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On ne voit bien souvent en Jean Fontenoy, au mieux, qu’un écrivain journaliste passé du parti communiste au PPF de Jacques Doriot. Au pire, et bien, on ne voit rien du tout, parce qu’il est carrément oublié. On se souvient pourtant d’André Malraux mais il est vrai qu’il appartenait au camp des vainqueurs et que Fontenoy, en tant que réprouvé, ne mérite que la fosse commune de l’Histoire. Pourtant, Dominique Venner voit en lui un « être d’exception » et quand il le compare à l’auteur de « la Voie Royale », il en fait « une sorte de Malraux sympathique, plus aventureux et plus vrai ».

C’est en outre, un véritable héros de roman qui figurerait avantageusement aux côtés des personnages d’Hugo Pratt : Pratt et Corto eux mêmes, mais aussi Raspoutine, le Baron Ungern, le général Enver Pacha, Butch Cassidy, Jack London, le Baron von Richthofen, et tous les autres…

Né en 1899 dans une famille paysanne, à 17 ans, il fréquente les milieux ultra-anarchistes. Ce qui ne l’empêche pas, mobilisé à la fin de 14-18, de décrocher un galon de sous-lieutenant et la croix de guerre. Il est attiré par le bolchevisme, mais comme il méprise la copie française, il veut aller sur place pour découvrir l’original. Il s’inscrit à l’École des langues orientales, apprend le russe et le chinois (déjà il lit Sophocle et Ovide dans le texte) et se fait envoyer à Moscou pour l’agence Havas. C’est une période de grands reportages et de grandes déceptions : en 1925, les fonctionnaires, qui vont faire le succès du régime , ont déjà remplacé les exaltés… Alors Fontenoy va traquer la révolution jusqu’en Chine : il y fonde le « Journal de Shangaï », devient conseiller de Tchang Kaï-Chek, mais s’intéresse, dit-on, surtout à la jolie femme du maréchal, Song Meiling . Parcourant le pays à cheval, la main sur le pistolet, il assiste aux exploits d’un général chrétien qui baptise ses troupes avec une lance d’incendie

Déçu et guéri du communisme et du « tiers-monde », il lorgne du côté du fascisme. Après un rapide passage aux Croix-de-Feu, il adhère en 1936 au PPF de Jacques Doriot, mais le quitte à l’époque de Munich. La brouille, très personnelle, sera durable. Il se fait connaître par la publication de ses romans et de ses reportages. Entre temps, il bourlingue dans l’Europe qui bouge : en Allemagne, où il rencontre Otto Abetz, en Pologne, en Hongrie, au Portugal, en Espagne où il fait le coup de feu avec les nationalistes à Irun. Dans cette vie bien occupée, il trouve pourtant le temps de traduire Tolstoï pour la Pléiade et d’épouser Madeleine Charnaux, aviatrice célèbre qui partage ses options politiques et qui mourra de la tuberculose en 1943.

En janvier 1940, il s’engage dans l’armée finlandaise pour combattre l’Armée rouge. Il a le visage gelé et le maréchal Mannerheim, commandant en chef des forces finlandaises , lui offre un poignard d’honneur. A Paris, en juillet 1940, puis à Vichy, il sert d’intermédiaire entre Abetz et Laval et se lance dans les tourbillons de la Collaboration. Après un nouvel accrochage avec Doriot, il devient l’un des chefs du MSR du cagoulard Eugène Deloncle, et fait également partie de la direction du RNP de Marcel Déat. A ce titre il participe à la fondation de la Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme en 1941 et, contrairement à d’autres, part se battre en Russie. Chef de la section de propagande, il se fait muter au 1er bataillon, pour participer aux combats devant Moscou en novembre-décembre 1941. Il fait toute la retraite à pied dans des conditions effroyables puis ses démêlés avec Doriot lui valent d’être renvoyé à Paris. Il y fonde l’hebdomadaire « Révolution nationale ». On le décrit alors comme ne s’éloignant jamais de son « calibre » et passant beaucoup de son temps à « téter le bambou ». Ayant suivi la retraite allemande à la fin de 1944, il se tue dans les ruines de Berlin d’une balle de pistolet, le jour de l’entrée des troupes soviétiques en mai 1945.

