19 janvier 1865 : mort à Passy de Pierre Joseph Proudhon, journaliste et polémiste, sociologue et philosophe. Il est le premier à se déclarer « anarchiste ». Il est aussi le précurseur du socialisme français, du fédéralisme et de la « révolution européenne ». Face à Marx, il propose « un nouvel équilibre des forces sociales. Opposant « une dialectique de la vie à la dialectique de la mort, à quoi se réduit en définitive le schéma marxiste, il définit le socialisme comme l’application de l’ancien axiome suum cuique, « à chacun ce qui lui revient » -selon sa capacité. En 1850, il va jusqu’à écrire : « l’homme est avant tout un animal guerrier : c’est par la guerre qu’il se manifeste dans la sublimité de sa nature » (Alain de Benoist, « Vu de droite ». Ed. Copernic).

Sur l’application des théories de Karl Marx auquel il a eu affaire in vivo, Proudhon prévoyait avec perspicacité : « Cet État communiste se traduit par quoi ? Centralisation absorbante, destruction systématique de toute pensée individuelle, corporative et locale, réputée scissionnaire, (déviationnisme), police inquisitoriale, abolition ou restriction de la famille, à plus forte raison de l’hérédité. » Et l’anarchiste franc-comtois d’ajouter : « Après avoir supprimé toutes les libertés individuelles, il les concentre dans un homme, une individualité suprême. Longtemps avant notre ère, Athéniens, Béotiens, Lacédémoniens, Romains avaient connu ce cercle vicieux. Au nom du peuple, on accapare tous les pouvoirs entre les mains d’un seul ou d’une oligarchie qui vit de l’oppression d’un même peuple. En d’autres termes, on nous présente comme des nouveautés, des théories aberrantes dont les expériences ont marqué les époques décadentes de l’ancien monde. » Or ce système porte un nom, conclut Proudhon : « c’est le despotisme ». »(in Karl Marx ou le ressentiment. NRH n°52)

Les anarchistes de salon d’aujourd’hui se délectent de sa formule « la propriété c’est le vol », taisant par souci idéologique (ou par une inculture crasse qui n’est pas à exclure…) qu’il affirma aussitôt que « la propriété, c’est la liberté » en expliquant qu’il avait été compris à contre-sens : par cette formule, il désignait en fait les seuls propriétaires terriens oisifs qui, d’après lui, volent les profits aux travailleurs ; et plus généralement, tous ceux qui, sans travailler, tirent un revenu de ce qu’ils possèdent. Dans Théorie de la propriété, il affirme que la « propriété est la seule force qui puisse servir de contre-poids à l’État ». Il faut comprendre ainsi que si la propriété peut être source d’ exploitation abusive produisant un vol, elle est simultanément « une création spontanée de la société et une défense contre le pouvoir insatiable de l’État. »

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