Le profond silence qui entoure la sortie du roman noir de Jérôme Leroy, « Le Bloc », s’explique sans problème, et l’auteur ne devrait pas en être étonné. Tout simplement parce qu’il arpente l’itinéraire de deux membres d’un mouvement d’esstrême droâââte sans essayer à toute force de mener un procès à charge. Ce qui en fait un livre absolument honnête (même si on aurait préféré qu’un des personnages ne soit pas pédé et que l’autre ne justifie pas une certaine reconnaissance du sionisme!) et qui tient en haleine de bout en bout. On se reconnaît aisément dans les personnages mis en scène, ou bien on reconnaît des ami(e)s, militants fachos ou retirés sous leur tente. L’auteur n’est pas facho lui même, loin de là si l’on en croit sa biographie, mais pour les petits censeurs de la vie littéraire c’est tout comme puisqu’il n’émet pas une seule critique contre ses personnages et s’attache plus à l’humain qu’à l’idéologie, ce qui est, à leur sens, bien évidemment impardonnable… Dans une certaine mesure Leroy nous présente côté faf  l’équivalent de ce qu’avait avec talent publié en son temps, côté gaucho, le libertaire-patron d’Actuel Jean-François Bizot avec ses « Déclassés » et ses « Années blanches »… Sur un forum consacré aux polars, j’ai lu cet aveu d’un lecteur qui se dit pourtant de gauche : « j’ai fini « le Bloc », ils vont me manquer les deux nazes ». C’est certainement le plus beau compliment qu’on puisse faire à Leroy…

Je recommande sans aucune réserve !

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