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empire

« Empire : voilà un mot qui résonne fortement dans notre imaginaire. En bien, pour beaucoup d’entre nous, affamés de grandeur. En mal pour d’autres, effrayés par ce que la grandeur implique, inévitablement. Et aussi parce que certains assimilent aujourd’hui le mot Empire à la prétention hégémonique des États-Unis, confondant ainsi Empire et impérialisme. Nous laissons donc de côté cet usage abusif du mot pour nous attacher aux réalités historiques qu’il recouvre dans la tradition européenne et aux perspectives qu’il ouvre pour notre Europe des patries charnelles.

La notion d’Empire est un fil conducteur qu’on peut suivre tout au long de l’Histoire européenne -même si, comme le montre Jean Haudry, elle déborde les limites de notre continent. Elle a nourri nombre de grands desseins, d’autant qu’elle est porteuse d’une force, celle du mythe, qui mobilise les imaginaires et les volontés. Napoléon l’avait bien compris, lui qui, comme l’a magistralement analysé Jean-Claude Valla (…), a revendiqué avec force l’héritage carolingien et s’est posé en successeur de Charlemagne, entre autres par certains gestes forts hautement symboliques : devenu empereur des Français, ayant à sa botte le pape, il coiffe la couronne des rois lombards … et donne à son fils le titre de roi de Rome.

Aujourd’hui la magie des mots peut encore déboucher sur des visions d’avenir. Un Empire eurosibérien, regroupant sous une forme confédérale les peuples blancs de l’Atlantique au Pacifique, n’habite-t-il pas notre vision ethnopolitique du monde ? »

Pierre Vial

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Je viens d’apprendre par le blog de Bernard Lugan la mort du grand historien Jacques Heers, survenue le 10 janvier 2013. On le regrettera.

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Eléments 146« La fin du monde a bien eu lieu. Elle n’a pas eu lieu un jour précis, mais s’est étalée sur plusieurs décennies. Le monde qui a disparu était un monde où la plupart des enfants savaient lire et écrire. Où l’on admirait les héros plutôt que les victimes. Où les appareils politiques n’étaient pas encore devenus des machines à broyer les âmes. Où l’on avait plus de modèles que de droits. Un monde où l’on pouvait comprendre ce que voulait dire Pascal quand il affirmait que le divertissement nous détourne d’être vraiment hommes. Un monde où les frontières garantissaient à ceux qui y vivaient une façon d’être et de vivre qui leur appartenait en propre. C’était un monde qui avait aussi ses défauts et qui fut même parfois horrible, mais la vie quotidienne du plus grand nombre y était au moins réglée par des dispositifs de sens aptes à dispenser des repères. Par le truchement des souvenirs, ce monde reste familier à beaucoup. Certains le regrettent. Il ne reviendra plus.

Le nouveau monde est liquide. L’espace et le temps y sont abolis. Délivrée de ses médiations traditionnelles, la société est devenue de plus en plus fluide et de plus en plus segmentée, ce qui facilité sa marchandisation. On y vit sur le mode du zapping. Avec la disparition de fait des grands projets collectifs, autrefois porteurs de visions du monde différentes, la religion du moi -un moi fondé sur le désir narcissique de liberté inconditionnée, un moi producteur de lui même à partir de rien- a abouti à une « détraditionnalisation » généralisée, qui va de pair avec la liquidation des repères et des points fixes, rendant l’individu plus malléable et plus conditionnable, plus précaire et plus nomade. Depuis un demi-siècle, l’ « osmose idéologique de la droite financière et de la gauche multiculturelle » (Mathieu Bock-Côté) s’est employée, sous couvert de « modernisation » émancipatrice, à faire confluer libéralisme économique et libéralisme sociétal, système du marché et culture marginale, grâce notamment à la récupération marchande de l’idéologie du désir, capitalisant ainsi sur la décomposition des formes sociales traditionnelles. L’objectif général est d’éliminer les communautés de sens ne fonctionnant pas selon la logique du marché… »

Robert de Herte (premières lignes de l’éditorial d’Éléments n°146 qui vient de paraître)

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23 janvier -52. Date à laquelle on situe le massacre des Romains de Cenabum (Orléans) par les révoltés gaulois qui fut l’élément déclencheur de la Guerre des Gaules.

gaulois à Cenabum

« Anipa (…) prit la rue par laquelle elle avait vu partir le cortège des insurgés. C’était celle qui menait au quartier résidentiel où les riches commerçants romains s’étaient fait construire des maisons de pierre blanche. Quand elle y parvint la dévastation était achevée. Des familles de notabilités de l’import-export il ne restait plus que des corps sans vie. A l’appel de Cotuatos et de Conconnétodumnos, les émeutiers se regroupaient sur la place, devant la demeure de l’intendant Fufius Cita. Anipa avisa une échelle appuyée contre le pignon de la maison d’un charpentier et y grimpa pour dominer la scène. Elle était horrifiée mais sa curiosité était plus forte que son horreur.

