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« Le mythe d’Orphée dans la mythologie nous raconte comment ce dernier est descendu au royaume des morts pour y retrouver Eurydice, morte des suites d’une morsure de serpent. Orphée parvient à convaincre Hadès de la laisser partir avec lui sous réserve que notre héros ne se retourne pas pour regarder en arrière. Ce qu’il ne pourra s’empêcher de faire, perdant sa bien aimée pour toujours. C’est ce complexe qui, aujourd’hui, a fait perdre son âme à la gauche puisque cette dernière, gagnée par la religion du Progrès et la métaphysique de la modernité, s’est condamnée à ne jamais regarder en arrière puisque là se trouverait le monde ténébreux d’hier, c’est-à-dire les terroirs, les traditions, les préjugés sociétaux, les attachements irrationnels à des lieux et des êtres. Bref, tous ces enracinements charnels qui trouveraient leur expression politique dans la réaction, le populisme, voire le fascisme. A contrario, la gauche manifeste sa compréhension et sa sympathie pour toutes les évolutions de la société moderne, qu’elles soient politiques, économiques, morales et culturelles et constitue désormais « la clé d’entrée privilégiée du meilleur des mondes ». Une posture qu’elle défend d’ailleurs avec cette extrême gauche libérale et qui ouvre la route à la société de consommation planétaire, universelle, standardisée, un monde sans frontières et un homme nomade hors sol dont a tant besoin le capitalisme mondialisé. »

Eugène Krampon. Réfléchir&Agir n°45 (sur Jean-Claude Michéa. Le Complexe d’Orphée. Éditions Climats)

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