You are currently browsing the category archive for the ‘Symbolisme’ category.

 

La Mesnie Hellequin nous est surtout connue à travers les références qui lui sont faites dans des textes du Moyen Age et qui concernent l’Europe toute entière: certaines nuits magiques d’orages violents surtout en période de changement de saison, et alors qu’on pourrait penser que ce sont le vent et la pluie qui dévastent les paysages , l’imaginaire populaire impute cette dévastation à une troupe d’esprits fantastiques, montés sur des chevaux rapides, entourés de chiens bruyants, qui ont été condamnés en punition de leurs péchés à chevaucher jusqu’à la nuit des temps… et il ne fait pas bon être dehors à ce moment là …

Pendant tout le passage de la « Famille furieuse », ce ne sont que cris d’oiseaux, aboiements, hennissements, miaulements, voix plaintives, hurlements sauvages, sonneries de cors « comme une armée entière d’animaux criant, beuglant, clapissant et semblant voyager dans les nuages ». Les témoignages sont nombreux et peut être ne faudrait-il pas chercher trop longtemps dans nos campagnes, encore aujourd’hui, pour trouver quelqu’un pour nous affirmer avoir entendu passer la Chasse Sauvage…

Il est vrai qu’il n’ est pas impossible d’assister à cette cacophonie céleste qui chaque année,envahit le ciel d’octobre préparant à l’hiver et plus tard en février qui annonce la fin des glaciales rigueurs . Alors, le vol des grues, qui passent l’hiver en Espagne et nichent en Scandinavie, aurait-il à voir avec l’origine de la Chasse Sauvage ?… On pense en effet que cette tradition pourrait avoir son origine dans le passage de l’été à l’hiver, puis de l’hiver à l’été… et quand les grues remontent vers le nord, elles sont censées réveiller la nature au passage. Une autre manière est de dire qu’à cette époque les airs frémissent des poursuites d’animaux symboliques chassant devant eux les esprits de la mort afin d’assurer le triomphe de la vie nouvelle. On peut dire aussi que la Chasse galope à l’infini dans le ciel d’hiver pour éveiller les mémoires et associer les disparus à l’éternelle renaissance de la vie.

La période d’avant Noël correspond à la fin de l’automne, c’est donc l’époque, suivant la mythologie nordique où Odhinn-Wotan, le Dieu chaman, monté sur Sleipnir, son cheval à huit pattes, passe dans les airs au soir tombant, entraînant derrière lui la « Chasse Sauvage ». La croyance répandue dans de nombreuses régions d’Europe selon laquelle les sorcières, une lanterne à la main, se déplacent dans le ciel pendant la période solsticiale, représente sans doute une survivance de ce thème wotanique.

Cette croyance en une chevauchée d’une troupe plus ou moins maudite est répandue dans toutes nos campagnes et suivant les provinces, le nom change: c’est la Mesnie Hellequin, ou Hennequin, le Carosse du roi Hugon, la Chasse nocturne, la Chasse Arthur, la Chasse du Comte Rouge, la Chasse du Chasseur Sauvage… La Mesnie Hellequin:son nom lui-même est l’objet d’interrogations, on parle de Charles Quint, on laisse entendre qu’il pourrait être à l’origine d’ Arlequin, mais on cite surtout le Poème du comte Hernequin -une chanson de geste, aujourd’hui perdue, qui racontait les aventures légendaires d’un certain Hernequin, comte de Boulogne, qui avait combattu les Vikings au IXe siècle.

Quant à la thématique proprement dite de la Mesnie Hellequin, elle semble pouvoir être rattaché au thème d’origine germanique de la chasse sauvage et des armées aériennes conduites par Odin. Parfois Hellequin est un doublet d’Arthur, lui aussi supposé conduire une chasse. Selon une prédiction de Merlin il était annoncé qu’il reviendrait un jour : on l’a attendu de longues années, on l’attend même encore et selon Augustin Thierry, un historien du XIXe,  » les forestiers du roi d’Angleterre, en faisant leur ronde au clair de la lune, entendaient souvent un grand bruit de cors, et rencontraient des troupes de chasseurs qui disaient faire partie de la suite du roi Arthur ». Elle apparaît aussi dans le « Perceval en prose » attribué à Robert de Boron (ou l’un de ses continuateurs) au début du XIIIe siècle.

D’autres traditions rattachent la Mesnie Hellequin à une armée de revenants que l’on croiserait à l’occasion à la lisière des forêts, à l’image des sylvains de l’Antiquité.