Les portes de bronze du luxueux hôtel de l’intendant étaient closes. Une équipe de guerriers vint quérir un énorme madrier dans l’atelier du charpentier, et s’en servit comme bélier. Dès que les battants cédèrent , une horde hurlante se rua dans le bâtiment. Un moment s’écoula. L’homme de confiance de César devait s’être caché et bien caché. Enfin découvert, il apparut dans l’embrasure de ce qui avait été la porte, encadré de guerriers qui le tenaient par les bras et le poussaient de la pointe de leurs glaives. Il était vert de peur. Le grand druide s’avança vers lui.

Caius Fufius Cita, nous t’accusons d’avoir dépouillé notre peuple …….»

Yann Brekilien. La louve et le sanglier. Éditions du Rocher.

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Un tel sursaut (mais on cherche encore notre Vercingétorix) ne nous ferait pas de mal aujourd’hui puisque, si ce ne sont pas des Romains, nous ne manquons pas d’occupants ; et j’en vois beaucoup, sans aller chercher loin auxquels on pourrait  bien faire subir le même sort qu’à Fufius Cita…

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22 janvier 1882. Naissance à Belmont dans le Doubs, de l’écrivain Louis Pergaud qui sera tué au front en avril 1915. Cet ancien instituteur, qui observait les animaux depuis son enfance, a laissé de superbes récits animaliers, comme De Goupil à Margot : histoires de bêtes  (prix Goncourt 1910), La Revanche du corbeau, Le Roman de Miraut, chien de chasse. En 1912, il signe un livre unique, La Guerre des boutons, pour lequel il écrit dans sa préface :

« Tel qui s’esjouit à lire Rabelais, ce grand et vrai génie français, accueillera, je crois, avec plaisir, ce livre qui, malgré son titre, ne s’adresse ni aux petits enfants ni aux jeunes pucelles.

Foin des pudeurs (toutes verbales) d’un temps châtré qui, sous leur hypocrite manteau, ne fleurent trop souvent que la névrose et le poison ! Et foin aussi des purs latins : je suis un Celte. »

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21 janvier 1950, décès à Londres, de George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, l’auteur de « 1984 » et le père de la « common decency ».

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paul-leautaud-2_H180054_L

18 janvier 1872. Naissance, à Paris, de l’écrivain Paul Léautaud, misanthrope et amateur de chats, dont le Journal littéraire, en 19 volumes, publié à partir de 1954, est un modèle du genre.

(Ephémérides nationalistes)

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romantisme

« Il est clair que la lecture de Nietzsche, comme un peu plus tard celle de Sorel a été déterminante dans la formation intellectuelle et idéologique du futur dictateur, mais aussi de nombreux autres représentants du syndicalisme révolutionnaire, et que les écrits de ces deux auteurs constituent des jalons essentiels dans la révision du marxisme qui s’opère au cours de la première décennie du siècle et qui constitue l’une des matrices du fascisme. Déjà, ce que Mussolini retient de l’œuvre de Nietzsche, ce n’est pas seulement la critique corrosive de l’idéologie bourgeoise, des « pharisaïsmes » sur lesquels reposent à la fois l’humanisme chrétien et les valeurs frelatées de l’âge positiviste -la justice, la charité ou la démocratie, autant d’articles qui fondent la « morale du troupeau » et que le socialisme réformiste reprend à son compte-, mais le modèle de l’ « homme nouveau » forgé par la lutte et apte à s’engager dans des entreprises prométhéennes. Ce n’est pas le dirigeant fasciste de 1922 qui écrit les lignes qui vont suivre, mais l’un des plus modestes parmi les représentants de la tendance syndicaliste révolutionnaire du socialisme romagnol que hante le spectre de la dévitalisation et de la « dévirilisation » du parti et de sa doctrine.

« Le surhomme » -écrit-il dans l’essai publié en 1908 par Il Pensiero romagnolo-, voilà la grande invention nietzschéenne. Quelle impulsion secrète, quelle révolte intérieure ont-elles inspiré au professeur solitaire de langues anciennes de l’ université de Bâle cette superbe notion ?

