« Vous venez d’assister là à la démonstration des effets pervers de cette philosophie qui nous ronge depuis maintenant des décennies : celle de la planète-village tombée sous la coupe de groupements financiers supranationaux, apatrides, dont le comportement n’a rien à envier aux mafias de toutes sortes, qui prolifèrent également en toute impunité, mais qui peuvent se parer de tous les critères de la légalité, la leur, bien sûr, qui est celle de la jungle. Ces multinationales, avides autant que cyniques et cupides, ont abattu, un à un, tous les obstacles à leur extension et à leur boulimie de profits, tuant ce qu’il y a de meilleur chez l’homme : don de soi, créativité artistique, aspirations diverses à se transcender. Elles ont surtout tué tout sentiment d’appartenance, toute tradition, toute référence au passé, abattant les frontières, les particularismes, ravalant au rang de vieilles lunes les valeurs qui ont conduit autrefois les meilleurs d’entre nous à se dépasser, à se sacrifier, comme par exemple, celles d’honneur et patrie, qui n’évoquent plus rien dans les jeunes générations. Déboussolés, coupés de leur histoire et de leurs traditions, les peuples abandonnés sur les friches de leur civilisation, sont prêts à se donner au premier venu et à le suivre. »

Claude Perrin, Le retour des gueux, le réveil des lions. Les Éditions de la Forêt.

—————————————————————————————————–

 

Publicités