« De mai à juillet 1789, constate Jean Tulard [« Histoire et dictionnaire de la Révolution française »] la Révolution bascule dans la violence. Le dérapage dans le sang ne date pas de 1792 mais de l’été 89 ». L’effondrement de l’autorité et les difficultés d’approvisionnement de la capitale (la récolte de 1788 a été catastrophique) provoquent une atmosphère tendue. Très vite, la situation vire à l’émeute.

Le 14 juillet, contrairement à la légende des manuels, la Bastille n’est pas prise par une foule spontanément mobilisée. L’opération est menée par une bande d’agitateurs à la recherche de fusils et de munitions, entrés par la porte que leur a ouverte le gouverneur Launay. En guise de remerciement, celui-ci est assassiné. De la vieille forteresse -que l’administration royale voulait déjà démolir- sont extraits, en fait de victimes de l’absolutisme, sept prisonniers : quatre faussaires, un libertin et deux fous. La légende a fait de cette péripétie un haut fait d’armes. »

Jean Sévillia, Historiquement correct. Perrin.

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