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spirale 1

spirale 2

spirale 3

Le 2 avril j’avais relevé cette phrase dans « la Compagnie de la Grande Ourse »où il était question de se réapproprier un Grand Pays « de façon spirituelle et physique, en l’arpentant pour le reconnaître et apprendre à l’aimer dans sa chair, en laissant partout pour marquer cette reconquête des signes aussi tangibles que des drapeaux ou des dessins au pochoir. »

https://lecheminsouslesbuis.wordpress.com/2014/04/02/reappropriation/ )

J’avais émis le souhait de tomber sur de tels signes au détour de mes promenades/déplacements ( une spirale, par exemple, en raison de son symbolisme et de son « antiquité ») dans les endroits les plus ordinaires comme les plus improbables; croiser ainsi le chemin d’un de mes frères ou de mes sœurs en réappropriation !

j’ai attendu longtemps avant d’avoir des échos suite à cet appel… pour ainsi dire je désespérais, et puis me parvient un message de l’ami Alban m’annonçant triomphalement : « J’avais lu sur ton blog que tu souhaitais tomber sur des signes de reconquête identitaire et païenne lors de tes pérégrinations.Exaucé ! Le territoire Voconce est maintenant marqué : une ancienne tour de garde certainement, au bord d’un chemin sous les buis. »

Un acte gratuit, mais ô combien jouissif :  » J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire ! » ajoute Alban, « Ce serait même vraiment bien que d’autres se mettent à suivre ta suggestion. C’est une super idée.
Le land-art identitaire est né ! Une terrible beauté… plus terrible que celle des musées climatisés de la caste mondialiste hors-sol. »

J’ai appris depuis qu’un certain nombre de ces signes, pas seulement une spirale, ont été laissés ici et là… la reconquête est commencée !

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« Je fus aussitôt pris par le sentiment de la grandeur. Il fondit sur moi à l’improviste. Rien ne l’annonçait. Le départ de maître Dromiols, autour de moi, laissait un vide et, en moi, un bizarre regret. Mon abandon dans l’île ne pouvait, par ce temps sinistre, que m’entraîner à la mélancolie. Il n’en fut rien : ni regret, ni tristesse ; mais ce sentiment inattendu. Peut-être eus-je soudain la vive sensation, au sein de ce monde colossal, de ma petitesse. J’y pris la mesure des choses qui m’écrasaient et je m’y confondis jusqu’à participer à leur puissance surhumaine.

L’immensité des eaux, la majesté du fleuve en marche vers la mer, la montée des nuages, la hauteur, l’abondance et la force des arbres, le désert de la rive et mon sauvage isolement, tout un monde démesuré s’enfonça dans mon âme, dont il dilata les limites étroites et il créa soudain, pour vivre en moi, des espaces immenses. Sur ces étendues infinies, des hauteurs s’élevaient, immatérielles, et par dessous, des profondeurs inventaient un nouvel espace et s’y abîmaient irréellement. Je ne perdais point conscience, et tant le sol boueux que l’eau m’étaient présents ; mais j’étais soudain devenu plus sensible à ce sentiment de l’amplitude inspiré du dehors par la nature et qui m’arrivait du dedans avec toutes les voix de la solitude nouvelle. Cette rencontre du spectacle naturel et des voix intérieures créait, en un lieu indéfinissable, qui n’était ni en moi, ni hors de moi, cet état d’âme étrange, où l’eau, le ciel, les bois exaltés jusqu’à l’émotion, s’abolissaient en elle, et dans lequel ces ébranlements de mon être prenaient une ampleur retentissante du fait de la grandeur du fleuve, de la sauvagerie du ciel et du silence spacieux des arbres. Une puissance inattendue construisait sous mes yeux cette abstraction vivante et la substituait aux visions, aux odeurs, aux bruits, aux émotions et aux pensées.

Du fleuve, des limons du sol, des bois, la matière énorme fondait en ce sentiment de grandeur pur de toute substance. Affranchi, je ne sais comment, des servitudes ordinaires, je venais de passer, à l’improviste, d’une situation humaine déjà trop lourde pour ma médiocrité, à la connaissance ineffable de la majesté elle-même. Je respirais dans la grandeur ; mon cœur y battait ; ma pensée, immobile sur elle-même, n’était plus qu’un grand corps sonore à la mesure des hauteurs et des profondeurs solennelles de ce monde. »

