennes romaines, font entrer une esclave dans l’enceinte du temple, elles la fouettent avec des verges puis la chassent. Lors de la cérémonie, ce sont leurs neveux et leurs nièces qu’elles portent dans les bras et honorent, et non leurs propres enfants.

Interprétation: un rite cosmogonique

Georges Dumézil, spécialiste de la religion indo-européenne, a expliqué cette cérémonie en la mettant en parallèle avec la légende (issue d’un même héritage indo-européen) d’Usas et Usasah des Indiens védiques dans le Rig Veda. Usas et sa sœur Usasah sont les déesses de l’Aurore. Usas chasse les ténèbres après les avoir d’abord attiré : ce qui explique le rite de l’accueil puis d’éviction de l’esclave (représentant les ténèbres) par les matrones. Dumézil propose également une autre interprétation de type cosmogonique : l’aurore, le « bon matin », est bénéfique car elle chasse les ténèbres mais maléfique si elle s’éternise, il faut qu’elle disparaisse, il faut la chasser pour qu’elle fasse place au jour. Le rituel d’éviction est identique à celui de décembre où, symboliquement, on aide le soleil à se relever. Dumézil met en parallèle les Matrialia féminines du 11 juin avec les Agonalia solaires et masculines du 11 décembre, et celles du printemps où l’on chasse l’hiver.

Les dames romaines portent leurs neveux (ou nièces) dans leurs bras, comme l’Aurore porte le soleil. « De la même façon, chez les Indiens védiques, l’Aurore prend bien soin du soleil, fils de sa propre sœur, la Nuit ». « Mater Matuta a été une déesse Aurore, moins poétique mais aussi personnelle que l’Aurore des Indiens védiques. »

Il est probable, souligne encore Dumézil, qu’à l’époque classique, le sens profond du rite ait été oublié – d’où son rattachement mythologique et tardif avec la déesse grecque Ino, aussi appelée Leucothée, la « blanche déesse ».

(Wikipédia)

———————————————————————————————–

 

Advertisements