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Une fable particulièrement de circonstances parmi toutes celles que nous a laissées Jean de La Fontaine, l’immense poète qui est mort à Paris le 13 avril 1695.

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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Le 12 avril 1931, Les républicains espagnols remportent les élections municipales, couplées à un référendum sur la monarchie, confirmant de la sorte une nette majorité en faveur de l’instauration d’une république plus sociale, que l’Europe, y compris l’Italie mussolinienne, s’empresse de reconnaître. Cette victoire force le roi Alphonse XIII à quitter le pays. La 2ème République est proclamée. Le 9 décembre, elle se donnera une constitution. Le 6 septembre 1932, les Cortes accordent l’autonomie à la Catalogne. Une ère nouvelle faite de liberté et de modernité semble s’annoncer au Sud des Pyrénées. Mais en octobre 1934, la République ordonne de réprimer cruellement le soulèvement ouvrier de la “Commune des Asturies”. 3000 ouvriers sont massacrés. 40.000 personnes sont arrêtées. Cela conduit à une radicalisation de la gauche, contre la gauche modérée mais répressive, permettant au “Front Populaire” d’emporter une victoire électorale aux Cortes le 16 février 1936. Le 18 juillet 1936, l’armée se soulève, amorçant ainsi la terrible guerre civile que connaîtra le pays jusqu’en 1939. La gauche n’aime pas rappeler que ce sont justement les Républicains qui ont maté, de la manière la plus cruelle qui soit, le soulèvement ouvrier des Asturies. La guerre d’Espagne, à la lumière de ces faits, ne doit pas être jugée et analysée selon des schémas binaires et manichéens.

(Métapédia)

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Né le 30 avril 1919 à Concarneau, le Breton Emmanuel Allot, alias Julien Guernec et surtout François Brigneau, s¹est éteint le 9 avril près de Paris.

Dans  » Mon journal de l’an 2000« , il saluait ainsi la mort de Claude Autant-Lara :

« Il s’en est allé discrètement. Il aurait eu 100 ans l’an prochain (né le 6 août 1901, à Luzarches, Seine et Oise). Sans doute a-t-il voulu couper aux cérémonies des centenaires : Marseillaise, accolades officielles, un bout de gâteau dans un doigt de vin et discours de circonstances… Ce n’était pas pour lui plaire.

A voir comment les pouvoirs républicains l’ont expédié, il n’aurait pas eu à souffrir beaucoup. La ministre qui est à la culture ce que le ministre de l’Éducation nationale est à la langue française, n’a pas eu un mot. Pour la mémoire cela vaut mieux. Le Premier ministre qui confond Orgon (personnage de Tartuffe) avec Harpagon (personnage de l’Avare), et Labiche (La cagnotte) avec Molière (la cassette, dans l’Avare) a observé un silence prudent. On ne peut que s’en féliciter. Nous n’avons pas entendu le président Chirac. C’est toujours ça de gagné. La télévision vient de modifier ses programmes pour prendre le deuil de Vadim, metteur en scène de modeste qualité, en diffusant Dieu créa la femme et Les liaisons dangereuses, deux films qui auraient pu souffrir l’oubli. En revanche, elle n’a pas jugé nécessaire de les bousculer pour honorer le metteur en scène du Mariage de Chiffon, de l’Auberge Rouge [etc.] Pourquoi ce silence ? Pourquoi cet « oubli » ?

Esprit libre et indépendant, dans la vieille tradition libertaire, pacifiste, antimilitariste, anticapitaliste, anticléricale, Claude Autant-Lara accepta, en 1989, de figurer sur la liste du Front national aux élections européennes. Il fut élu. Doyen d’âge, la charge lui revenait de prononcer le discours d’ouverture. Il en profita pour s’en prendre au « cosmopolitisme à la mode ». Les élus de droite et de gauche ne pouvaient supporter de pareilles outrances. Ils quittèrent la salle, grelottant d’indignation. L’esprit de tolérance flotte partout, à Strasbourg comme à Paris. »

Un très bel hommage qui, avec les modifications nécessaires, lui aurait été comme un gant.

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Le 10 avril 1812, les 650 000 européens de la Grande Armée se mettent en marche contre la Russie, menés par l’empereur Napoléon 1er. Le 22 juin, ils franchissent le Niemen et le 14 septembre, ils prennent Moscou incendié par le général russe Rostopchine. Le 13 octobre, la neige se met à tomber et le 18, les grognards de la Grande Armée commencent la retraite. Ils seront décimés par la faim et le froid.

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Georges de Villebois-Mareuil est né en 1847 à Nantes. Il fut aussi brillant dans l’art militaire que dans l’art littéraire. Originaire du Périgord, implantés en Mayenne, au château de la Guénaudière, à Grez-en-Bouère les Villebois-Mareuil furent anoblis par Philippe-Auguste sur le champ de bataille de Bouvines en1214. Depuis lors, à chaque génération, la famille donnera sa part d’officiers à la France.

