Les réactions sont contrastées à la suite de la décision du Conseil constitutionnel, mardi, de censurer la loi pénalisant la contestation du génocide arménien, jugeant qu’elle était contraire à la liberté d’expression.

« UNE DISCRIMINATION INTOLÉRABLE »

Pour Valérie Boyer, députée UMP, qui avait porté la loi à l’Assemblée nationale, la décision du Conseil constitutionnel « est une tristesse » car elle crée « une inégalité de traitement, une discrimination parce que la France a reconnu deux génocides : la Shoah et le génocide de 1915 »

Constatant que « les victimes de la Shoah sont protégées des actes de négationnisme, alors que les victimes et les descendants de victimes de 1915 ne le sont pas », elle juge « cette discrimination intolérable ».

« PROTÉGER LA LIBERTÉ D’EXPRESSION »

De leur côté, les députés UMP Michel Diefenbacher et Jacques Myard se sont réjouis de la décision des Sages. et affirment que « la vérité historique » ne peut être établie que par la recherche, en aucun cas par la loi ».

Les deux parlementaires ont rappelé que leur démarche de saisir le Conseil constitutionnel, « soutenue par plus de 70 députés de tous bords, a été engagée en conscience dans le seul but de protéger la liberté d’expression et la recherche historique ».

« UNE VICTOIRE DU DROIT »

De son côté, le groupe RDSE (à majorité des radicaux de gauche) du Sénat, à l’origine du recours de sénateurs contre la loi , a estimé que « l’invalidation de ce texte est d’abord une victoire du droit. »

La proposition de loi UMP avait été contestée tous azimuts, indépendamment des appartenances partisanes, et jusqu’au sein même du gouvernement par les ministres Alain Juppé (affaires étrangères) et Bruno Le Maire (agriculture).

Les phrases-choc : protection de la liberté d’expression et de la recherche historique, victoire du droit, affirmation de ce que la vérité historique ne peut en aucun cas être établie par la loi, seulement par la recherche.

Mais qu’en est-il de la loi Gayssot : rassurez-vous, on n’y touchera pas car ……. ce n’est pas la même chose (on l’avait bien compris!). Comme Le député UMP Claude Goasguen, président du groupe d’amitié France-Israël, déplorait la décision, craignant que la loi Gayssot soit à son tour « attaquée », et que désormais on puisse « dire n’importe quoi en matière de négationnisme », les Sages, histoire de bien enfoncer le clou pour qu’on se le tienne pour dit, ont bien précisé que leur décision ne remettait d’aucune manière en cause la loi de 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien, ni la loi Gayssot de 1990, qui réprime la négation de la Shoah, car  étant « de toute autre nature » … ouf, on a presque eu peur…

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