On dit en effet que Sylvain, qui rappelle notre Sucellus gaulois, était le père ou le chef d’une foule de génies semblables à lui, nommé Sylvains, tous représentés avec des jambes et des oreilles de bouc. Comme Pan, Silvanus passait pour apparaître brusquement au coin des bois et sur les routes; la nuit, il épouvantait les voyageurs de sa voix rauque.

La Chasse Gallery semble spécifiquement poitevine, donc de chez moi … L’étymologie est controversée, certains préfèrent le terme Galerie du vieux verbe « galer » (se divertir, se livrer à une joie bruyante), faisant donc de la Chasse Galerie une « chasse gaillarde, hardie, menée avec ardeur et fougue ». D’autres s’en tiennent à Gallery et y voient la personnalisation du meneur de la Chasse sans pour autant s’entendre sur le nom du personnage. On a cru y voir un châtelain du Chêne-Billault, à Pouant, dans la région de Loudun, qui aurait été condamné à chasser pour l’éternité en punition d’avoir préféré quitter la messe avant la consécration pour entraîner ses invités à la chasse un jour de Saint Hubert. On a voulu y voir aussi le célèbre Guillery de la chanson, baron cruel et chasseur forcené qui, sur le modèle précédent, à l’heure de la messe, força un cerf jusque dans une grotte occupée par un ermite et l’y tua en refusant de plier le genou… mais la version païenne existe aussi, où l’ermite devient une jeune nymphe protégée de Bahren (?), un des anciens dieux du terroir (c.f. « la marque de Bahren » à Fontenay le Comte), savant et prodigue, qui connaissait les vertus de la moindre racine…et Guillery était d’autant moins pardonnable, qu’il chassait, parait-il, le gibier réservé aux Dieux…

Ce thème de la « chasse des damnés » résulte d’une transposition chrétienne du thème wotanique de la « suite » d’ Odhinn composée des guerriers morts au combat. Les païens ont, très logiquement et suivant la manie chrétienne, été transformés en « damnés » et leur passage dans le ciel a été réinterprété comme résultant d’une « damnation éternelle ».

Les frères Grimm parlent de la légende Wutendes Heer : l’Armée Furieuse, mais qui pourrait bien être « l’armée de celui qui est en fureur » (puisqu’on sait qu’ Odhinn-Wotan est la fureur incarnée -c.f. Georges Dumézil : « Mithra-Varuna »-) qu’ils font dériver de Wotan’s Heer (l’Armée d’Odin). Et cette Chasse , par cette fureur sacrée et la présence de ces berserkir, ces guerriers-fauves qui entraient dans une fureur incontrôlable, se rendant capables des plus invraisemblables exploits, pourrait bien receler le mystère de l’initiation guerrière celto-nordique , car à côté des guerriers loups, on devine la présence aussi des compagnons guerriers chasseurs de Finn…

Les versions diffèrent, selon lesquelles on considère la légende nordique de la déesse des frimas, Holda, poursuivie sans trêve par Wotan et sur laquelle se sont greffées des versions gaéliques, bretonnes, ou franques et qui seront adaptées aux croyances chrétiennes (thème du chasseur maudit, ronde infernale des réprouvés condamnés à errer). On dit aussi que c’est la « nuit des Mères » (du 24 au 25décembre), qui débute la grande fête solsticiale qui dure 12 jours, que débute aussi la chasse furieuse menée par Dame Holle accompagnée de Wotan qui serait alors son conjoint. Mais s’il semble bien que ce soit pour illustrer le passage de la saison sombre à la saison claire, il ne faut pas oublier non plus qu’on dit aussi que si Wotan parcourt ainsi les nuits, c’est pour rassembler tous les guerriers susceptibles de marcher sous ses ordres quand sera venu le temps du Ragnarok: la bataille de la fin du monde, le destin auquel ne peuvent échapper les dieux, la destruction d’Ásgard et le renouveau du monde.

Pour les chrétiens ce n’est qu’une sarabande démoniaque, à la chasse aux âmes pour renforcer encore cette armée de seigneurs damnés qui errent pour l’éternité dans les forêts. On est en vérité pas très loin de Herne le Chasseur, le chevalier fantomatique au chef orné de bois qui chevauche à la tête de la Chasse, au travers du ciel. Pas très loin non plus de son équivalent, Cernunnos, tout à la fois divinité chthonienne en même temps que solaire (sur une pièce de monnaie trouvée dans le Hampshire, il porte la roue du soleil entre ses cornes), ce qui nous ramène au passage d’une saison à l’autre … et ce qui nous ramène aussi vers … saint Hubert.

