feu de camp

« Jamais il n’aurait cru que, dans ce siècle de fer, quelques garçons et filles puissent, avec des moyens aussi primitifs qu’un feu de bois, des instruments simples et un chœur assez hésitant, revenir à des sources de poésie aussi fraîche. […] Ce qu’il ne savait pas, c’est que ce petit groupe réuni là, devant lui, venait de renouer avec le paganisme, avec les dieux du feu, de la pierre, du soleil. Ils préparaient le renouveau du culte du gui et des sacrifices… On ne pouvait pas s’y tromper. Ce qui redescendait dans l’âme de ces jeunes, appauvrie par des siècles de christianisme, par le complexe d’infériorité de la Croix, c’était un renouveau de la religion primitive des Gaulois, celle qui était faite pour l’homme des Gaules. Sans doute cet homme des Gaules avait-il suivi une fausse piste, il s’était mélangé aux peuples les plus divers. Mais l’étincelle n’était pas morte. Olivier le sentait […]. Il avait sous les yeux ces jeunes visages empreints d’une gravité non pas mélancolique, non pas sentimentale, mais religieuse. C’était la minute de Dieu sous sa forme la plus simple, la plus directe, le feu, le chant et la nuit. »

Saint-Loup, Les Copains de la belle étoile.

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