Peut-être le tiedum vitae de notre vie. De la vie telle qu’elle se déroule dans les sociétés civiles d’aujourd’hui où triomphe l’irrémédiable médiocrité […].

Et Nietzsche sonne le réveil d’un retour prochain à l’idéal. Mais à un idéal fondamentalement différent de ceux auxquels ont cru les générations passées. Pour le comprendre, viendra une nouvelle espèce d’ « esprits libres », fortifiés par la guerre, par la solitude, par le grand danger, des esprits qui connaîtront le vent, les glaces, les neiges des hautes montagnes et qui sauront mesurer d’un œil serein toute la profondeur des abysses -des esprits dotés d’une sorte de sublime perversité- des esprits qui nous libéreront de l’amour du prochain, de la volonté du néant redonnant à la terre sa signification et aux hommes leurs espérances -des esprits neufs, libres, très libres, qui triompheront de Dieu et du néant. »

Pierre Milza. Mussolini. Fayard.

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Rainy Day on the Coast

« Pas un instant je n’oublie les luttes du moment. Pas un instant je n’oublie les luttes du passé qui nous ont fait ce que nous sommes. Pas un instant je n’oublie qu’exister c’est se vouer et se dévouer, mais aussi lutter. Je n’oublie pas non plus que la vie est faite de moments intenses et de moments calmes, de joies et de cruautés. La vie (et notre vie) est à l’image de la nature dont elle procède, ce que disait déjà Héraclite dans un aphorisme très actuel, près d’un trentaine de siècles avant nous : « La nature aime les contraires : c’est avec elle qu’elle produit l’harmonie ». Ce que disait aussi Homère de façon différente et poétique en soulignant que notre existence s’inscrit dans les grands cycles naturels : « Comme naissent le feuilles, ainsi font les hommes. Les feuilles, tour à tour c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt verdoyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du printemps. Ainsi des hommes : une génération naît à l’instant où une autre s’efface » (Iliade, VI, 146).

Pour nos contemporains, toujours plus nombreux, dont les jours s’écoulent dans l’univers artificiel des villes (qui ne sont plus toujours des villes), il est souvent difficile de percevoir, au-delà du béton, du verre, de l’acier et de la luminosité électrique, que la nature, en dépit de son absence visible, continue de nous englober et de dessiner les lignes de force de notre existence, entre l’enfantement et l’effacement : « comme les feuilles… »

La nature oubliée, pourtant, se rappelle à nous, parfois, de la façon la plus insolite et inévitable quand tombe la pluie que la ville et le génie des hommes ne peuvent maîtriser. C’est une réflexion que suggère un petit livre profond au titre provocateur : Aimer la pluie, aimer la vie (Éditions J’Ai Lu). Son auteur, l’écrivain et philosophe Dominique Loreau, est une femme. Elle vit au Japon, ce qui contribue sans doute à sa perception immanentiste de l’existence. Je livre les première lignes de son essai qui dit l’essentiel à mes yeux : « Dans ce monde extrêmement rationnel, où les sociétés modernes imposent leurs lois à la nature et à l’homme, il est un phénomène que nul ne pourra jamais contrôler : la pluie ». C’est une pensée neuve à longue portée. Elle nous fait prendre conscience, qu’en dépit des apparences, la nature, notre mère à tous, continue de rythmer notre existence malgré l’artificialité de la ville. Merci donc à la pluie de nous rappeler cette évidence rassurante. Elle me semble désormais beaucoup plus amicale, même quand elle se fait parfois un peu trop insistante dans les régions du septentrion européen. »

Dominique Venner

proudhon« 15 janvier 1809. Naissance, à Besançon, de Pierre-Joseph Proudhon, théoricien de l’anarchie mais aussi du fédéralisme. Son influence fut considérable sur le mouvement socialiste français, sa doctrine ne comportant pas ce nihilisme aveugle contenu dans le marxisme. Les militants de la première Action Française (celle d’avant 1914) se réclameront de lui, ainsi que divers mouvements nationalistes de l’entre-deux guerres. Si « la propriété c’est le vol », Proudhon a aussi déclaré « nous voulons la propriété pour tout le monde ». En réalité il s’opposa beaucoup plus au capitalisme et au libéralisme, défendant la petite propriété et les anciennes valeurs morales : « Tout attentat à la famille est une profanation de la justice, une trahison envers le peuple et la liberté, une insulte à la révolution. »

(Ephémérides nationalistes)

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