Saint Hubert, chasseur invétéré, se serait converti à la vue d’une croix entre les bois d’un cerf, certains disent « le jour de Noël », tous ces indices, la passion de la chasse, un dieu-cerf, la période solsticiale rappellent des croyances païennes bien antérieures au christianisme et peuvent se rapporter au thème de la chasse sauvage: Hubert étant le prototype du « chasseur sauvage converti » pour la sauvegarde des âmes, tandis que la Chasse Sauvage, elle, est le cortège des non-convertis, des « damnés », des paysans et soldats restés fidèles à la foi traditionnelle.

La survivance du mythe odinique aurait donc servi là encore de base à une christianisation péjorative du thème en question.

———————————————————————————————————

Publicités

Corneilles et corbeaux avaient la même importance pour les premiers Celtes que pour les Vikings. Lugh, ou Lug, dont le nom signifie « celui qui brille » était le dieu celte de la Lumière. Son nom ressemble au gaulois Lugos, qui peut signifier « corbeau ». Lugh pourrait avoir été, comme Odin, un dieu aux corbeaux, car il a aussi partagé avec Odin les arts de la guerre et de la sorcellerie. Dans Le Livre des conquêtes (XIIe siècle) qui consigne les traditions légendaires irlandaises, des corbeaux préviennent Lugh de l’approche de ses ennemis. Ce dieu guerrier était aussi vénéré en Gaule. Le nom gallo-romain de la ville de Lyon, Lugdunum, signifie « colline des corbeaux », ainsi appelée parce qu’un vol de corbeaux montra aux premiers colons l’endroit où s’installer.

L’imagerie celte des corbeaux et des corneilles est plus chthonienne que solaire. De nombreux corbeaux ont été trouvés enterrés dans des tombes celtes datant de l’âge du fer, et l’un d’eux, trouvé à Winklebury (Wiltshire), en Angleterre, était disposé avec les ailes étendues au fond d’une fosse, peut-être objet d’un sacrifice. Les corvidés étaient associés avec les déesses guerrières Bodbh et Morrigann : chacune avait le pouvoir de prendre une forme triple, et leur apparence avant et pendant le combat en prédisait l’issue. Dans la saga irlandaise La Mort de Cuchulainn, le héros rencontre trois corneilles qui viennent se poser sur son épaule, sans doute une manifestation de Bodbh, en route vers la bataille. Elles l’amènent par ruse à violer un tabou en mangeant la chair d’un chien : peu après, Cuchulainn, mortellement blessé, s’attache à une pierre levée afin de mourir debout. Ses ennemis l’observent de loin, se gardant de l’approcher, jusqu’à ce qu’une corneille, Bodbh elle même, se pose sur son épaule.

Les histoires galloises des Mabinogion sont à peine plus proche du monde de la chevalerie. Dans « Le Songe de Rhonabwy », les chefs Arthur et Owein s’affrontent dans un jeu assez semblable aux échecs, tandis que leur entourage est en pleine bataille. Arthur est accompagné de ses chevaliers, mais les compagnons d’Owein sont des corbeaux enchantés capables de se relever de leurs blessures et même de la mort. Les corbeaux sont sur le point de vaincre les hommes d’Arthur, quand les deux chefs mettent fin à leur confrontation et déclarent la paix.

Dans l’histoire de « Branwen, fille de Lyr », le héros est le géant Brân, dont le nom, en gallois, signifie corneille ou corbeau. Sa sœur Branwen (corneille blanche) a épousé un chef de clan irlandais, mais elle a été violée par son mari. Elle envoie un étourneau à travers la mer pour avertir son frère de son déshonneur, et les armées de Brân envahissent bientôt l’Irlande. Après une terrible bataille, Brân et ses hommes massacrent les Irlandais, n’épargnant que cinq femmes enceintes réfugiées dans une grotte. Brân lui même est mortellement blessé, et seulement six de ses guerriers survivent. Sur l’ordre du géant, ses propres hommes lui coupent la tête, qui continue à parler, et la ramènent à Londres. Ils l’enterreront à l’emplacement où se trouve maintenant la Tour de Londres, et, selon la légende, les corbeaux de la Tour sont l’esprit de Brân. Aussi longtemps qu’ils n’auront pas disparu, l’Angleterre ne sera jamais envahie.