Dans « Péché d’orgueil », son ami Lucien Combelle le mettait en scène en 1942, déjà désabusé :  « Quand ce fascisme pour lequel nous nous défonçons prendra le pouvoir, supposition docteur ! Supposition ! Que fait-il de nous, le fascisme ? Eh bien il nous fout en taule, toi et moi, docteur, en taule pour mauvais esprit… »

Source : Dominique Venner : « Histoire de la Collaboration ».

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Georges Dumézil, né à Paris le 4 mars 1898, mort à Paris le 11 octobre 1986, est un comparatiste, philologue et académicien, agrégé d’histoire. Son travail sur les sociétés et les religions indo-européennes a ouvert de nouvelles perspectives .

Par l’étude comparative exacte et directe des textes les plus anciens des mythologies et des religions des anciens peuples indo-européens (il maniait une trentaine de langues), il a démontré que beaucoup de ces récits étaient organisés selon des structures narratives semblables et que ces mythes traduisaient une conception de la société organisée selon trois fonctions : la fonction du sacré et de la souveraineté ; la fonction guerrière ; la fonction de production et de reproduction . Cette organisation en trois fonctions se retrouve aussi bien dans la mythologie, dans les récits fondateurs de la Rome antique, que dans des institutions sociales : castes indiennes, division de la société d’Ancien Régime en clergé, noblesse et tiers état.

Dumézil s’est aussi intéressé aux langues et récits traditionnels des peuples d’Asie Centrale.

Dès sa thèse, il trouve son domaine de recherches : la mythologie comparée. Au départ, poussé dans cette direction par Antoine Meillet, qui veut le voir reprendre l’étude de la religion indo-européenne là où elle a été abandonnée depuis plusieurs décennies, il est abandonné de ses pairs philologues qui lui reprochent, pour les uns, d’inclure trop de mythologie dans des études littéraires et, pour les autres, de plier les faits à sa théorie.

Sa découverte de la culture ossète (dernière branche survivante des Alains, descendants eux-mêmes des Scythes), lui fait reprendre cette voie de recherche. En effet, ceux-ci se projettent dans le peuple mythique des Nartes. Ce monde mythique des Nartes est très proche des mondes mythiques indo-européens (les monstres et les dragons y sont similaires). De plus, ce peuple des Nartes se divise explicitement en trois familles :

ceux qui sont forts par l’intelligence (zund), les Alægatæ ;

ceux qui sont forts par le courage et la vaillance au combat, les Æxsærtægkatæ ;

ceux qui sont riches de leur bétail : les Boratæ.

Il publie en 1930 un article, La Préhistoire indo-iranienne des castes, où il rapproche la division en trois catégories de la société en Inde de celle retrouvée en Iran ancien. On peut d’ailleurs remarquer que l’Iran actuel est le seul pays musulman doté d’un clergé.

En 1938, le rapprochement raisonné entre brahmanes indiens et flamines romains lui permet d’analyser la fonction du souverain dans les sociétés indo-européennes. Il joint les rapprochements déjà faits entre sociétés indiennes et iraniennes anciennes de l’observation faite sur les flamines, collège de prêtres romains. Les flamines majeurs assuraient le culte des trois dieux Jupiter, Mars et Quirinus, dont les caractères correspondent aux trois fonctions de commandement et de sacré, de force guerrière et de fécondité. La fonction souveraineté se décompose, elle, en deux versants selon ses termes :

l’une est formelle, d’origine sacerdotale, s’exprime également dans une dimension juridique et est enracinée dans ce monde ;

l’autre aspect de la souveraineté est fondée sur la puissance, et enracinée dans l’autre monde.

