médias-partie

« Contrôlant tout ce qui se pense, s’écrit, se lit, s’écoute et se regarde, le Système, par le biais de sa mainmise sur tous les grands médias, s’est créé un pouvoir de manipulation des esprits et des consciences qui n’a rien à envier au communisme soviétique d’hier. Il y ajoute même une touche de perfidie. Il n’interdit pas aux voix dissidentes de s’exprimer mais il fait tout pour qu’on ne les entende pas.

Par ailleurs, il a mis au point une véritable tyrannie subtile, complexe, reposant non pas sur un quelconque « complot » mais sur un mélange de connivences, de mimétisme et de paresse intellectuelle placée sous le regard inquisitorial du politiquement correct.

La tyrannie médiatique se trouve être la conjonction de trois phénomènes bien contemporains :

– La substitution, de l’information par la communication. Si donner de l’information, c’est faire connaître au public des faits exacts et vérifiés, replacés dans leur contexte historique et géographique, la communication, c’est scénariser et théâtraliser des données vraies ou fausses, dans un but idéologique, politique ou commercial. On en arrive d’ailleurs aujourd’hui à une saturation totale de l’information par les lois de la communication qui représente un plus vaste marché, presque sans fin, et qui participe de la marchandisation du monde comme aucun autre phénomène.

Les règles fonctionnelles de l’univers médiatique dont les piliers sont le culte de l’immédiat et de l’instant, le primat de l’image (autrefois il ne fallait croire que ce qu’on voyait, ce n’est plus le cas aujourd’hui), le primat de l’émotion dans le but de provoquer des sentiments (qui servent souvent de levier à toutes les manipulations), le primat de la mise en scène (théâtraliser, spectaculariser, feuilletonner des événements), peapoliser c’est à dire déballer la vie privée des uns et des autres.

– La manipulation qui peut prendre diverses formes allant de l’artificialisation de l’information aux mensonges voulu, entretenu ou par omission, du catastrophisme à la diabolisation (ou son contraire, c’est à dire l’angélisation), de l’omerta à l’emballement amplifié par le mimétisme de toute la corporation médiatique. Le tout suscitant un total irrationnalisme imprégnant les masses moutonnières toujours bêlantes.

– la force de la tyrannie médiatique ne repose pas sur le contrôle d’un homme ou d’un groupe sur tous mais sur l’autocontrôle des uns sur les autres.

Réfléchir & Ǎgir n°42

—————————————————————————————–

Advertisements