raboliot_15« Un matin que j’étais en visite chez un ami, on vint m’informer soudain que vingt soldats de l’armée Rouge cernaient ma demeure pour m’arrêter et qu’il me fallait fuir sur le champ. Aussitôt j’empruntai un vieux costume de chasse à mon ami et, muni d’une petite somme d’argent, m’échappai en toute hâte, à pied, par les petites rues de la ville. J’atteignis bientôt la grand’route et engageai les services d’un paysan qui, en quatre heures, m’avait transporté à une trentaine de verstes et déposé au milieu d’une région très boisée. En chemin, j’avais acheté un fusil, trois cents cartouches, une hache, un couteau, un manteau en peau de mouton, du thé, du sel, des biscuits et une bouilloire. Je m’enfonçai au cœur de la forêt et parvins à une cabane abandonnée, à moitié calcinée. Dès ce jour, je menai l’existence d’un trappeur, mais j’étais bien loin de me douter à quel point cet état forcé allait se prolonger. »

Ferdynand Ossendowski. Bêtes, Hommes et Dieux. Phébus.

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