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fourmis« Le monde dans lequel nous vivons n’est pas une illusion. Il existe bel et bien, tous ceux qui souffrent dans leur chair le savent. Mais l’esprit peut prendre son envol pour d’autres couches de réalité, qui ne sont pas illusoires non plus. C’est une évidence de bon sens : plus on s’élève, plus la vue embrasse de choses. Et plus on embrasse de choses, mieux on perçoit les liens qui unissent ces choses et les abîmes qui les séparent. La fourmi besogneuse croit l’univers tout entier contenu dans le monticule de terre qui borne sa vue… mais l’homme qui voit la fourmilière, ses galeries, son organisation, saisit exactement quel est le rôle d’une fourmi dans l’étendue de la forêt. Il voit des centaines de fourmilières identiques, il voit les fourmis par milliers transbahuter des graines, les enfouir, les répartir sous le sol avec une étonnante intelligence. Il sait que de ces graines germeront de nouvelles pousses que la pluie fortifiera (…) L’homme qui voit tout ceci comprend que les fourmis redistribuent partout la vie des arbres, aèrent le sol, le débarrassent des détritus qui l’étouffent. Il comprend que la survie de la forêt dépend de la besogne de la moindre fourmi ; voilà pourquoi il remercie la nature de ses bienfaits, la nature qui lui prodigue tant d’astucieuses leçons. Pendant ce temps, la fourmi stupide gravit son monticule et transporte sa graine sans se poser de question, rejoignant dans sa tranquillité le sage qui la contemple. En effet, la cohérence des éléments ne parait claire et évidente qu’à deux types d’individus : les imbéciles, qui ne se posent jamais la moindre question, et les sages qui détiennent les réponses pour avoir eu un instant la vue haute. la plus grande partie de l’humanité se situe entre l’un et l’autre, ni fourmi stupide, ni sage, elle s’interroge et ne comprend rien, se débat, ne dort que d’un œil, ne sait plus vers quelle chimère se tourner, et prie finalement des simulacres de divinités pour ne pas mourir d’abandon. »

Cécile Guignard-Vanuxem. Vercingétorix. Le défi des Druides. Ed.Cheminements

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amour_patrie

« La patrie est l’oïkos, le site, où convergent et se réalisent les solidarités et les identités. Les patries sont les incarnations territoriales, historiques, culturelles des identités au sein desquelles s’exercent les solidarités, positives (l’entraide) ou négatives ( le conflit). Là encore, il serait plus juste de mettre « patrie » au pluriel, car l’être identitaire et enraciné porte avec lui, suivant l’échelle de ses inclinations, de sa volonté et de son raisonnement, maintes patries : sa patrie locale, charnelle ou régionale, sa patrie nationale, historique, politique, sa patrie civilisationnelle, géopolitique, continentale. Toutes ces patries ne s’additionnent pas, elles se multiplient, ce qui aboutit normalement à des synergies. Ainsi, l’Europe n’est pas la somme de toutes les nations elles-mêmes constituées de patries régionales ; c’est une patrie subsumée qui prend en compte les patries nationales, régionales et locales. Le monde est-il dès lors une patrie ? Peut-on aussi se dire « patriote mondial » ? Certains courants écologistes l’affirment. Pour notre part, le scepticisme prédomine envers cette idée de « patrie universelle »(…). Pour l’instant, défendre ses patries implique inévitablement garder ses identités et donc ses communautés. »

Georges Feltin-Tracol. Orientations rebelles. Éditions d’Héligoland.

