« Nous sommes dans l’ère du simulacre et du mensonge médiatique. On n’a jamais vu tant d’éloges de la rébellion et de la contestation, et jamais tant de domination du conformisme idéologique et de la pensée unique ; les prophètes du « politiquement incorrect » sont les pires falsificateurs et manipulateurs. L’éloge de la rébellion (dans la droite ou la gauche intellectuelle) fonctionne à plein régime. Décidément le sens du ridicule est vraiment perdu de nos jours…

Ce phénomène des rebelles autoproclamés, qui font des colloques pour expliquer qu’ils sont -sans le moindre risque- des rebelles, des résistants, des révoltés, des incorrects (parce que personne ne l’a au fond vraiment remarqué), est le signe d’une époque où l’inversion de sens marche à pleins tubes, comme l’avaient vu Huxley et Orwell.

De même que, dans l’esprit soumis au totalitarisme, la liberté, c’est l’esclavage, la rébellion affichée est une posture snob qui dissimule bien évidemment la soumission à l’idéologie hégémonique. Ces rebelles en pantoufles n’auront jamais de procès, rassurez-vous, jamais d’ennuis avec l’État. Ils iront toujours dans des cocktails, des cocktails « rebelles ». Et ils baisseront culotte devant la première petite huile qui se présentera.

Le contestataire est en fait un serviteur du maître de maison. Il ne l’attaque que sur les rognures, jamais sur le fond. On fait de la contestation culturelle et esthétique, ma Chère ! On va se rebeller sur des sujets adjacents, en petites pointes de danseuses, des sujets raffinés, littéraires, cravatés. Mais nous sommes rebelles, voyez-vous, Mesdames ! Rebelles mondains, mais rebelles tout de même, fort bien élevés!Nous allons vous parler de « littérature rebelle », de « cinéma rebelle », etc. L’immigration ? L’Islam ? Les Arabes ? Chut ! Non, non, surtout pas ! Les murs ont des oreilles vous comprenez… L’impérialisme américain ? Oui, si vous voulez. US Go Home, ça c’est rebelle et pas trop risqué…

La loi du « rebelle-en-pantoufles » est qu’il ne doit surtout pas évoquer les sujets qui chagrinent la police de l’État, surtout pas mettre le doigt dans la plaie . Il doit vivre sagement dans son arbre comme le barde Assurancetourix. Ses pets de nonne doivent rester inodores. C’est la rébellion officielle, autorisée, estampillée, conforme, tamponnée, timbrée ! Et on se congratule entre littérateurs « rebelles » avec salamalecs bien gras.

Tout présentateur télé, tout rappeur, tout journaleux de quelque tendance qu’il soit, tout patron de discothèque, tout philosophe engoncé dans le système, tout rockeur, tout acteur, est bien obligé de se dire « rebelle ». Comme « bio » dans les supermarchés… Intelligent, astucieux, non ? Le rebelle en pantoufles ne se révolte pas, il disserte, il versifie ; c »est un « hussard » (sans sabre) mais un hussard quand même. Bienvenue au rebel-club ! Que J-F Kahn et Gérar Miller devraient présider, avec Bové comme secrétaire général… »

Guillaume Faye, Avant-Guerre. L’Aencre.

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