Régionaliste lorrain et nationaliste français, Maurice Barrès est l’un des premiers à avoir développé une mystique nationale en se faisant le chantre, lyrique, de l’enracinement. En se définissant lui même comme le « petit neveu spirituel » de Renan, c’est dans cet esprit qu’il apprit à concilier le détachement vis à vis des dogmes et une curiosité empreinte de sympathie pour l’esprit religieux sous toutes ses formes. Ce qui nous vaudra des phrases admirables, comme celle-ci qui débute « La Colline inspirée » : « Il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l’émotion religieuse. »

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Il a écrit, aussi, en visionnaire : « Chaque jour on détruit ce qu’il y a sans doute de meilleur chez nous, nos jeunes paysans. On s’attache comme à plaisir à relâcher, à briser tous les liens qui attachent aujourd’hui l’enfant, et demain l’homme, à sa terre. Leur langue maternelle, ils ne la parlent plus. On leur apprend à la mépriser. Ce faisant, on ne s’aperçoit pas que ce ne sont pas les mots qu’on détruit, mais des affections vivaces et des manières profondes de sentir. »

Maurice Barrès est mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine.

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