Henri Bosco, Malicroix. Gallimard

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Dans l’article précédent, je parlais du travail de générations de paysans, de haies correctement élaguées et d’une tendance à une « gestion davantage responsable » des haies françaises , il n’en reste pas moins que des sagouins sont encore à l’œuvre et massacrent à qui mieux mieux… Pour preuve, cette malheureuse haie littéralement hachée, à côté du Centre Equestre, route de Chauvigny à Poitiers. Je ne sais pas trop qui sont les auteurs de cette boucherie (à se demander de quoi ils ont bien pu se servir pour en arriver à un tel résultat, la dynamite aurait été plus propre et plus … définitive…) : employés municipaux, nervis/fonctionnaires de la DDE, sous-traitants … quoi qu’il en soit, on est bien en présence de véritables sagouins et d’un travail de merde …

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Depuis une bonne cinquantaine d’années, les paysages de nos régions, jusqu’alors très diversifiés et dans lesquels la haie constituait un élément important, ont beaucoup changé. On le sait, même s’il n’est plus très correct de le soutenir devant les petits marquis qui veulent nous imposer une vision uniforme des choses, les paysages façonnent les traits physiques, la personnalité et l’âme, en un mot l’identité de ceux qui y vivent. Et les générations successives de paysans ont elles mêmes façonné ce paysage artificiel qui possède néanmoins maintenant ses caractéristiques propres et constitue un écosystème très complexe où la faune et la flore coexistent, en harmonie.

La haie faite par l’homme, sert avant tout à protéger la demeure de l’homme. Que cette demeure soit hameaux fermes isolées, ou villages, elle s’abrite des grands vents, tapis derrière les haies défensives et piquantes. De l’épine blanche à l’épine noire, de l’aubépine au prunellier, en passant par l’églantier, elles abritent en leur sein des bestioles nombreuses : on n’a jusque là pas fait mieux comme enclos naturel. Pour le confort de l’homme comme pour celui de l’animal, et comme elle est souvent complantée de têtards, elle fournit généreusement de quoi se chauffer avec la cheminée, mais aussi les fruits d’hiver, noisettes, noix et châtaignes, et le bois , cerisier ou poirier, pour le mobilier. Elle ne protège pas que la demeure de l’ homme mais aussi le bétail dont elle constitue une autre source de nourriture en été à l’ombre de sa ramure. Les chemins qui serpentaient à son abri sillonnaient alors les campagnes, unissant ou séparant villages et hameaux. Transitions souvent séculaires entre les propriétés il arrivait fréquemment qu’elles surplombent les champs qu’elles protégeaient. Le laboureur y jetait, génération après génération, les pierres que soulevait de terre son labour. Au temps de la moisson, les faucheurs profitaient de sa protection pour s’y reposer et vider une chopine. Les fossés qui suivaient son parcours recueillait les eaux de pluie et la terre emportée se nichait entre les racines avant de reprendre sa place aux prochains travaux des paysans.

Ô la lumière fabuleuse qui dansait sous les frondaisons réunies. Les petits chemins bordés de haies aux vertes fenêtres s’ouvraient sur les différents paysages qui s’offraient de champs en champs. Petits chemins décorés d’ornières tragiques pour le cycliste distrait, elles promettaient de superbes vols planés qui se terminaient parfois dans les ronces. Ronces qui s’unissaient aux haies, lourdes de promesses de gourmandises et de griffures, délices des humbles troupeaux de chèvres menés par une grand mère ou par ses petits enfants. Haies fraîches après le bourdonnement insistant de l’été sur les routes et les moissons. Les noisettes haut perchées narguaient les gourmands et attendaient leur heure.

Dès la naissance du printemps, pies, corbeaux et merles s’y abritent, y construisent leur nid , au plus profond des rameaux épais, ou au faîte des têtards, et la minuscule troglodyte choisit son abri définitif parmi les multiples maisons construites par son compagnon. L’été voit la population augmenter : la perdrix rouge qui défend son nid plein d’œufs à ras bord contre le hérisson et de nombreux autres prédateurs, l’épervier en chasse, le hibou et la hulotte endormis tout le jour au plus profond d’un têtard creux, avant de courir la campagne, la nuit venue, à la recherche de petits rongeurs. Puis les nids se vident tandis que tombent les feuilles. Le lièvre, fuyant le chasseur vient s’y réfugier, les oiseaux , pinsons et verdiers qui resteront l’hiver, s’y disputent les fruits et les baies. S’ y côtoient taupes et lézards, lapins et autres petits animaux, les uns à la recherche d’un endroit pour hiberner, les autres pour se protéger du froid qui gagne, ou de la montée des eaux.

Ainsi, au fil des saisons, naissent, vivent, se nourrissent et meurent un grand nombre d’animaux dont la haie constitue tout à la fois la cachette et la maison.