En poussant ses raisonnements, il découvre la clef d’or qui le conduit à exposer, dans son livre le plus aisé d’accès, Jupiter, Mars, Quirinus (1941), la théorie des trois fonctions (souveraineté et religion, guerre, production), tripartition qui se retrouve dans le vocabulaire, l’organisation sociale et le corpus légendaire de tous les peuples indo-européens : on a la société médiévale, par exemple, divisée en oratores (ceux qui prient, le clergé), bellatores (ceux qui combattent, la noblesse) et laboratores (ceux qui travaillent, le tiers état), ou la société indienne, divisée en Brahmanes (prêtres, enseignants et professeurs), Kshatriyas (roi, princes, administrateurs et soldats), plus la caste productive, se subdivisant en Vaisyas (artisans, commerçants, hommes d’affaires, agriculteurs et bergers) et Sudras (serviteurs). Dans cette société, les prolongements sont plus importants encore : dans le grand poème épique indien Mahabharata, chaque héros agit selon le schéma trifonctionnel, en fonction du caractère et de la place du dieu dont il est le représentant.

Dumézil montre ensuite que l’histoire officielle des origines de Rome est une mise en scène de cette même idéologie structurante. Par conséquent, il serait vain de chercher à démêler légende et histoire à propos de Romulus et de ses successeurs.

Ses méthodes de travail ont considérablement influencé l’ensemble d’une discipline, l’étude des religions antiques : il a changé la manière de les étudier, en créant l’étude comparée des mythologies, également en montrant que les divinités n’existaient pas pour elles-mêmes, et qu’il fallait faire porter les études sur les paires ou les groupes de dieux (tels qu’ils étaient célébrés dans les récits mythiques). Toutes ses analyses portent sur la structure des mythes et des récits, et ne rapprochent jamais des faits isolés.

(source : Wikipédia)

François Terrasson est un écolo aux antipodes de ces écolos médiatiques qu’on est habitués à voir un peu partout et qui ont pris prétexte de l’écologie pour poursuivre de tout autres buts que la préservation de l’environnement  dans l’intérêt des sociétés humaines. Hommes et femmes liges de l’économie marchande, VRP d’une espèce de cosmopolitisme à l’échelle mondiale et propagandistes zélés d’un modèle planétaire unifié de développement…

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François Terrasson, né le 3 juillet 1939 à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier) et décédé le 2 janvier 2006 est un écrivain et naturaliste français.

Chercheur et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle , il s’intéressait tout particulièrement au rapport qu’entretient l’homme avec la nature (la géonomie) sous l’angle philosophique, scientifique, politique et agricole.

La réflexion de Terrasson, non seulement embrasse l’ensemble des rapports entre l’environnement et l’humanité (géonomie), mais oblige ses lecteurs à interroger leur rapport individuel à la Nature. Son approche est tout à la fois naturaliste, sociale, économique, historique et psychologique, elle décrit aussi bien les mécanismes physiques, biologiques ou les aspects techniques, que les ressorts aussi bien rationnels qu’émotionnels, culturels ou idéologiques de notre compréhension et de nos décisions.

François Terrasson organisait des stages de « découverte de la Nature » : chaque stagiaire était déposé de nuit en forêt (par exemple de Fontainebleau), avec un duvet mais sans lampe de poche, pour passer isolé une nuit à la belle étoile. Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, discussion collective sur la nuit précédente : comment cela s’est-il passé, qui a eu peur, qui s’est éclaté ? Réponse dans le chapitre intitulé “Tépamazo” du deuxième livre de Terrasson, «  La civilisation anti-nature ». En deux mots, le groupe des gens qui se sont inquiétés toute la nuit était beaucoup plus nombreux que celui des personnes qui avaient vécu le bonheur de fusionner avec « Mère Nature ». Ce second groupe existe pourtant. On évoquait aussi, sans faux-semblants, des aspects pratiques: confort, soif, miction et défécation, moustiques, fourmis, bruits… et les rapports de chacun à l’environnement, en ces circonstances, étaient décortiqués. Les « mieux à l’aise », les « mieux adaptables » n’étaient pas forcément les personnes d’origine rurale.

