J’aime bien Val McDermid, j’ai bien accroché à sa série d’enquêtes de Carol Jordan, la flic et Tony Hill, le psychologue spécialiste des tueurs en série. Les personnages sont attachants, les intrigues passionnantes et l’auteur a beaucoup de savoir faire pour tenir son lecteur en haleine…Rien de transcendant mais une lecture qui ne prend pas la tête et comme le dit Montaigne « donne du plaisir par un  honneste amusement ». Et puis, dans ce troisième volume, « La dernière tentation » à la page 156, le personnage du tueur explique pourquoi il a été constamment humilié et maltraité par son grand-père, facteur déclenchant de sa psychopathie : parce que le grand-père, quand il était enfant a été gravement humilié et maltraité lui même par ….devinez qui … les nazis :

« C’était un enfer. D’après toi comment les nazis avaient-ils mis au point leurs techniques d’interrogatoire ? Ils s’étaient entraînés sur nous. On nous privait de sommeil pendant des semaines d’affilée, jusqu’à ce qu’on ait des hallucinations, ou qu’on soit tellement paumés qu’on ne savait même plus comment on s’appelait. On nous administrait des électrochocs aux parties génitales pour voir combien de temps on était capables de garder un secret . Les filles étaient violées avant et après la puberté pour observer les conséquences affectives. Il arrivait que les garçons doivent participer aux viols sous la contrainte pour qu’on puisse étudier leurs réactions. On nous enfonçait des tubes en caoutchouc dans la gorge et on nous versait de l’eau directement dans les poumons … »

A ce stade, si bien partie,on comprend mal pourquoi l’auteur arrête là son inventaire car on verrait bien aussi, exemple entre plein d’autres, que les enfants soient enculés par un chien (loup bien sur) et qu’ils doivent, avant et après pour déterminer l’impact psychologique, chacun à leur tour lui tailler une pipe… pourquoi pas au point où on en est …

Je trouve lamentable qu’un bouquin écrit en 2002 se permette encore, 60 ans après, de se servir des « nazis » pour incarner le Mal absolu ! D’ailleurs, ce n’est pas propre aux livres, le méchant nazi (pléonasme) est aussi fort prisé dans la BD : même Blake et Mortimer se voient contraints par Jean Van Hamme qu’on a connu (et aimé) plus inspiré, d’affronter ces salauds dans « La malédiction des trente deniers »alors que Jacobs n’avait, lui, jamais cédé à cette facilité ! Beaucoup de films aussi, comme l’analyse très bien, et de manière fort réjouissante cet excellent site :

« Nazi :
Dans le langage courant : membre ou sympathisant du Parti National-Socialiste Allemand, mouvance pangermaniste, nationaliste et raciste au pouvoir en Allemagne de 1933 à 1945. Par extension : sympathisant du régime et des idées d’Adolf Hitler (dit également « néo-nazi » après 1945)

Dans le langage nanar : sadique, violeur, zombie, savant fou, éleveur d’ hommes-singes, enfoiré, anacoluthe, bachi-bouzouk.

Nazisme nanar :

Le nazi nanar est fourbe, violent, libidineux et cruel. C’est bien simple, les associations de défense de la mémoire des anciens nazis étant relativement rares, et l’image du nazisme quasi-universellement négative, on peut absolument tout se permettre avec les nazis, et les représenter de la manière la plus exagérément abjecte sans craindre les critiques. D’où, dans la plupart des nanars abordant le thème, une représentation des nazis si outrancière qu’elle bascule régulièrement dans le ridicule le plus complet. Sous sa forme militaire, le nazi nanar rappelle le communiste de type soviétique, mais en plus méchant encore, bien qu’un peu moins fort en baston. Il s’exprime avec un fort accent allemand et en écorchant les langues (au propre comme au figuré).

Le militaire nazi, quand il est officier, réunit toutes ces tares en les agrémentant souvent d’une bonne dose de perversions sexuelles (homosexualité/sadomasochisme/urophilie/zoophilie/pédophilie, rayer les mentions inutiles) . Le propre du nazi est que l’étendue de ses défauts ne connaît par définition aucune limite. Le nazi est l’équivalent humain d’un rat visqueux, que le héros pourra exterminer par centaines sans aucune hésitation ni remords. L’officier nazi est cruel, brutal, d’un mépris total pour toute vie humaine (femme et enfants compris), et se repaît souvent de la souffrance d’autrui. Il est un grand habitué de bordels spécialisés en perversions en tous genres. Ses soldats sont de même catégorie, mais en plus effacés. Comme ils sont lâches, leur cruauté s’exerce surtout en groupe et généralement sur plus faible qu’eux (nourrissons, vieillards impotents). Le héros les étend généralement assez facilement.

Le scientifique nazi, chirurgien ou généticien, réunit une partie des tares de l’officier (sadisme, accent ridicule) mais se montre plus raffiné. Il se spécialise dans la mise au point d’expériences immondes sur des prisonniers, et de préférence des prisonnières à poil.

Le scientifique nazi peut éventuellement être une femme, qui peut également cumuler les qualités d’officier et de savant. La femme nazie est généralement une dominatrice sculpturale à gros seins, qui perd volontiers ses vêtements en torturant prisonniers et prisonnières. Elle participe fréquemment aux perversions sexuelles de ses collègues mâles mais organise le plus souvent les siennes, avec des raffinements de cruauté. Les expériences de la scientifique nazie sont généralement à coloration sexuelle, sadique, ou les deux. Elle élève des hommes-singes pour violer les prisonnières et se permet parfois elle-même de violenter les malheureuses avec des godemichés géants. La femme nazie a cependant une faiblesse : sa propre gourmandise sexuelle. Le héros (éventuellement américain parvient souvent à la transformer en chienne soumise avec son gros calibre.

Le nazi connaît après 1945 des avatars très divers : on le retrouve parfois en mort-vivant, éventuellement aquatique; ou bien reconverti en louche conseiller de dictateurs basanés ou d’agents de la CIA corrompus. Les scientifiques nazis, nantis de moyens financiers illimités, poursuivent leurs expériences, pour revivre leur gloire passée (en clonant Adolf Hitler, par exemple) et accéder ainsi au rang envié de dictateur nanar, ou pour de l’argent. Les femmes nazies sont encore plus polymorphes dans leurs tribulations, et vont parfois jusqu’à se reconvertir en gardiennes de goulag, signe que les extrêmes se rejoignent, ou en contremaîtres de harem, car le nazi a beau être raciste, il ne dédaigne pas l’exotisme.

Néo-nazisme :

Le néo-nazi (généralement né après 1945) se retrouve le plus souvent dans des gangs de skin-heads, mouvements ou milices d’extrême-droite corrompues, que le héros (flic, détective ou simple justicier) réduira à merci avec la manière forte. Il rêve parfois de conquérir le monde (surtout quand il est au service de nazis de la première génération reconvertis en comploteurs) mais se trouve souvent relégué à œuvrer dans la criminalité de bas niveau : il se livre parfois à des activités originales, comme le surf, cumulant idéologie et divertissement sportif en une intéressante synthèse . »

Bon allez pour une fois, on va passer sur ce recours lamentable à la pire des facilités, et faire comme si on avait rien vu … peut-être même arracher la page … après tout Carol et Tony n’y sont pour rien, eux …

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