Malheureusement ce patient travail réalisé par de nombreuses générations de paysans a été sérieusement mis à mal par les méthodes modernes d’agriculture et des milliers de kilomètres de barbelés, puis de clôtures électriques ont commencé à remplacer les haies dans le paysage. Elles étaient gênantes pour les gros engins, tracteurs, moissonneuses batteuses et on les accusait de faire baisser le rendement des céréales : on les a donc livrées des décennies durant aux bulldozers et autres pelles mécaniques. On a bel et bien cru les voir disparaître sur l’autel de la rentabilité et les paysages ont longtemps évolué vers l’uniformité de la plaine. Et pourtant, pour avoir récemment traversé la France à plusieurs reprises, et même si des particuliers continuent ça et là à arracher à qui mieux mieux, il est évident que la tendance a l’air de s’orienter aujourd’hui vers la réinsertion d’un réseau de haies bien élaguées, recépées périodiquement alternant avec d’autres, plus vieilles, laissant la part belle aux ronces, ajoncs et fougères qui offrent de nombreux avantages naturels, sans pour autant s’opposer au monde rural.

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paysage de souche : la neige est tombée sur la cabane rose du jardin…

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C’est chez ElleN,  en voyant les illustrations qu’elle avait choisies pour accompagner son texte sur l’identité que je me suis à mon tour demandé comment, moi, je pourrais illustrer un tel sujet. Et sans pouvoir aller plus loin, j’ai bloqué sur cette photo de mon grand-père qui date de presque cinquante ans, pendant que me venait à l’esprit cette remarque de Maurice Rollet : « si je me demande quelle gueule avait mon ancêtre antique, et bien c’était la même que la mienne » (je cite de mémoire).  La même que la mienne et la même que mon grand-père qui personnifie, là, l’héritage qui m’a été fourni par la nature et la culture : et c’est la volonté d’accepter, d’assumer et de revendiquer cet héritage qui, selon Pierre Vial, définit l’Identité.

« Identité. Étymologiquement : « ce qui rend singulier ». L’identité d’un peuple est ce qui le rend incomparable et irremplaçable.

La caractéristique de l’humanité est la diversité et la singularité de ses peuples et de ses cultures. Toute homogénéisation est synonyme de mort et de sclérose, d’entropie. Les universalismes ont toujours voulu marginaliser les identités, au nom d’un modèle anthropologique unique. L’identité ethnique et l’identité culturelle forment un bloc : le maintien de l’héritage culturel et son développement supposent une proximité ethnique au sein des peuples.

L’humanité ne pourra survivre aux défis qu’elle se lance, que si elle demeure un pluriversum, c’est à dire un côtoiement pas toujours pacifique de peuples profondément différents mais ethnocentrés.

Attention : le fondement premier de l’identité est biologique : sans lui, les deux autres niveaux, culturel et civilisationnel, ne sont pas durables. Autrement dit, l’identité d’un peuple, de sa mémoire et de ses projets, repose avant tout sur des dispositions concrètes et héréditaires ».

Guillaume Faye : Pourquoi nous combattons

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Pour la petite histoire, une des dernières fois où j’ai parlé d’ « identité » une « lectrice » d’occasion, à la bonne conscience inébranlable, m’avait écrit pour me dire, qu’elle avait eu envie de « signaler ce texte à  SOS Racisme » au nom des « valeurs », bien sur,  de « l’amour » et de « la compréhension humaine », de « l’humanisme » et du « dialogue »… Qu’on n’aime pas ce que j’écris, je le conçois tout à fait, qu’on le critique, ou tout simplement qu’on ne le lise pas … mais que son premier réflexe ait été l’ envie de me moucharder , à SOS Racisme qui plus est, sans qu’elle comprenne que c’est ce qui me choquait le plus, est tout à fait symptomatique… à la campagne, il existe une petite chanson : « rapporteur à la maison, il aura des coups de bâton… rapporteur à l’écurie, il aura des coups de fusil… »

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Salut camarades !

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…caché au fond du jardin, sous le noisetier, notre vieux banc, tout verdâtre de mousse …

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« Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence ».

François René de Chateaubriand

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La châtaigne est un fruit d’automne, issue d’un arbre mythique le châtaignier, le « timide châtaignier » du Câd Goddeu, « le Combat des Arbres » de Taliésin. Autrefois on l’appelait« arbre à pain » car son fruit, très attendu, nourrissait aussi bien les humains que les animaux. Il palliait même aux famines, dans les temps les plus difficiles et la durée d’une saison. En Poitou, le fromage de chèvre frais est enroulé et séché dans des feuilles de châtaignier.

Les racines noueuses qui soulèvent le sol font de cet arbre un symbole de force virile, et la châtaigne a longtemps passé pour aphrodisiaque.

En isolé, marquant la croisée de chemins ou ombrageant une pâture, en alignement, le long d’un chemin ou en limite de parcelle, en verger, en limite de la forêt, ils apparaissent souvent comme de véritables monuments naturels venus du fond des âges.

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