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Défilé_de_SA_devant_Hitler_Nuremberg_1927« Cent heures, me disait Pierre Raynaud, un journaliste français avec qui j’aime assez parler. Cent heures chez Hitler… C’est à peu près le temps que je vais passer en Allemagne, et dans ce peu de jours, que faire, sinon se laisser envahir par des impressions vives, variées, contradictoires même , sans avoir surtout la prétention de juger un pays d’après une si brève expérience ? Mais à regarder des images, on apprend parfois quelque chose. Ces petites villes, ces villages bavarois que traversent le train et l’automobile, ils sont posés, au milieu de paysages charmants et verts, comme des objets enfantins et comme des décors. Les toits pointus ou ronds, le croisillon brun des poutres visibles, les fleurs à toutes les fenêtres, c’est l’Allemagne chère aux romantiques qui nous accueille la première. Parfaitement propre, gracieuse comme un jouet de Nuremberg, médiévale et féodale, elle installe au long des routes le cadre ravissant de ses fêtes énormes dans un contraste qui pourrait surprendre. Dans les petites rues pavées de Nuremberg et de Bamberg au long des rivières et des canaux, auprès des cathédrales et des admirables statues de pierre, c’est l’ancienne Allemagne du Saint-Empire qui se marie avec le IIIe Reich. Ils ne me choquent pas, cependant, ces millions de drapeaux qui décorent les façades. Point d’affiches ici, comme en Italie. Seulement les drapeaux, les uns immenses, d’une hauteur de cinq étages, d’autres moins vastes, mais toujours au moins trois par fenêtre. Se représente-t-on ailleurs cette floraison ? Le drapeau devient une parure, si joyeuse sous ce ciel gris, qui s’allie au baroque attendrissant des sculptures, aux maisons anciennes et aux fleurs sur les balcons. Ce peuple aime les fleurs, on le sait du reste, et dans les garages, les ouvriers garnissent dévotement , chaque matin, le porte-bouquet des voitures. C’est même toujours cela qui a attiré les croyants du temps passé, les amoureux de la « bonne » Allemagne, la grosse Mme de Staël. Les fleurs n’empêchent point d’autres réalités plus menaçantes. »

Robert Brasillach. Les Sept couleurs. Livre de poche.

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Est-ce que la normalité serait devenue le dernier truc à la mode ?

Après Hollande qui avait lancé « …si les Français m’accordent leur confiance, le président que je serai ressemblera au candidat que je suis, candidat respectueux, candidat rassembleur, candidat normal, pour une présidence normale, au service de la République », on apprend qu’Obaba, pardon Obama, lors de son investiture, a prononcé «le discours modeste d’un candidat normal »…

Pourtant, « Que l’individu se fasse à lui même son idéal pour en déduire sa loi, ses plaisirs et ses droits, voilà bien qui jusqu’à présent a passé pour la plus monstrueuse de toutes les aberrations humaines ; c’était l’idolâtrie en soi ; de fait, les rares qui l’osaient avaient toujours besoin d’en faire l’apologie à leurs propres yeux… Ce fut la force merveilleuse, l’art étonnant de créer les dieux, le polythéisme, qui permit à cet instinct de se décharger, se purifier, se perfectionner, s’ennoblir… Le monothéisme par contre, cette rigide conséquence de la doctrine de l’homme normal, -cette foi donc, en un dieu normal auprès duquel il n’y a plus que faux dieux- a peut-être été jusqu’à présent le plus grand danger de l’humanité… Dans le polythéisme on rencontre déjà une première image de la libre pensée, de la polypensée de l’homme : la force de se créer des yeux neufs, personnels, toujours plus neufs, plus personnels. »

F.Nietzsche. Le Gai savoir (cité dans « Le nouveau polythéisme » par David L.Miller. Imago)

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En venant en ville ce matin en voiture, il suffit d’écouter France-Infos pendant 5 minutes pour, déjà, me mettre en rogne : mensonges, approximations, raccourcis, amalgames, oublis, telles sont les armes de choix des médias à la botte…

Ils parlent toujours d’ « un des derniers criminels de guerre nazis », âgé de 97 ans, repéré par le Centre Simon « l’acharné » Wiezenthal et mouchardé par un baveux anglais. C’était un flic, mais les plumitifs en font maintenant un « dignitaire » nazi, naturellement chargé de tous les vices, méchancetés et turpitudes, fouettant les femmes et leur faisant creuser des tranchées avec les dents, euh pardon, à mains nues…

Un peu dans le même registre, toujours au chapitre des heureslesplussombresdenotrhistoire, c’est la même logorrhée sur la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv. Tout le monde s’affole de ce que, selon un sondage, une petite moitié seulement des moins de 35 ans sait ce qu’est cette rafle. Mais pas un mot sur le rôle qu’y a joué l’UGIF (Union Générale des Israëlites de France) … et pas un mot non plus de ce qu’elle était la conséquence d’un marchandage entre Pierre Laval et le général allemand Oberg : aucun Juif français ne sera interné ni déporté, à condition que la police française participe à l’arrestation des Juifs étrangers.