Pendant la guerre de 1870, Georges de Villebois-Mareil commande une compagnie de chasseurs à pied avec laquelle il reprend le pont de Blois le 28 janvier 1871, haut fait qui lui vaudra d’être gravement blessé.

Nationaliste d’Action Française, il n’hésita pas à démissionner de l’armée malgré une très brillante carrière, encore pleine de promesses. Animé de forts sentiments anti-britanniques, il rejoint les Boers (prononcer ‘bour’)au Transvaal, et commande la légion des étrangers, sorte de Brigades Internationales contre la perfide Albion, qui participent en Afrique du Sud à la guerre contre les Anglais. Il est le plus connu des Français qui combattirent les Britanniques et l’impérialisme capitaliste aux côtés des Boers.

Il faut se souvenir que les Anglais opprimèrent les Afrikaners au point de les parquer dans des camps cerclés de barbelés, premiers camps de concentration de l’histoire, les laissant mourir de faim et de maladies, dans le but d’assoir leur suprématie sur cette région du monde. Villebois -Mareil est nommé général par le président sud-africain Krüger en mars 1900. Dans ses notes, il conte sa guerre des boers, dont il admire la fougue et le courage, mais dont il regrette l’individualisme ombrageux et indiscipliné qui conduit à des sacrifices inutiles. Observateur impartial, homme de style, sobre et précis, il ne néglige pas la poésie des êtres et des paysages flamboyants qui l’entourent. Au Boshof, le 5 avril 1900, suite à une trahison, le petit détachement qu’il commande est encerclé et exterminé par les Anglais. Son corps est transporté au cimetière de Boshof, où les Britanniques lui rendent les honneurs. D’abord inhumé à Boshof, sa dépouille a été transférée en 1971 au cimetière militaire de Magersfontein.

 

Lire les ouvrages du Professeur d’africanisme B. Lugan sur l’Afrique du Sud,

Histoire de l’Afrique du Sud, de l’Antiquité à nos jours, Perrin (librairie Académique) ISBN : 2262004196; La guerre des Boers 1899-1902, Perrin (librairie Académique) ISBN: 2262007128

lire également son article dans la Nouvelle Revue d’Histoire de Mars 2006 sur les proconculs d’Afrique Australe, Cecil Rhodes et A. Milner.

Ouvrages de Villebois-Mareuil:

Cour martiale, souvenir de l’Armée de la Loire en 1870 (1888), Sacrifiés (1895), sous le pseudonyme de G.Simmy), Au-dessus de tout (1897), Carnets de campagne (1902) Société d’Editions Littéraires et Artistiques, (Paris), Le colonel de Villebois-Mareuil et la guerre Sud-Africaine, Mame (Tours).

source

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Louis Pergaud est mort pour le France le 4 avril 1915 (mais on avance aussi la date du 8 avril ) près de Marchéville-en-Woëvre , dans la Meuse. Instituteur et écrivain, il est l’auteur de « De Goupil à Margot », Prix Goncourt 1910 et de « La Guerre des Boutons », paru en 1912, mais aussi de « La Revanche du Corbeau » et du « Roman de Miraut, chien de chasse ».

A l’occasion de la sortie des deux nouvelles versions du film adapté de La Guerre des Boutons, on a voulu faire de Pergaud une espèce de militant laïcard, et du film un hommage aux Hussards noirs de la République. Il n’en est rien et Pergaud est très clair dans sa préface qui est un joyau du genre, étrangement encore très moderne… qu’on en juge :

« Tel qui s’esjouit à lire Rabelais, ce grand et vrai génie français, accueillera, je crois, avec plaisir, ce livre qui, malgré son titre, ne s’adresse ni aux petits enfants ni aux jeunes pucelles.

Foin des pudeurs (toutes verbales) d’un temps châtré qui, sous leur hypocrite manteau, ne fleurent trop souvent que la névrose et le poison ! Et foin aussi des purs latins : je suis un Celte.

C’est pourquoi j’ai voulu faire un livre sain, qui fut à la fois gaulois, épique et rabelaisien ; un livre où coulât la sève, la vie l’enthousiasme ; et ce rire, ce grand rire joyeux qui devait secouer les tripes de nos pères : beuveurs très illustres ou goutteux très précieux.

Aussi n’ai-je point craint l’expression crue, à condition qu’elle fut savoureuse, ni le geste leste, pourvu qu’il fut épique.

J’ai voulu restituer un instant de ma vie d’enfant, de notre vie enthousiaste et brutale de vigoureux sauvageons dans ce qu’elle eut de franc et d’héroïque, c’est-à-dire libérée des hypocrisies de la famille et de l’école.

On conçoit qu’il eut été impossible de s’en tenir au seul vocabulaire de Racine.

