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Il y a 43 ans, le 25 novembre 1970, Yukio Mishima, écrivain mondialement connu et reconnu se donnait la mort après avoir envahi le QG de l’Armée pour tenter un coup d’Etat nationaliste. Né en 1925, Mishima est diplômé en droit. Après s’être fait remarqué par son premier roman publié en « Confessions d’un masque », qui est un ouvrage autobiographique Mishima bâtit une œuvre dense, variée et riche de valeurs essentielles.

Mishima c’est d’abord le culte du corps, de la force et de la beauté de celui-ci. Une part importante de ses ouvrages reflète ce culte mais c’est dans « Le Soleil et l’Acier » que ressort pleinement l’importance qu’il accorde à la force physique ! Culte qu’il ne se contentera pas d’énoncer mais qu’il mettra en pratique avec ardeur pour compenser sa faible constitution initiale : à force de pratiquer la musculation et les arts martiaux, il obtiendra dans ses dernières années un parfait corps d’athlète. Mishima c’est aussi l’adoration du Soleil. Toujours dans son livre « Le Soleil et l’Acier », il précise l’importance qu’il accorde à cet élément qu’il voit comme essentiel, qui est celui qui tanne la peau et la fortifie, cet « observateur tout puissant, témoin ardent de tous les évènements terrestres ».

Un des éléments majeurs de la vie et de l’œuvre de Mishima c’est le culte de la Tradition japonaises et de l’Empire. Il fut un grand admirateur de la tradition japonaise classique et des vertus des samouraïs. Dans un grand nombre de ses œuvres (notamment « Le Japon Moderne et l’Ethique Samuraï »), il a dénoncé les excès du modernisme. Mais ses idéaux ne furent en aucun cas confinés à son écriture puisqu’il les mit en action et tenta de les faire aboutir au sacrifice de sa vie. Il créa en effet une milice personnelle, la Tate no Kai, (littéralement « Société du Bouclier ») dans le but de défendre l’esprit japonais. Avec trois de ses membres, il tentera un coup d’Etat le 25 novembre 1970 en pénétrant dans le QG de l’Armée de terre et en prenant un général en otage. Le lieu était à l’époque symbolique de l’abaissement du Japon voulu par les USA puisque c’est là qu’avait siégé quelques années auparavant le Tribunal militaire international de Tokyo, équivalant du Tribunal de Nuremberg qui jugea, en 1946, comme « criminels de guerre » les chefs militaires japonais. Il entendait protester contre la corruption spirituelle de son pays et son inféodation aux USA. Barricadé dans un bureau, Mishima lança un appel aux soldats rassemblés à ses pieds. Il les exhorta à se soulever pour changer la Constitution pacifiste imposée par les Américains, afin de redonner au Japon une Armée digne de ce nom et lui permettre de retrouver sa grandeur.

Face à l’incompréhension et les huées des soldats, il décida de se donner la mort selon la tradition des guerriers japonais en réalisant un seppuku, c’est-à-dire en s’ouvrant le ventre au couteau. Il le fit torse nu avec un bandeau devise des samouraïs sur la tête : Shichishoh Hohkoku (« Sers la nation durant sept existences »). Après plusieurs minutes d’agonie, et conformément à sa volonté, il fut décapité d’un coup de sabre par son compagnon de combat, Morita, qui s’éventra à son tour. Aujourd’hui, certains spécialistes affirment : « Ce qu’il a fait peut paraître absurde mais beaucoup de Japonais pensent qu’il avait raison et partagent avec lui l’idée que le Japon a oublié l’esprit de la nation » !

( Source : http://www.coqgaulois.com/Mishima.html )

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