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Les stages, montages et livres conçus par Terrasson ont pour rôle d’illustrer sa thèse principale : à la question « pourquoi l’homme occidental détruit-il la Nature ? », sa réponse était : « parce qu’il en a peur ». Et ses livres donnent de nombreux exemples de la psychologie complexe de « l’homo occidentalis » dans son rapport à la Nature. Il citait volontiers René Jeannel: l’Homme est fils de la forêt et père du désert et Jared Diamond: l’Homme occidental a eu de la chance géographiquement, et prend l’avance technique qu’il doit à cette chance pour de la supériorité, mais les civilisations premières lui survivront peut-être ou bien reviendront, s’il ne prend pas conscience de ses préjugés et s’il ne réajuste pas son rapport à la Nature.

François Terrasson faisait la part des choses entre « Hominisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’instinct et à inventer de nouveaux comportements, de nouvelles règles, et qu’il attribuait à la néoténie humaine) et « Humanisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’agressivité, de la violence, de la prédation et à inventer des comportements et des règles de respect et de coopération, à l’intérieur de notre espèce, avec les autres espèces, et avec la nature). Il pensait l’hominisation achevée il y a environ un demi-million d’années, et l’humanisation en cours d’émergence, et pensait que notre survie passée est due à l’hominisation, tandis que notre survie future est conditionnée par le succès de l’humanisation.

Travaillant dans le domaine de la mise en place d’aires naturelles protégées, parcs nationaux ou régionaux et autres réserves, il fut également un expert dans le domaine de l’aménagement de l’espace rural, participa à des études d’impact avant remembrement, et voyagea beaucoup en tant qu’expert en reconstruction écologique, voyages qui l’amenèrent aux quatre coins du monde et jusqu’aux Îles Galapagos.

Très actif, il s’est littéralement épuisé à la tâche.

Bibliographie: «  La Peur de la nature », Sang de la terre. « La Civilisation anti-nature », Éditions du Rocher. «  En finir avec la nature », Le Rocher .

Source: Wikipédia.

J’inaugure aujourd’hui une série de portraits. Portraits d’hommes et de femmes. Grandes figures, éveilleurs,  maîtres à penser,  précurseurs et  visionnaires … en commençant par John Toland.