Et pour terminer, un petit tour au festival d’Avignon, où se joue notamment une pièce écrite par un Palestinien en Hébreu, « à portée de crachat ». Si j’ai bien compris le mec qui en parlait (le metteur en scène?), il s’agit d’un monologue traitant d’un personnage qui n’a rien d’autre à faire que cracher, cracher pour passer le temps, cracher pour affirmer son identité, cracher pour montrer sa rébellion: je ne sais pas si l’acteur crache sur scène mais les bruits de l’extrait le laissent à penser… du grand Art sans aucun doute, couronné par cette platitude exemplaire du laudateur-bobo : « un monologue réussi devient un dialogue avec l’humanité »…

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« Toujours plus loin dans le mauvais goût. L’hebdomadaire d’extrême-droite Minute s’est encore illustré avec une couverture clairement homophobe. Rebondissant sur le futur projet de loi du gouvernement en faveur de l’ouverture au mariage pour les personnes de même sexe, le journal se permet même un jeu de mot très provocateur en titrant, « Bientôt, ils vont pouvoir s’enfiler… la bague au doigt ». »

La citation vient de l’ Huffingtonpost mais elle pourrait venir de n’importe quel média aux ordres, c’est à dire pour être clair, de quasiment n’importe où … c’est en effet le consensus sur le sujet : tous les journaux et organes de presse considèrent que Minute est vraiment de mauvais goût …

… pourtant, en ce qui me concerne, je trouve que c’est bien plutôt la photo, et ce qu’elle représente qui est de mauvais goût, vulgaire au possible, carrément répugnant et, qui plus est, d’une laideur extrême (ce dont personne n’oserait s’aviser !) … berk !…

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« La manie de commémoration et de glorification dans laquelle on est tombé à cette époque ne connaît plus de bornes. Il faut chaque jour un grand homme à célébrer. On annonce aujourd’hui dans les journaux qu’on va poser une plaque sur la maison dans laquelle Trimouillat habitait rue Chanoinesse. Trimouillat ! Un chansonnier de toute petite espèce, à peine connu déjà de son vivant. Paris sera bientôt comme un cimetière, avec tous ces monuments et ces inscriptions.

Il faudra prendre ses précautions, maintenant, quand on aura écrit seulement trois lignes que vingt personnes auront lues, pour être tranquille après sa mort et éviter le ridicule : mettre dans ses dispositions testamentaires non seulement : ni fleurs ni couronnes ni discours, mais également ni « Société d’Amis », ni monument, ni plaque commémorative. »

Paul Léautaud, Journal littéraire. Mercure de France.

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Un petit exercice, quelques jours après la résurrection d’Anne Schwartz-Sinclair (membre du Siècle) en tant que directrice éditoriale de la version française du site Internet d’Information Huffington Post, qu’on nous promet « enraciné dans la culture française » et comme n’étant « ni de gauche, ni de droite, mais non sans point de vue »…

Ces promesses laissent un peu dubitatif pourtant quand on trouve dans la liste des futurs chroniqueurs (à côté d’une foule de blogueurs qui ne seront pas rémunérés) les noms de Rachida Dati (membre du Siècle), les trotskistes Benjamin Stora et Julien Dray ou le comique pas drôle Nicolas Bedos…. on croit rêver … pourquoi pas Harlem Désir pendant qu’on y est, ou Laurent Ruquier …

Un peu dubitatif aussi quand on apprend que Arianna Huffington, figure très très libérale de la gauche américaine, avant d’arrêter son choix sur Louis Dreyfus, avait aussi rencontré à Paris, pour préparer le lancement de cette version française, Dominique Delport d’Havas, Alain Minc, éminence grise, membre du Siècle, BHL qu’on ne présente plus et Pierre Haski de Rue 89 qui vient d’être racheté par le groupe Perdriel (Claude Perdriel, membre du Siècle), également propriétaire du Nouvel Observateur dont Laurent Mouchard alias Joffrin, membre du Siècle, est le directeur de publication et co-président du Directoire.

Autour de cette version française, on trouve donc :

Louis Dreyfus, membre du Siècle, président du directoire du Monde (qui est aussi le propriétaire de l’humano-catho-de-gôche Télérama), « incubateur » et partenaire économique de l’affaire,

Matthieu Pigasse, membre du Siècle, actionnaire du Monde avec Xavier Niel et la pédale trotskiste et milliardaire Pierre Bergé, qu’invite régulièrement le Siècle  et qui est, aux côtés de l’inénarrable BHL, également actionnaire de Libération, le journal d’Edouard de Rotschild, membre du Siècle. Pigasse est aussi actionnaire du Huffington Post via sa holding, Nouvelles Editions Indépendantes, et propriétaire du très surfait-satisfait de soi Inrockuptibles.

David Kessler, membre du Siècle, directeur de publication des Inrockuptibles et du Huffington Post. Il s’est dernièrement illustré comme conseiller à la Culture de Bertrand Delanoé.

