A partir du 16 février 1944, au prix de terribles pertes, les unités allemandes et européennes parmi lesquelles la division SS Wallonie de Léon Degrelle rompent l’encerclement soviétique qu’elles subissaient dans le « chaudron de Tcherkassy » . Il reste à Léon Degrelle, qui s’était engagé comme simple soldat, six cent trente deux Wallons : son unité a perdu dans ces terribles combats les trois quarts de son effectif !

Le 20 février, il est fait chevalier de la Croix de fer.

« Degrelle prit place dans la grande Mercédès verte qu’ Himmler conduisait lui-même. Le « repaire du loup » se trouvait à une quarantaine de kilomètres plus loin. Ils arrivèrent vers minuit (…) Sous la voûte des sapins crûment illuminés par les projecteurs, des centaines d’ouvriers travaillaient aux abris bétonnés dressés contre la menace d’une guerre de bombardements sans discrimination, proclamée par les Anglais. Himmler en souligna le caractère à l’aide de l’interprète :

– C’est normal, dans une guerre de religion comme celle-ci, les porteurs de la foi adverse cherchent à tuer le prophète ennemi par priorité !

Les hauts sapins, l’éclairage qui donnait selon l’angle, tantôt une brillance cruelle, tantôt un flou lunaire, les hommes qui s’agitaient en silence, créaient une ambiance au niveau des Niebelungen. La seule présence d’Hitler expliquait cette suggestion, car les détails de son installation relevaient d’une grande modestie mais d’un sens pratique élevé. Lui même habitait un baraquement de série, situé un peu à l’écart des autres.

Degrelle attendit assez longtemps dans une sorte d’antichambre rustique, presque pauvre, en compagnie des généraux Gille et Liebe, d’Himmler, Fegelin et plusieurs gradés de la P.K., qui portaient leurs appareils de photos et cinéma. Puis une porte s’ouvrit, découpant sur le fond lumineux d’une vaste pièce la silhouette massive de Martin Borman qui servait d’introducteur. Il était 1 h 30 du matin. Degrelle se trouva tout de suite devant Hitler qui lui prit la main, ou plutôt l’enferma entre les siennes comme toutes les fois qu’il voulait témoigner une véritable affection, geste rare tantôt réservé à un enfant sortant de la foule massée sur son passage, tantôt à Mussolini descendant de son train spécial. Il lui dit de sa voix chaude, un peu rauque :

– Mein lieber Degrelle, vous m’avez donné tant d’inquiétude !

Puis il prend des mains de Borman la croix de chevalier de la croix de fer et en passe le ruban au cou du commandeur de la brigade d’assaut Wallonie. Un peu distrait, il fourre même la boîte sans valeur d’où elle sort entre les mains de l’ancien chef de Rex. Les éclairs de magnésium papillonnent autour des deux hommes, les appareils de prises de vues ronflent. Hitler qui a repris la main de Degrelle entre les siennes, dit brusquement

– Si j’avais eu un fils, j’aurais tant aimé qu’il vous ressemblât ! »

Saint-Loup, Les SS de la Toison d’Or. Presses de la Cité.

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