empire

« Empire : voilà un mot qui résonne fortement dans notre imaginaire. En bien, pour beaucoup d’entre nous, affamés de grandeur. En mal pour d’autres, effrayés par ce que la grandeur implique, inévitablement. Et aussi parce que certains assimilent aujourd’hui le mot Empire à la prétention hégémonique des États-Unis, confondant ainsi Empire et impérialisme. Nous laissons donc de côté cet usage abusif du mot pour nous attacher aux réalités historiques qu’il recouvre dans la tradition européenne et aux perspectives qu’il ouvre pour notre Europe des patries charnelles.

La notion d’Empire est un fil conducteur qu’on peut suivre tout au long de l’Histoire européenne -même si, comme le montre Jean Haudry, elle déborde les limites de notre continent. Elle a nourri nombre de grands desseins, d’autant qu’elle est porteuse d’une force, celle du mythe, qui mobilise les imaginaires et les volontés. Napoléon l’avait bien compris, lui qui, comme l’a magistralement analysé Jean-Claude Valla (…), a revendiqué avec force l’héritage carolingien et s’est posé en successeur de Charlemagne, entre autres par certains gestes forts hautement symboliques : devenu empereur des Français, ayant à sa botte le pape, il coiffe la couronne des rois lombards … et donne à son fils le titre de roi de Rome.

Aujourd’hui la magie des mots peut encore déboucher sur des visions d’avenir. Un Empire eurosibérien, regroupant sous une forme confédérale les peuples blancs de l’Atlantique au Pacifique, n’habite-t-il pas notre vision ethnopolitique du monde ? »

Pierre Vial

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