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Savitri Dévi

Savitri Devi (« déesse de l’énergie solaire » en hindou) est le nom de plume adopté par la Française Maximine Portas (1905-1982). Fervente partisane du nationalisme indien (Hindutva) auquel elle livre un apport critique (exemple des pays se modernisant pour contrer le colonialisme et rôle supra-religieux des institutions), et admiratrice d’un pays traditionnellement polythéiste, dernier bastion selon elle du « paganisme aryen » (celui-là même supplanté en Europe par le christianisme levantin), elle entendait par son exemple défendre la possibilité d’une reconquête de l’Europe par le paganisme, dont elle estimait le national-socialisme porteur.

Elle est née le 30 septembre 1905.

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troupes-allemandes-juin-40

« En octobre 1941, j’étais seul ou presque seul au sommet du Mont Blanc, riche de toute ma solitude virile ; pendant l’été 1942, j’étais simple légionnaire, une unité inconnue du 1er bataillon ; ma vie s’articulait sur des centaines de vies qui m’étaient absolument étrangères. De ces deux états pourtant absolument contradictoires, la crête et le creux de la vague, je tirais des joies puissantes. Oh la beauté d’une solitude de l’homme sur le plus haut des sommets de l’Europe… Oui mais quelle joie, quelle richesse de n’être plus rien dans une foule, rien qu’un homme chargé de sacs, de fourbis, de fers, et qui marche, qui marche… Le bataillon s’enfonce dans le Sud, longue chenille aux mille pieds qu’une même vie anime d’un même rythme, des pieds qui se posent exactement dans les mêmes traces tandis que huit cents gorges respirent à la même cadence ou chantent la même chanson… Joie puissante de s’intégrer à la communauté, joie inégalable d’être la parcelle d’un grand être, d’avoir dépouillé son orgueil, de n’être plus qu’un soldat « à qui rien n’appartient ». N’être rien, Monsieur zéro. Comme cela est reposant ! »

Saint-Loup. Les Partisans.

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épée

« Nous vivons englués dans une époque horrible, qui uniformise au nom du totalitarisme soft, qui chloroformise, qui émascule et enlève tout élan vital, comme probablement cela n’était jamais arrivé par le passé. Spirituellement, il s’agit d’une civilisation aux traits homosexuels, eunuques, où l’on est prisonnier de la caricature de la Grande Mère , ou plutôt d’une grotesque Mamma méditerranéenne. Toute la déontologie non écrite de l’extériorisation sociale, non seulement sur le plan politique mais aussi sur celui moral, étudiant, sportif, est fondée sur l’homologation , sur le « ne pas sortir du chœur », sur l’impératif d’être égaux, sur le désir d’être acceptés, accueillis par le grand utérus informe, sans se détacher d’aucune manière mais émergeant seulement par cooptation, sur input depuis le haut, au nom du modèle uniforme, comme cela arrive aux enfants bûcheurs, dans un désir de reconnaissance propre de celui qui ne sait, et ne veut, marcher tout seul. Figurez-vous, voler tout seul ! Toute l’idéologie dont on nous abreuve est celle de la renonciation. « Ma chi te lo fa faré ? » « Mais pourquoi donc ? A quoi cela sert-il ? » « On ne peut combattre les puissants » « Les temps ont changé », etc… (…). L’alternative, la seule alternative radicale, réside dans la virilité spirituelle, dans cette voie pleine de périls et fascinante qui -s’il est vrai qu’elle conduit souvent à la grandeur et donc à une perdition épique- dans les meilleurs cas parvient à l’héroïsme : la voie guerrière. Pour lever toute équivoque ou toute interprétation distordue, fallacieuse ou de mauvaise foi, la voie guerrière ne signifie pas la voie de l’agression armée parce que, comme nous l’enseigne la tradition virile orientale, le guerrier est celui qui n’a pas besoin de dégainer parce qu’il est l’épée. L’alternative, la seule alternative sensée et possible, consiste dans le refus de l’entière imposition du langage social qui est tenu aujourd’hui, consiste dans l’affirmation de soi au moyen de la renonciation opposée à celle que l’on nous prêche journellement et que l’on nous impose, à savoir non pas la renonciation à la lutte mais celle aux honneurs, aux séductions faciles, aux surabondances inutiles et vides. »

Gabriele Adinolfi

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altitude

« … préservons nous du fiel et de ses néfastes accès.
De la hauteur, toujours de la hauteur.
Pour demeurer … insaisissable. »

Bruno Favrit. Midi à la source. Auda Isarn.

