« La sagesse des druides sut rendre nos ancêtres insouciants, libres et joyeux. Le bien et le mal, selon les normes humaines, étant des concepts étrangers à la nature, les Celtes ignoraient toute notion de péché, de karma, de punition ou de récompense à recevoir dans l’Autre Monde. Malgré l’absence de ces freins théologiques, ils se conduisaient d’une manière qui suscitait l’admiration de leurs contemporains. Leurs défauts caractéristiques, vantardise, indiscipline, intempérance, semblaient véniels en comparaison de leurs incontestables qualités morales : honnêteté, loyauté, sens de l’honneur.

Les Celtes se savaient des dieux, des centrales d’énergie en relation étroite, amicale ou hostile, avec les autres forces de l’Univers. Cette connaissance réglait leur conduite. Chaque être, dieu, homme ou démon ayant une fonction particulière à remplir dans la Création, doit résister et lutter contre tout ce qui pousse à l’uniformité, au nivellement ; l’égalité n’existe pas dans la nature. L’individu a pour mission de mener à bien son propre épanouissement, sans avoir à refouler ses aspirations profondes, car la multiplicité et la différenciation sont indispensables à la bonne marche du monde.

La tradition celtique s’oppose aux dogmes qui condamnent et invoquent contre les éternels rebelles à toute dictature, vengeance, châtiment, damnation. Elle contredit les doctrines pernicieuses qui osent proclamer : bienheureux les imbéciles, les malades, les crasseux, les paumés, les ignares ! Anathème sur la beauté, la richesse et la supériorité intellectuelle ! »

Raimonde Reznikov. Les celtes et le Druidisme. Dangles.

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