Porteurs de leçons morales, les animaux de ces épopées sont aussi objets de contemplation : dans une scène célèbre des Mabinogion, « Peredur, fils d’Ewrawc », Peredur (Perceval le Gallois) croise un corbeau en train de manger un canard dans la neige, et se met à rêver à sa bien-aimée. la blancheur de la neige lui rappelle sa peau, le plumage noir de l’oiseau sa chevelure, et deux gouttes de sang évoquent la fraîcheur de ses joues. Cette scène sera déclinée en de multiples variantes dans la littérature, depuis l’épopée de Wolfram von Eschenbach, Parzifal, jusqu’au conte rapporté par les frères Grimm, Blanche-Neige.

Boria Sax, Corbeaux. Delachaux et Niestlé. (adaptation)

———————————————————————————————

On pourrait dire qu’assis sous un pommier comme Merlin l’avait été longtemps avant lui, le druide laissa glisser son regard sur les visages des marcassins qui l’entouraient. Puis il ramassa deux pommes, tombées dans l’herbe juste à côté de lui. La première, il la coupa en deux, dans le sens de la hauteur et quand il tendit les deux parties aux regards de ses élèves, chacun d’entre eux put voir que le dessin, figuré en leur centre, ressemblait au sexe d’une femme, grand ouvert, à l’image de la Sheela-Na-Gig qu’on voit encore sur certaines églises ou les murs de cimetières irlandais et qui est la figuration de la Grande Déesse des Commencements ouvrant son ventre maternel pour engloutir les défunts et les faire renaître dans une nouvelle vie. En lui même, le symbolisme est intéressant, associé à celui des pépins (la fécondité), comme à celui du fruit lui même (la Connaissance druidique), qu’on associe traditionnellement à l’Autre Monde, et qui confère l’immortalité. Mais ce qui l’était tout autant, c’est quand le druide coupa l’autre pomme dans le sens horizontal et présenta à nouveau les deux moitiés aux regards de ses marcassins qui y virent tout de suite une Etoile à cinq branches.
Quand j’ai commencé à m’intéresser au druidisme et que je trouvais des allusions au Grand Livre de la Nature, j’ai commencé par me demander où j’allais bien pouvoir dénicher cet indispensable bouquin, avant de comprendre de quoi il s’agissait. Et regarder une pomme coupée en deux , c’est déjà feuilleter ce Grand Livre…
C’est le pan-celtique Lug, le Samildanach, qui représente la lumière physique stellaire ( les irlandais appellent la Voie Lactée, « la Chaîne de Lug ») et Sirona , la déesse gauloise dont le nom signifie « étoile » manifeste l’aspect lunaire de la Grande Déesse, et illustre la lumière visible dans la nuit .
L’ Etoile à cinq branches apparaît d’abord comme un signe de protection et certains y voient, quand elle est à l’envers avec les deux branches en haut, une connotation maléfique et satanique, surtout quand y figure la représentation de la tête d’un bouc. Mais dans la mesure où il faut être chrétien pour croire en l’existence du diable, païen,  je ne crois pas en l’existence d’un diable quelconque et considére le satanisme comme une simple déviance du christianisme. C’est pourquoi je vois plutôt dans cette figure cornue inscrite dans l’étoile inversée, une simple figuration de Cernunnos, sous l’aspect qui lui fait assumer son animalité, et la transcender pour s’élever au stade de l’Homme Cosmique, qu’on retrouve d’ailleurs, bras et jambes écartés, dans le pentagramme de l’alchimiste Agrippa.
L’Etoile à cinq branches est aussi le symbole du microcosme, de la totalité du monde sensible, de la quintessence des choses et des cinq éléments. On pense aussi aux cinq sens, symbolisés par les cinq courants, charriant les noisettes cassées par le Saumon, qui partent du bassin de la Fontaine de Sagesse et à l’importance de leur stimulation dans la Quête de la Connaissance.
Persigout, dans son « dictionnaire de mythologie celte » ajoute : « l’étoile à cinq branches, emblème d’immortalité, représente la Déesse Mère au cours des cinq stades de la vie : naissance, adolescence (initiation), maturité, vieillesse, mort et renaissance ». On voit que tous ces symbolismes se juxtaposent et s’interpénètrent pour parvenir à ce qui s’apparente à « un symbolisme total ».