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AVT_Jean-Ray_861

« L’affaire du couvent des Pères Blancs ne fut pas mauvaise.
J’aurais pu faire main basse sur bien des choses précieuses mais, pour être un indévot, je ne suis pas un incroyant et l’idée seule de m’emparer d’objets du culte, même s’ils sont d’or et d’argent massifs, m’emplit d’horreur.
Les bons moines pleureront leurs palimpsestes, incunables et antiphonaires disparus, mais ils loueront le Seigneur d’avoir détourné une main impie de leurs ciboires et de leurs ostensoirs.
J’ai cru que la lourde gaine d’étain que je découvris dans une cachette de la bibliothèque monacale, devait contenir quelques coûteux parchemins dont un collectionneur sans grand scrupule m’aurait donné gros, mais je n’y trouvai qu’un gribouillis dont je remis la difficile lecture à des jours à venir.
Ils vinrent, à l’époque où le produit de mon expédition fit de moi un bourgeois aisé, aux aspirations calmes et régulières. Il n’y a que la fortune pour faire d’un ruffian un honnête homme, soumis aux lois humaines.
Je dois quelques explications quant à ma propre personne. Elles seront brève, car ma vie passée exige discrétion. »

Jean Ray, la première page, dans l’édition Marabout de l’ « Inventaire en guise de préface et d’explication » de son chef-d’œuvre « Malpertuis ».

Il est aussi le père de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain dont les aventures (105 au total) comme les remarquables dizaines de nouvelles fantastiques, ont meublé les après midis pluvieux de nos adolescences…

Jean Ray est mort le 17 septembre 1964 à Gand.

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journaux

« On cherchait un titre pour un nouveau quotidien. Je dis à quelqu’un de la future rédaction :
– Je n’ai aucune idée. En revanche, je puis vous suggérer un titre qui coulerait immédiatement votre journal. Fonds secrets, relations, valeurs professionnelles, rien n’y ferait. Il ne pourrait même pas « partir ».
– Vraiment ! Quel titre ?
– Appelez-le L’Honneur. »

 

Henry de Montherlant . Service inutile. Grasset.

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fenêtre« (1940 – 11 mai matin).

Matinée ravissante, temps léger, chaleur fine. L’alerte me réveille à six heures du matin. Je joue les sous-Flaubert dans mon pigeonnier. Au loin les hommes peinent et souffrent sous le ciel sans cesse effondré. Et moi je suis là immobile. De mon neuvième étage, je regarde Paris et le monde. Aucun sentiment d’inutilité, de mauvaise conscience, certes. De très légères traces d’envie pour un autre destin, mais surtout une saturation d’expérience, de pensée.
Mais évidemment pas de mouvement épique, ni même lyrique, m’étant coupé des positions extrêmes. Je suis dans l’état d’esprit où j’étais quand j’écrivais Genève ou Moscou que je relis, ce que je n’avais pas fait depuis 1928. J’ai bien vu mon époque. Mais j’aurais préféré être poète ou peintre qu’essayiste politique.
Renoncé au contact direct, immédiat avec les humains. De plus en plus porté vers les vues d’ensemble. »

Pierre Drieu la Rochelle. Journal 1939-1945. Gallimard

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parc aménagé

« La rivière naturelle coule à certains endroits. Et pas à d’autres. Les arbres tombés y ménagent des espaces d’eaux calmes et profondes. Ailleurs la pente crée des friselis d’eaux cristallines sur les gravières où le poisson vient frayer.

Le soleil perce où il veut, quand il peut. C’est le point de départ de la chaîne d’énergie captée par les plantes qui lient tous les êtres vivants. Et l’eau coule, un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. D’une manière ou d’une autre tout son parcours se retrouve vivant, même s’il n’est pas éclairé en totalité. La rivière ne meurt que si l’homme s’en mêle.

Faire couler, obsession majeure des aménageurs, nous produit des vaches dépitées devant les quelques centilitres qu’une sécheresse, ainsi bien organisée, leur laisse à portée de langue, dans leurs points d’eau d’autrefois.

Faire couler ! Et voilà à la crue de printemps un déboulé formidable d’eaux que rien ne ralentit. Gare à ceux qui sont en aval !

Tout ça marche bien mal, simplement parce que le but poursuivi n’est pas, en réalité, la régulation du cours de la rivière, avec dosage des crues, du soleil et de tous les éléments.

Ce que l’on veut, c’est civiliser le lieu, le rendre correct. Fréquentable.

Et alors le premier élément sur lequel on se focalise c’est l’arbre. Vous l’avez vu : pourri, mort, tombé, il n’a pas droit à l’existence.

Mais il est le symbole de la nature. C’est donc lui qui, parmi tous les occupants du milieu, subira le plus cet étrange alchimie : devoir le maintien de son existence à la condition de devenir autre chose que lui même . Autre chose qu’un être vivant qui vit, se reproduit et meurt. Et de surcroît se décompose, écrabouillé dans l’eau et farci de petites bêtes.

