« La religion gauloise était insérée dans les circonstances de la vie individuelle et collective. Les croyances n’avaient pas un caractère intellectuel mais au contraire pragmatique. Elles avaient pour origine et pour objet tout à la fois ce qui touchait aux circonstances de l’existence. Ces hommes qui se mouvaient dans le quotidien, avaient les yeux tournés vers le ciel. C’est pourquoi le cycle solaire rythmait leurs activités qu’ils transcendaient dans une perspective cosmique. L’existence de chaque individu constituait un cycle qui s’inscrivait dans le mouvement général du monde. Ses différentes phases aussi bien que chacun de ses actes s’intégraient dans l’ensemble des réalités que son esprit, ou, pour mieux dire, son âme, élevait au niveau d’une mystique. Intégration dans le temps et dans l’infini.

Intégration également dans l’espace. Les croyances étaient enracinées dans des lieux. Ces derniers servaient de cadre à la vie quotidienne. Certains d’entre eux étaient choisis comme temples, c’est à dire emplacement de pratiques, de rencontres entre l’homme et le surnaturel. Ils étaient des signes, c’est à dire des sacrements, capables de réaliser mystérieusement ce qu’ils représentent de façon visible. Ils servaient enfin de lien entre les forces naturelles et celles des hommes. Ceux-ci domestiquaient celle-là montrant ainsi qu’ils n’attendaient pas avec passivité les bienfaits célestes mais que par l’union entre la nature et leur travail, ce dernier était en quelque sorte sanctifié. »

Etienne Renardet, Vie et croyances des Gaulois avant la conquête romaine. Picard.

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