épée

« Nous vivons englués dans une époque horrible, qui uniformise au nom du totalitarisme soft, qui chloroformise, qui émascule et enlève tout élan vital, comme probablement cela n’était jamais arrivé par le passé. Spirituellement, il s’agit d’une civilisation aux traits homosexuels, eunuques, où l’on est prisonnier de la caricature de la Grande Mère , ou plutôt d’une grotesque Mamma méditerranéenne. Toute la déontologie non écrite de l’extériorisation sociale, non seulement sur le plan politique mais aussi sur celui moral, étudiant, sportif, est fondée sur l’homologation , sur le « ne pas sortir du chœur », sur l’impératif d’être égaux, sur le désir d’être acceptés, accueillis par le grand utérus informe, sans se détacher d’aucune manière mais émergeant seulement par cooptation, sur input depuis le haut, au nom du modèle uniforme, comme cela arrive aux enfants bûcheurs, dans un désir de reconnaissance propre de celui qui ne sait, et ne veut, marcher tout seul. Figurez-vous, voler tout seul ! Toute l’idéologie dont on nous abreuve est celle de la renonciation. « Ma chi te lo fa faré ? » « Mais pourquoi donc ? A quoi cela sert-il ? » « On ne peut combattre les puissants » « Les temps ont changé », etc… (…). L’alternative, la seule alternative radicale, réside dans la virilité spirituelle, dans cette voie pleine de périls et fascinante qui -s’il est vrai qu’elle conduit souvent à la grandeur et donc à une perdition épique- dans les meilleurs cas parvient à l’héroïsme : la voie guerrière. Pour lever toute équivoque ou toute interprétation distordue, fallacieuse ou de mauvaise foi, la voie guerrière ne signifie pas la voie de l’agression armée parce que, comme nous l’enseigne la tradition virile orientale, le guerrier est celui qui n’a pas besoin de dégainer parce qu’il est l’épée. L’alternative, la seule alternative sensée et possible, consiste dans le refus de l’entière imposition du langage social qui est tenu aujourd’hui, consiste dans l’affirmation de soi au moyen de la renonciation opposée à celle que l’on nous prêche journellement et que l’on nous impose, à savoir non pas la renonciation à la lutte mais celle aux honneurs, aux séductions faciles, aux surabondances inutiles et vides. »

Gabriele Adinolfi

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