Donc :

Première règle : il doit y avoir des arbres.

Deuxième règle : ils doivent être vivants.

Troisième règle : ils ne doivent être ni morts ni malades.

Quatrième règle : il ne doit y avoir que des arbres, pas d’autre végétation.

Et non seulement au bord des eaux. Ce credo est celui de tous les espaces que l’on prétend ouvrir à la fréquentation, alors que des gens divers y ont déjà vécu pendant des siècles.

Chemins ruraux, bords d’étangs, sentiers forestiers, sont passés au même moule. Les villages aussi d’ailleurs. Subvention, montant hors taxes, compléments de financement, valeur des plants. On pourrait vraiment croire à la revanche de la végétation sur la froideur des bitumes et bétons. « Sont visés pour la plantation les communaux délaissés, les talus, les parcelles condamnées par la rectification d’un virage. »

Voilà un langage bien caractéristique. Dans ces lieux pourraient s’implanter des hordes sauvages d’escargots, d’épines, de lianes, de chardons, et serpents. Des enchevêtrements, des lignes non maîtrisées, du spontané sans aucun calcul. Plantons mes frères, plantons. Ne laissons pas pousser ! Plantons, c’est un acte volontariste qui montre que nous sommes encore là. Ce territoire « délaissé », condamné, non on ne l’ »abandonnera pas à lui même », ce qui serait tragique. Jouons à dire qu’alors il dépérirait. Parce que nous, indispensables primates, n’y serions pas. »

François Terrasson. La civilisation anti-nature. Éditions du Rocher.

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nettoyage2

« Les bulldozers, vautrés dans les cours d’eau, taillant et broyant pour accoucher de canaux rectilignes et déboisés, c’est fini.

Place au chantier écologique de nettoyage de rivière ! La nature a gagné.

Sans nous, bien sûr, elle était perdue. Comment avait-elle fait avant notre apparition pour préserver ses eaux douces et ses poissons ?

Mystère. Heureusement nous sommes là, et fleurissent les compliments sur la maintenance des écosystèmes par techniques douces. Car, c’est la technique qui fait tout, n’est-ce pas ?…

Faut voir.

J’entends déjà une fausse note. Dans le cri du Pic-Vert. Visiblement il n’est pas très content. Renseignement pris, on s’aperçoit qu’il a perdu son garde-manger. Une série de vieux aulnes toujours debout mais archicrevés depuis longtemps. Complètement vermoulus et criblés de coups de becs. Car les vers qui ont moulu (voir étymologie) sont le beafsteack préféré du pic. Larves grasses de coléoptères entre autres, elles s’épanouissent dans la bois mort, qui ne fait pas bien dans le paysage.

Oh ! Les bons écologistes qui ont foutu en l’air comme inutiles et morts ces réservoirs de vie.

Et qui se demanderont pourquoi on ne voit plus guère ce grand spectaculaire insecte, le Lucarne cerf-volant dont la larve a besoin du bois plus ou moins desséché. Tout était à moitié écroulé, il n’y avait plus de feuilles, c’était la jungle…

Si, si ! C’est dit, c’est écrit dans les dépliants et commentaires. Tant pis aussi pour les champignons de l’Orme défunt, pour le trou à chouette, la planque du nid de guêpes…

Nettoyage. On aurait dû s’en douter. Ce mot a un sens.

Faut faire du net.

Pas de pourriture, pas de silhouettes décrépites au long de l’eau.

On s’aperçoit qu’en fait il s’agit de réussir de manière écologique un projet totalement préconçu : rendre conforme à une image mythique la réalité de la nature. Au besoin, contre la nature elle-même.

Les maniaques du bull voulaient systématiser, ordonner, créer des autoroute aquatiques. Ils vivaient la logique du remplacement des écosystèmes par l’artificiel. Les nouveaux venus sont plus forts. Ils ont l’ambition de mettre à la place du vrai les images de leurs phantasmes tout en se faisant croire, non seulement qu’ils ne touchent à rien, mais qu’ils améliorent. La nature sera d’autant plus naturelle qu’ils y seront passés.

L’eau claire, qui coule au soleil, sans mauvaises bêtes et sans épines, c’est du positif ! Nos tronçonneuses et nos jeunes vont s’en charger. Il y a des bestioles qui adorent l’ombre et l’eau stagnante ? Ah bon ! Pas nous, en tout cas, déclarent ces modernes croisés de la nature. Si ça existe ça ne peut-être qu’une sorte de pollution. Une incapacité des choses à être telles qu’elles devraient être. »

François Terrasson. La civilisation anti-nature. Éditions du Rocher.

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images« Boyaux avides prolétaires contre boyaux contractés bourgeois. C’est toute la mystique démocratique ».

Louis Ferdinand Céline

 

 

 

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