You are currently browsing the daily archive for février 22, 2012.

[en Allemagne, le 22 février 1945 ] « Jacques Doriot aperçoit les premières maisons de Messkirch, à vingt kilomètres de Mengen quand deux avions alliés survolent sa Mercèdes à gazogène. Au second passage, l’un des chasseurs pique et fait feu. Une rafale touche Jacques Doriot aux jambes, qui tente malgré tout de s’extirper du véhicule. Surgit l’autre appareil. Il mitraille à son tour la cible. Ses balles atteignent Jacques Doriot à la tête et lui perforent le buste, faisant éclater le cœur, le foie et les poumons. La mort est instantanée. Le conducteur a eu plus de chance. Il gît inconscient au volant mais n’est que blessé. (…)
Ralph Soupault, blanc comme un linge, marche au premier rang du cortège qui conduit Jacques Doriot vers sa dernière demeure. Il est arrivé à Mengen dès le 23 février en fin de journée. Il s’est rendu de suite à l’hôtel de ville, où le cadavre rafistolé du dirigeant PPF a été amené, pour se recueillir. La nuit suivante, il l’a veillé. Il a profité d’un instant de solitude pour esquisser quelques portraits de Jacques Doriot, que l’on reconnaît sans mal malgré le morceau de tissus qui, tel un œuf de Pâques, lui maintient différentes parties du visage assemblées. D’un gros calibre, les balles l’ont défiguré. Les dessins de Ralph Soupault lui ont redonné un semblant de forme humaine. »

Emmanuel Caloyanni, Ralph Soupault. Dessinateur de l’extrême. Geste éditions.

(selon Wikipédia, «Doriot fut inhumé au cimetière de Mengen où il repose toujours. En 1961, des soldats d’occupation découvrant sa tombe, la piétinèrent et la souillèrent. Peu après, une ordonnance de l’armée française interdit de l’entretenir ; puis elle finit par tomber dans l’oubli.)

——————————————————————————————————

Publicités

Paul Léautaud, né le 18 janvier 1872 à Paris est mort le 22 février 1956 au Plessis-Robinson.

« (…) l’énorme Journal Littéraire qu’il [Paul Léautaud] commença le 3 novembre 1893, à vingt et un ans, et dont il écrivit les derniers mots le 17 février 1956, cinq jours avant sa mort. Presque chaque soir, à la lueur de sa bougie, remuant sa plume d’oie et tirant la langue, Léautaud a raconté sa journée dans son petit bureau du Mercure de France, dessinant crûment les gens rencontrés, les femmes désirées et parfois conquises, les courses dans Paris, les conversations, les lectures, les mots et les querelles, le retour parmi les bêtes de Fontenay-aux-Roses. L’horizon est court, les idées souvent sommaires, les problèmes minuscules. Mais la langue est simple, naturelle, avec une race à la Diderot. Un homme qui ne ressemble à nul autre se peint là tout entier avec ses humeurs et ses rêveries, révélant même ce qu’il tient le mieux à cacher, sa tendresse et sa douleur. »

Kléber Haedens, Une histoire de la littérature française. Grasset.

———————————————————————————————————–

pour me contacter

février 2012
L M M J V S D
« Jan   Mar »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 278 099 hits
Publicités