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« John Toland va populariser le panthéisme en Angleterre et le rendre plus accessible en tant que vision du monde à vivre. Il est né à Londonderry (Irlande) en 1670 d’une famille catholique ; ses parents l’éduquent aussi dans les légendes de son pays. Elève doué, il fit ses études en Écosse à Édimbourg et à Glasgow. Rejetant son patrimoine clanique irlandais qu’il prenait pour des niaiseries, il se dirige vers la théologie et se convertit au protestantisme. A Leyde, il rencontra les fameux cercles d’études fondés par Spinoza ; ses options panthéistes, ainsi que leur nette formulation encore à venir, trouvent ici leur source. A Oxford, fervent lecteur de la Bodleian library, il y rencontra John Aubrey qui fit partie des universitaires oxfordiens qui engendrèrent la Royal Society. Il fut surtout le 1° archéologue des temps modernes et le 1° scientifique à identifier avec certitude la civilisation celtique en tant que culture patriarcale des îles de Bretagne à la suite de ses gigantesques travaux qu’il accomplit sur le site de Stonehenge, entre autres. Cette découverte fut un coup de tonnerre culturel qui eut de nombreuses conséquences dans de nombreux domaines, y compris sur le plan politique. John Aubrey, souvent critiqué pour son amour immodéré de l’ancienne religion des Celtes, le druidisme, se disait le filiateur d’un très ancien nodule celtique qui transitait depuis des siècles au sein des collèges d’Oxford dont le nom était Mount Haemus. Lorsque l’on sait qu’un des Bosquets du futur Druid Order (Grove) – l’équivalent d’une loge – prendra le nom de Mount Haemus, et qu’il s’y trouve toujours de nos jours, nous comprenons mieux comment John Aubrey peut être considéré comme le grand-père du Druid Order et que ses vues transitèrent par John Toland, mais aussi par les frères Gale et Pierre Desmaiseaux, futurs fondateurs de ce néo-druidisme et intimes d’Aubrey, tous membres, sauf Toland, de la Royal Society.
De retour à Londres, polémiste vigoureux, Toland se fait reconnaître dans le milieu des philosophes anglais. Il apparaît que ce dernier fut bien en contact avec les éléments humains et universitaires qui furent au centre de la conversion de l’Invisible Collège en Royal Society en 1660 à Oxford… Les héritiers philosophiques de ce groupe travaillèrent à la mise en place de la maçonnerie de 1717 et, avec l’aide des Antiquarians, du Druid Order de la même date (Oxford au XVIIe siècle, 2 tomes, Jardin des Dragons, Les Éditions du Prieuré, Rouvray, 1994). Nous pouvons en déduire très sereinement que Toland était déjà très imprégné dans la décade 1690 par les idées et les buts très progressistes de l’aile marchante de la Royal Society.
Affrontant violemment tout ce qui est catholique et aristotélicien, il est rapidement obligé de fuir l’Irlande. De 1700 à 1707, il est à Londres au contact de cercles philosophiques locaux plus panthéistes qui vont profondément l’amener à condenser ses concepts en des oeuvres écrites. C’est à cette période qu’il inventa d’ailleurs le mot « panthéisme » qui se répandit comme une traînée de poudre pour caractériser tous les mouvements platoniciens réactivés par les oeuvres et la pensée Spinoza. Lesdits mouvements se cristallisent en salons et banquets socratiques très inspirés de l’épicurisme de Saint-Évremond. Il affiche politiquement un républicanisme qu’il appuie sur les pensées des penseurs antiques chantant les valeurs de ladite république (Platon, Cicéron, Caton, Xénophon, etc.).
Les polémiques incessantes de Toland le font quitter Londres en 1707 et il commence une traversée du désert en Europe germanique où il se mélange à tous les mouvements panthéistes et affronte des philosophes comme Leibniz. L’inimitié qui opposa ce dernier à Spinoza se réincarna au contact de Toland avec lequel il eut des débats contradictoires des plus vigoureux. C’est à lui que Toland aurait énoncé cette profession de foi panthéiste en réponse à une question lui demandant sa patrie d’origine:
« Le Ciel est mon père, la Terre est ma mère, le Monde est ma patrie et tous les hommes sont mes parents. »
En 1710, il revient. Panthéiste convaincu et militant, il propose au monde anglo-saxon une reprise éthique de type pythagoricien et platonicien qui, selon lui, est la seule voie religieuse possible dans les années à venir pour vaincre les confrontations religieuses de son temps. Il soutient que seule la liberté de religion peut amener la paix sociale et que la voie panthéiste dans sa tolérance et son non-dogmatisme doit s’imposer aux Églises constituées qu’il juge trop séparatrices et mères de toutes les souffrances humaines.
Il participe activement à la préparation maçonnique de 1717, mais aussi de la druidique de 1717, par des apports philosophiques non négligeables que l’on isole fort bien dans l’article Ier des Constitutions d’Anderson de 1723.
