Le plagiat est vieux comme le monde, mais s’il fut, un temps, assumé et revendiqué comme un hommage (La Fontaine/Esope, Montaigne/Plutarque, Molière/Plaute), il est aujourd’hui le plus souvent caché car considéré comme un vol. Des noms connus ont eu à souffrir de l’accusation de plagiat : Alain Minc, Patrick Poivre d’Arvor, Michel Houellebecq, davantage provocateur que copieur… Le cas de Michel Drucker est un peu particulier qui, pour un livre jamais paru refusa -et fut condamné pour cela par la Justice- de payer son nègre, en fait sa maîtresse du moment, Calixthe Beyala, elle même plagiaire reconnue qui, pour sa défense, accusait ses détracteurs de « haine raciale » (c’est tellement facile!)

Ces temps derniers, c’était plutôt le tour d’hommes politiques qui, pour certains, en perdirent leur place : le Premier ministre roumain, le ministre russe de la Culture, ainsi que les anciens ministre allemand de la Défense, ministre roumain de l’Éducation et l’ancien président hongrois.

Aujourd’hui, de gros beaufs persuadés d’être de grands humanistes fêtent une de leurs idoles, Martin Luther King. C’est en effet le 28 août 1963 (l’année prochaine, on aura droit au cinquantenaire!) que le pasteur activiste prononça son célèbre discours « I have a dream » durant la marche pour l’emploi et la liberté à Washington. Or, il se trouve qu’un groupe d’universitaires, chargé par sa famille de réunir ses œuvres pour publication, découvrit plus tard que le fameux discours avait été en partie plagié d’un discours prononcé 11 ans plus tôt par le pasteur noir Archibald Carey.

Le bon pasteur n’était pas un novice en la matière puisque son premier discours à l’Église Baptiste Ebenezer, en 1947, fut le plagiat intégral d’un discours d’un autre pasteur noir, Harry Emerson Fosdick. Par ailleurs, le Wall Street Journal découvrira plus tard que King avait aussi plagié au moins 50 phrases complètes dans sa thèse de doctorat en théologie à l’Université de Boston. La commission constituée pour enquêter là-dessus conclut qu’il avait plagié 45% de la première partie de sa thèse et 21% de la seconde. Pour autant, même si le plagiat était flagrant, l’université ne lui enleva pas son titre de docteur par crainte de la réaction des Afro-américains.

Enfin, concernant les droits d’auteur de « I have a dream », les ayants droit de Martin Luther King peuvent requérir une licence pour la rediffusion du discours, que ce soit dans un programme de télévision, un livre historique, une représentation théâtrale ou autre. Tout bénéfice …

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