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« Chaque fois que l’on me parle des « droits de l’homme », je songe à cet ouvrage posthume de Helvetius, « De l’homme », paru en 1784, qu’à l’époque où j’étais étudiant en lettres classiques à la Sorbonne j’avais déniché dans la librairie du charmant vieux M.Vrin, et où il est à chaque page question d’un homme universel et abstrait auquel on ne croit pas un instant.

Les hommes ? J’ignore ce dont il s’agit. Je connais des intelligents et des imbéciles, des courtois et des goujats, des beaux et des laids, des bien-portants et des malades, des généreux et des ladres, des âmes nobles et des âmes basses, des courageux et des lâches, des doux et des brutes, des créateurs et des parasites, mais des hommes, non, je n’en connais pas.

Je n’ai pas foi en cette divinité aveugle au nom de laquelle il faudrait accorder aux salauds les mêmes droits qu’aux êtres qu’éclaire la bonté ».

Gabriel Matzneff. Le taureau de Phalaris. La Petite Vermillon.

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