Fut-il maçon? probable mais non prouvé ; il fut le 1° Grand Druide du Druid Order en 1717 en compagnie de William Stukeley et de Pierre Desmaiseaux, ce dernier étant un enfant de la 2° génération de la Révocation de l’Edit de Nantes comme Jean-Théophile Désaguliers. Un mariage dans ce Druid Order philosophique est très clair entre les thèses uniquement panthéistes et philosophiques de Toland et celles uniquement celtiques de William Stukeley, l’archéologue de Stonehenge, membre de la Royal Society. Toland, toujours marqué par les « niaiseries » irlandaises de ses parents qu’il juge superstitieuses, concède à Stukeley un panthéisme druidique non sans émettre quelques réserves sur le réalisme des traditions celtiques. Il l’écrira en clair dans son testament philosophique, le Panthéisticon, en 1720.
« Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage sur la façon dont les panthéistes s’ornent l’esprit. Les panthéistes peuvent être justement regardés comme prophètes et d’une nature mystique. Car de même qu’autrefois les druides qui avaient l’esprit plus élevé, étaient liés par des sociétés (suivant en cela les règles de Pythagore), se sont élevés par l’étude des choses les plus cachées et les plus obscures, de même les associés socratiques s’appliquent à toutes les recherches où se sont illustrés les druides et les disciples de Pythagore. Les uns et les autres ont établi des sociétés. Les nôtres n’admettent pas cependant tout ce qu’ont dit et fait les premiers, car lorsqu’ils s’éloignent de la vérité, nous nous éloignons aussi d’eux, mais nous louons beaucoup ce qui nous en paraît digne, rendant grâce à ceux par le moyen desquels nous profitons en quelque chose, de quelque manière que ce soit. » Cette oeuvre peu connue va être au centre de la Relation apologique de 1738 et il semble aussi qu’elle aura un impact non négligeable sur la version des Constitutions d’Anderson de 1723 – Art.Ier, « concernant Dieu et la Religion ».
Ce qu’il faut noter dans la vie de Toland, c’est qu’il fut reçu et protégé en 1697 par Sir Thomas Molyneux à Dublin et que celui-ci aurait été détenteur d’un écrit maçonnique daté de 1711 laissant apparaître déjà l’esquisse d’un troisième grade.
En ce qui concerne John Aubrey (prof. de Toland à Oxford ,mort en 1697) il eut des contacts répétés et fructueux avec Inigo Jones – l’architecte de Charles Ier – dans les années 1660, alors qu’ils faisaient des fouilles et des recherches sur le site mégalithique de Stonehenge et d’Avebury. Les thèses développées par eux à cette époque attribuaient la mise en place de ces mégalithes aux druides; ce fut leur seule erreur qui engendra une « celtomanie druidique » à cette époque et qui continua au 17e siècle. Si les traditions spirituelles celtiques honorèrent les mégalithes, il est clair que lesdits Celtes n’en sont pas les maîtres d’oeuvre et que ce rôle doit être attribué à une civilisation antérieure, les mégalithiques, dont les restes affaiblis semblent littéralement se fondre dans la grande vague indo-européenne de 1500 av. J.-C.
Ceci posé, nous comprenons mieux comment le panthéisme de Toland, en se mariant aux recherches celtiques d’Aubrey et de Stukeley, aboutit à la naissance d’un panthéisme celtique sous la forme de ce Druid Order de 1717 qui fusionne en sa naissance avec la maçonnerie londonienne et que les rapports, tant culturels que humains, entre ces deux mouvements ne sont pas accidentels ni hasardeux. Les oeuvres « apologiques » en seront la preuve puisqu’elles mettent en évidence une maçonnerie panthéiste et pythagoricienne citant des pans entiers de l’oeuvre de Toland, et qu’il faut considérer non pas comme une maçonnerie marginale mais plutôt comme le reflet d’un mouvement suffisamment étendu pour que le Vatican fasse des autodafés de sa littérature et fulmine des bulles d’excommunication à son encontre. Toland mourra en 1722, non sans avoir marqué irrémédiablement toutes les personnes qui l’auront approché. Arrogant jusqu’au bout, voici son épitaphe:
« Ci-gît John Toland qui, né en Irlande près de Londonderry, étudia en Écosse et en Irlande, et également à Oxford devenu adolescent, et ayant été plus d’une fois en Allemagne, passa son âge d’homme aux environs de Londres. Il cultiva toutes les littératures, et sut plus de dix langues. Champion de la Vérité, défenseur de la Liberté, il ne fut ni le partisan ni le client de personne; ni les menaces et les maux ne le détournèrent d’aller jusqu’au bout de la route choisie, subordonnant l’intérêt au Bien. Son âme est réunie au Père céleste dont il sortit autrefois. À coup sûr, il ressuscitera pour l’éternité, mais jamais il n’y aura un autre Toland. Il naquit le 30 novembre. Le reste, cherche-le dans ses écrits.
« Veritatis propugnator! Libertis assertor! »

bibliographie tirée de l’oeuvre de R.Blanchet »

(source : http://www.carboneria.it/Tolandfr.htm )

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