A partir de mes dix ans j’ai passé bien des heures plongé dans les volumes Marabout dans lesquels on trouvait l’essentiel des œuvres de Jean Ray, aussi connu sous le nom de John Flanders. Romans fantastiques parmi lesquels Malpertuis, La Cité de l’indicible peur, ou ses multiples contes et nouvelles, mais aussi ses enquêtes mi-policières mi-fantastiques où le grand Harry Dickson damait le pion à Sherlock Holmes sans mal.

Thomas Owen, un autre des ces grands écrivains fantastiques édités par Marabout lui a dédié cet épigraphe :

« Il faut saluer ce maître du sel et du soufre, du visqueux et du glacé, ce génie de l’innommable.
Au centre de l’épouvante, immobile comme une pierre grise, il tient fermés à demi ses méchants yeux d’acier. Il a tendu ses pièges, tissé ses toiles velues, creusé les trappes ténébreuses dans les couloirs de notre démarche égarée.
Approchez ! Approchez donc… La porte verte s’ouvre à pic sur la noire Tamise ; le miroir franchi nous jette au visage l’haleine du néant ; le gantelet de fer, prison d’une main morte, poursuit sa vie maudite… L’engoulevent fait trembler Berlichingen.
Approchez-donc, Jean Ray vous fait signe. Sur son torse blême, voyez courir la noire tarentule. Sur son dos, touchez du doigt les mauves cicatrices de cette bagarre avec l’invisible ou les matelots lettons tués à Rotterdam.
Vous qui êtes attirés par le mystère et sa sœur aux yeux de jade, la Peur, prenez le breuvage toxique que vous tend ce vieil homme d’une infernale jeunesse. »

Jean Ray est mort le 17 septembre 1964.

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