Attila« La solution du conflit entre l’individu et la société est la culture. La culture n’a que peu en commun avec l’instruction. Elle est d’une part un ensemble cohérent de principes intangibles qu’aucune autorité, aucune législation ne peuvent remettre en question, d’autre part la claire conscience de ces principes chez tous les membres de la société, de sorte que le moindre viol produirait une immédiate révolte. Sans cette vigilance populaire, très puissante chez les Européens de l’Antiquité, les principes sont bientôt lettre morte comme c’est le cas de nos jours.
La christianisation nous a imposé des valeurs de soumission contraires à nos instincts, une morale socialement inapplicable, assurant ainsi la promotion des lâches, des hypocrites, des cyniques, opérant la sélection à rebours en brûlant les penseurs les plus intelligents, les hommes les plus fiers et les plus courageux, les femmes les plus belles et les plus libres. Le carriériste actuel, le troupeau médiatisé, l’exploité incapable de révolte sont les enfants de l’Inquisition et de la christianisation au sujet de laquelle on ne répétera jamais assez qu’elle eut lieu presque uniquement par la violence comme en Amérique au temps des conquistadors.
Et la civilisation ? le mot signifie étymologiquement urbanisation tout comme le concept de police vient du grec polis (la ville). Voilà qui s’accorde mal avec la liberté : promiscuité dans l’habitat, horizon bouché, couvre-feu, enceinte fortifiée, flics à la poterne et dans les rues, surveillance par le voisinage et cancans.
Je hais la ville. J’ai besoin de voir loin, de respirer librement, de marcher au rythme qui me plaît sans me faire bousculer ou devoir zigzaguer entre des bovins hébétés. Je comprends la réaction des Goths devant Rome : »Vivre là-dedans c’est s’enterrer vivant. » Je comprends aussi la réponse d’Attila à l’empereur de Byzance : »tu as pensé m’éblouir par ton luxe, mais je mets mon honneur aussi simplement que le plus pauvre de mes guerriers ».
L’art, la technique exigent la ville ? Foutaise ! Celtes et Nordiques avaient porté la métallurgie, la bijouterie, la charpente, la sculpture sur bois, l’hydrodynamisme à un niveau insurpassé. Ils savaient tanner les peaux et tisser, avaient d’immenses connaissances en médecine naturelle et en astronomie. »

(à suivre)

(Robert Dun – Une vie de combat)

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