Paul Ackerman, rédacteur en chef du site, un petit nouveau, ou un très discret sur lequel on ne trouve aucun renseignement …

Que d’étranges coïncidences, n’est-ce pas ? … et tout ce mic-mac, ça s’appelle « liberté et diversité de la presse »…fut un temps, tous ces beaux messieurs et autres dames vilipendaient Hersant qu’on disait roi de la concentration, mais pourtant il ne leur arrivait pas à la cheville … autres temps …

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« Nous sommes dans l’ère du simulacre et du mensonge médiatique. On n’a jamais vu tant d’éloges de la rébellion et de la contestation, et jamais tant de domination du conformisme idéologique et de la pensée unique ; les prophètes du « politiquement incorrect » sont les pires falsificateurs et manipulateurs. L’éloge de la rébellion (dans la droite ou la gauche intellectuelle) fonctionne à plein régime. Décidément le sens du ridicule est vraiment perdu de nos jours…

Ce phénomène des rebelles autoproclamés, qui font des colloques pour expliquer qu’ils sont -sans le moindre risque- des rebelles, des résistants, des révoltés, des incorrects (parce que personne ne l’a au fond vraiment remarqué), est le signe d’une époque où l’inversion de sens marche à pleins tubes, comme l’avaient vu Huxley et Orwell.

De même que, dans l’esprit soumis au totalitarisme, la liberté, c’est l’esclavage, la rébellion affichée est une posture snob qui dissimule bien évidemment la soumission à l’idéologie hégémonique. Ces rebelles en pantoufles n’auront jamais de procès, rassurez-vous, jamais d’ennuis avec l’État. Ils iront toujours dans des cocktails, des cocktails « rebelles ». Et ils baisseront culotte devant la première petite huile qui se présentera.

Le contestataire est en fait un serviteur du maître de maison. Il ne l’attaque que sur les rognures, jamais sur le fond. On fait de la contestation culturelle et esthétique, ma Chère ! On va se rebeller sur des sujets adjacents, en petites pointes de danseuses, des sujets raffinés, littéraires, cravatés. Mais nous sommes rebelles, voyez-vous, Mesdames ! Rebelles mondains, mais rebelles tout de même, fort bien élevés!Nous allons vous parler de « littérature rebelle », de « cinéma rebelle », etc. L’immigration ? L’Islam ? Les Arabes ? Chut ! Non, non, surtout pas ! Les murs ont des oreilles vous comprenez… L’impérialisme américain ? Oui, si vous voulez. US Go Home, ça c’est rebelle et pas trop risqué…

La loi du « rebelle-en-pantoufles » est qu’il ne doit surtout pas évoquer les sujets qui chagrinent la police de l’État, surtout pas mettre le doigt dans la plaie . Il doit vivre sagement dans son arbre comme le barde Assurancetourix. Ses pets de nonne doivent rester inodores. C’est la rébellion officielle, autorisée, estampillée, conforme, tamponnée, timbrée ! Et on se congratule entre littérateurs « rebelles » avec salamalecs bien gras.

Tout présentateur télé, tout rappeur, tout journaleux de quelque tendance qu’il soit, tout patron de discothèque, tout philosophe engoncé dans le système, tout rockeur, tout acteur, est bien obligé de se dire « rebelle ». Comme « bio » dans les supermarchés… Intelligent, astucieux, non ? Le rebelle en pantoufles ne se révolte pas, il disserte, il versifie ; c »est un « hussard » (sans sabre) mais un hussard quand même. Bienvenue au rebel-club ! Que J-F Kahn et Gérar Miller devraient présider, avec Bové comme secrétaire général… »

Guillaume Faye, Avant-Guerre. L’Aencre.

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« La véritable anarchie est loin de l’image que l’on s’en fait : la libération de ses pulsions, passions, égoïsmes, jalousies, envies… C’est tout le contraire, leur domination et la conscience de la nécessité d’une vie sociale et communautaire si élevée et aiguë qu’elle se passe de lois. Elle est très élitiste, elle aspire au surhomme.

Cela se retrouve dans l’idéologie nationale-socialiste, mais assortie de la notion de hiérarchie. Ce que les égalitaristes et intoxiqués des Droits de l’homme se refusent absolument d’admettre. Les anarchistes véritables sont des nobles. Non pas des vaniteux de leurs titres ou des amasseurs de fric, mais des êtres conscients des besoins et des soucis des autres. Ils sont imprégnés du sens du symbole des chevaliers de la Table Ronde, concept s’il en fut, essentiellement païen. »

in Rencontres avec Robert Dun. Editions Les Amis de la Culture Européenne.

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