Lucette Almanzor, veuve de Louis-Ferdinand Céline, née le 20 juillet 1912 à Paris fête aujourd’hui ses cent ans…

Bon anniversaire !

«Depuis la mort de Louis, la vie ne m’intéresse plus. C’est comme si avec lui j’avais nagé dans un fleuve pur et transparent et que je me retrouvais sans lui dans une eau sale et boueuse. On a été seul tous les deux et personne d’autre pendant vingt-cinq ans. Il me protégeait de tout  et je lui ai tout donné.

En voulant arrêter ma vie comme une montre que je n’aurais plus eu la force remonter, je me suis engouffrée dans quelque chose qui paralyse.

Je sais que si on s’intéresse à moi, c’est parce que, un jour ma vie a rencontré celle de Céline. Malheureusement, mes souvenirs sont comme des pétales qui s’échappent d’un bouquet dont les fleurs sont mortes.

C’était l’histoire de Céline pas la mienne, mais de cette vie, je suis ressortie brûlée.

Si, comme au théâtre, je devais définir mon personnage, je dirais qu’il s’agit d’une présence, une suivante, pas une participation.

Maintenant je ne sors plus, je ne bouge plus, mais quand je suis dans mon lit, la nuit, le jour, je parcours ma vie à l’envers et une image plus forte que les autres s’impose à moi, je n’ai plus alors qu’à laisser se dérouler lentement le film de mon cinéma intérieur. »

Lucette Destouches, in Céline secret, par Véronique Robert.

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