Matzneff n’est pas beaucoup aimé dans notre « mouvance » et si les reproches qui lui sont adressés concernent le plus souvent ses préférences sexuelles ou ses amitiés mitterrandiennes, je crois que ce qu’ on lui reproche le plus, en fait, est sa liberté d’esprit.

Pour ma part, j’aime ses essais, moins ses romans (à part son pétulant « Nous n’irons plus au Luxembourg » ) mais j’aime surtout son « Journal intime », où il peut défendre à loisir « les valeurs aristocratiques d’indépendance, d’élégance, de panache » qui sont les siennes. Elles sont siennes aujourd’hui comme hier et il déclarait encore dans le dernier numéro d’Éléments : « Jusqu’à mon dernier souffle, je résisterai au Nouvel Ordre Mondial prôné par le président Bush lors de la première guerre du Golfe en 1991, je résisterai à l’impérialisme amerloque et à ses puritaines ligues pour la vertu, je résisterai aux psychiatres de gauche et aux quakeresses de droite, à toute cette racaille pharisaïque qui prétend nous dicter ce que nous devons penser, écrire, manger, fumer, aimer. »

Je n’avais pas acheté « La séquence de l’énergumène » dès sa sortie, bien m’en avait pris puisque je viens de le trouver d’occasion à un prix tout à fait abordable. Et je n’écrirai rien à son sujet dans l’immédiat : je préfère laisser la parole à Christopher Gérard :

« En exergue au Sabre de Didi (1986), étincelant recueil de chroniques publiées naguère dans Combat et dans Le Monde, Gabriel Matzneff plaçait cette phrase de l’Abbé Galiani : « Planer au-dessus et avoir des griffes ».  Il pourrait la reprendre telle quelle pour ce choix d’articles de Combat où,  de 1963 à 1965, il tint une rubrique télévisuelle hautement polémique, intitulée « la séquence de Gabriel Matzneff ». Le plus drôle est que le jeune polémiste, « vêtu du probité candide et de lin blanc », n’avait jamais regardé la télévision et qu’il ne possédait même pas de poste ! «

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