Le souci de la sincérité serait mon prétexte, si je voulais me faire pardonner les mots hardis et les expressions violemment colorées de mes héros. Mais personne n’est obligé de me lire. Et après cette préface et l’épigraphe de Rabelais adornant la couverture [ Cy n’entrez pas, hypocrites, bigotz, vieulx matagots, marmiteux boursouflez…], je ne reconnais à nul caïman, laïque ou religieux, en mal de morales plus ou moins dégoûtantes, le droit de se plaindre.

Au demeurant, et c’est ma meilleure excuse, j’ai conçu ce livre dans la joie, je l’ai écrit avec volupté, il a amusé quelques amis et fait rire mon éditeur [ceci par anticipation] : j’ai le droit d’espérer qu’il plaira aux « hommes de bonne volonté » […] et pour ce qui est du reste, comme dit Lebrac un de mes héros, je m’en fous. »

le lecteur intéressé me permettra de le renvoyer à cette modeste étude

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C’est le 3 avril 1996 que fut arrêté Theodor Kaczinski, dit Unabomber, brillant mathématicien et ancien professeur à l’université de Berkeley. Âgé de 55 ans, il a terrorisé l’Amérique durant 18 ans, envoyant seize colis habilement piégés à des professeurs d’universités ou des informaticiens, personnes qu’il jugeait responsables d’une évolution technologique destructrice pour l’ humanité (trois morts, 23 blessés). Il vivait depuis 25 ans dans une cabane du Montana, où il confectionnait amoureusement, pièce après pièce, ses bombes. Il avait négocié l’arrêt d’envoi de celles ci en échange de la publication, dans plusieurs grands journaux américains de son Manifeste : l’avenir de la société industrielle. Son frère reconnaîtra alors son style et le dénoncera au FBI. « La seule vraie liberté est de reprendre le contrôle individuellement ou au sein d’un tout petit groupe, des problèmes fondamentaux de l’existence ; se nourrir, s’abriter et se protéger contre les menaces qui pèsent sur l’environnement dans lequel on vit. »

(source : Emmanuel Ratier et Patrick Parment, Éphémérides nationalistes.)

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Le 3 avril 1921 se tient à Bologne la première « fête fasciste ». Mussolini y prononce un discours sans ambiguïté : « Nous devons agir ainsi, précédés d’une colonne de feu, parce que nous sommes calomniés et que l’on refuse de nous comprendre. Et, bien qu’on puisse déplorer la violence, il est évident que nous, pour imposer nos idées aux cerveaux, nous devrons, au son des bastonnades, toucher les crânes réfractaires ! Il faut conserver à la violence nécessaire au fascisme une ligne, un style nettement aristocratique ou, si vous aimez mieux, nettement chirurgical. »

Cinq ans jour pour jour plus tard, le 3 avril 1926, sont fondés les Balilla, la jeunesse fasciste italienne . Les « fils de la louve » étaient des groupe d’enfants de différents âges, habillés d’uniforme noir, qui défilaient et qui saluaient à la romaine lors de manifestations du régime. Ils s’entraînaient avec des fusils en bois.

(source : Emmanuel Ratier et Patrick Parment, Éphémérides nationalistes.)

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Depuis plusieurs jours, et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, je suis en pleine overdose d’actualité, de politicaille et de lecture militante ! D’ailleurs je n’ai pas retenu grand chose de ce qui s’est passé, en France ou dans le monde et je n’en ai rien à battre. Ceux qui, comme on dit, « font l’actualité », me sortent tous par les yeux et c’est à peine si je suis plus indulgent avec ceux de ma famille politique. J’ai quand même vu que sous les pressions de mouvements antifâââscistes, la tombe des parents de Tonton a été virée du cimetière où ils coulaient de vieux jours ce qui me dégoûte profondément et me donne des envies de meurtres… ah les fumiers !!!  Et puis, mais là ça me ferait plutôt marrer : le schtroumpf  Mélenchon, Méchancon comme osent certains, est en train de péter les plombs et de devenir complètement mégalo sous prétexte que des sondages vendus et une presse bien beurrée pour se faire mettre le font monter, monter, monter… au début il voulait se désister pour Hollande, le porcelet amaigri, mais maintenant, il se tâte, s’interroge et suppute « et si j’y allais tout seul ?… ». J’adorerais que ce salaud plombe les socialos et empêche Hollande d’arriver au 2e tour, sans y arriver lui même … ce qui donnerait un match Le Pen / Sarko : j’aimerais tellement voir ces cloportes appeler à voter pour celui qu’ils haïssaient, jusque là… comme jadis Chirac, le président bananier …

Je me suis mis aussi à des lectures plus légères … mais tellement plus digestes ! La semaine dernière, je me suis plongé avec délice dans Simenon et dans Léo Malet, ce qui m’ a permis, une nouvelle fois, de reconnaître Nestor Burma et Jules Maigret comme les deux personnages que je préfère dans la littérature policière française (malgré la belgitude de Simenon). Depuis ce week-end, j’ai entamé la série de Bill Pronzini avec son détective privé récurrent, et sans nom, Nameless : un régal !

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