amour_patrie

« La patrie est l’oïkos, le site, où convergent et se réalisent les solidarités et les identités. Les patries sont les incarnations territoriales, historiques, culturelles des identités au sein desquelles s’exercent les solidarités, positives (l’entraide) ou négatives ( le conflit). Là encore, il serait plus juste de mettre « patrie » au pluriel, car l’être identitaire et enraciné porte avec lui, suivant l’échelle de ses inclinations, de sa volonté et de son raisonnement, maintes patries : sa patrie locale, charnelle ou régionale, sa patrie nationale, historique, politique, sa patrie civilisationnelle, géopolitique, continentale. Toutes ces patries ne s’additionnent pas, elles se multiplient, ce qui aboutit normalement à des synergies. Ainsi, l’Europe n’est pas la somme de toutes les nations elles-mêmes constituées de patries régionales ; c’est une patrie subsumée qui prend en compte les patries nationales, régionales et locales. Le monde est-il dès lors une patrie ? Peut-on aussi se dire « patriote mondial » ? Certains courants écologistes l’affirment. Pour notre part, le scepticisme prédomine envers cette idée de « patrie universelle »(…). Pour l’instant, défendre ses patries implique inévitablement garder ses identités et donc ses communautés. »

Georges Feltin-Tracol. Orientations rebelles. Éditions d’Héligoland.

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