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« La logique de l’État-nation est une logique fermée, centralisatrice, fondée sur une souveraineté unitaire et indivisible, qui ne fait aucune différence entre citoyenneté et nationalité. Le jacobinisme en représente l’une des formes les plus typiques (…). Il y a dans l’État-nation, une forte dimension relevant de l’individuo-universalisme. Le fédéraliste et régionaliste Frédéric Amouretti mettait déjà en garde en 1900 contre ceux qui font profession de « louer l’uniformité au nom du patriotisme », y voyant une justification indirecte de l’ »uniformité internationale ». La logique de l’Empire est au contraire une logique ouverte, fondée sur la souveraineté partagée, qui attribue une large autonomie à ses différentes composantes. L’unité, dans cette perspective, ne se paie pas du prix de la suppression des différences ; l’intégration ne se ramène pas à l’assimilation. Ce sont ces principes que l’on trouve historiquement incarnés dans l’Empire romain, l’Empire Byzantin, le Saint-Empire romain germanique, l’empire des Hohenstaufen et celui des Habsbourg, voire l’Empire ottoman (avec le système du « millet », relatif aux minorités religieuses autonomes protégées) mais certainement pas dans les impérialismes modernes, qui ne sont que des nationalismes agrandis, infatués d’eux-mêmes. Dans le fédéralisme moderne, il n’y a évidemment plus d’empereur, mais c’est quand même du modèle impérial que l’on est le plus proche, et non du modèle stato-national. La construction politique se fait à partir de la base, non à partir du haut. Il y a à mon sens une très forte cohérence logique entre le fédéralisme, le principe de subsidiarité, le localisme, la défense des régionalismes et des autonomismes, les perspectives d’économie autocentrée et relocalisée, et aussi la démocratie participative (ou démocratie de base) comme meilleure façon de suppléer aux défauts de la démocratie représentative parlementaire. Drieu La Rochelle disait en 1922, dans « Mesure de la France », que l’Europe se fédérera, ou elle se dévorera, ou elle sera dévorée ». C’est également mon avis. »

Alain de Benoist. Mémoire vive . Éditions de Fallois.

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