Et puis, le pentagramme était le symbole préféré des Pythagoriciens (dont on sait les liens avec le druidisme) qui le traçaient sur leurs lettres en forme de salutation équivalant à « porte-toi bien ».
Cinq est le nombre des Dieux fondamentaux du panthéon celtique cités par César. Il est aussi la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair, et à ce titre, il assure un rôle d’union et d’équilibre. Et comme il est en même temps le nombre du Centre, il est donc le nombre de l’union du principe céleste et du principe terrestre de la Mère. Principe de Vie pour tout dire.
L’Etoile à cinq branches est encore l’illustration le plus parfaite de l’application du Nombre d’Or (1,618) dont l’essentiel des propriétés géométriques est exposé dans les « Eléments de Géométrie » d’Euclide, et qui contient les idées d’équilibre, de mesure et d’harmonie car il engendre ce qu’on appelle la « divine proportion » (qui se retrouve partout à l’état naturel quand on prend le temps de « voir » la Nature).
Pour tracer une Etoile à partir du Nombre d’Or  à partir d’un carré ABCD, tracer un cercle de centre E (milieu de DC) et de rayon EB. L’arc coupe la droite DC en F. Monter la perpendiculaire jusqu’à G. On obtient un carré long AGFD de divine proportion. Tracer la droite IH pour que AH=BG. Du point B tracer un cercle de rayon BG. Du point H, tracer un cercle de rayon AH. Les cercles se coupent en K et L. Tracer la droite KM qui passe par H et la droite KN qui passe par B. Puis la droite MG et la droite NA.
Mis à part le Nombre d’Or et la divine proportion, ce qui est intéressant dans ce tracé, c’est qu’il s’élabore à partir d’un double carré ( carré = symbole du monde manifesté, donc de la Terre) et d’un double cercle ( cercle = symbole des puissances célestes, donc du Ciel) pour construire au sommet de l’Axe du Monde qui relie la Terre au Ciel, la brillante Etoile Polaire, symbole de la Grande Déesse des origines, centre de toute énergie, à laquelle s’accroche la voûte étoilée, en même temps que rappel de notre lieu d’origine.
Les chrétiens, passés maîtres dans l’art de la récupération ne se sont pas trompés sur l’importance du symbolisme de l’Etoile polaire dont ils ont fait l’étoile du berger, guide des rois mages, pour la naissance de leur dieu lors du solstice d’hiver.
C’est précisément au solstice d’hiver, c’est à dire dans quelques jours, que le sorbier atteint une grande puissance : dénudé et recouvert de givre, il semble couvert d’étoiles et exprime la manifestation de la lumière au moment le plus sombre de l’année. Arbre des déesses, plus particulièrement associé à Brigit, la Déesse Mère ( = Rhiannon = Rigantona), proche de l’eau et des rivières, il est au seuil de l’Autre Monde, comme au seuil de la nouvelle année solaire et ses fruits présentent la particularité, à l’opposé de leur tige, d’arborer une minuscule…étoile à cinq branches.
Pour continuer à feuilleter le Grand Livre de la Nature, on rappellera que l’Etoile à cinq branches symbolise la quintessence des choses. Or l’Oursin fossile qui symbolise les structures secrètes  et harmonieuses du monde associées au principe vital de l’Océan des origines et qui illustre toutes les potentialités et le principe de fécondité de toutes choses, présente lui aussi, sur sa coque, le dessin d’une…étoile à cinq branches…Son symbolisme l’assimile donc à l’œuf cosmique primordial que les bâtisseurs romans (détenteurs, dit-on, de la Connaissance druidique) ont souvent fait figurer lui même dans une …étoile à cinq branches .

—————————————————————————————————–

Ainsi parlaient les dieux des Celtes païens, par la bouche du poète Amorgen:

Je suis un vent de la mer

je suis une vague de l’océan

je suis une voix de la mer

je suis le taureau aux sept combats

je suis un faucon sur une falaise

je suis un sanglier de valeur

je suis une larme du Soleil

je suis une fée parmi les fleurs

je suis un saumon dans le lac

je suis un lac dans une plaine

je suis une colline de poésie

je suis une flèche décochée pour la bataille

je suis un dieu qui met le feu à la tête

Qui, si ce n’est moi

peut pénétrer les secrets des phases de la lune

et l’endroit où se couche le soleil ?

——————————————————–

A La date du 22 juin correspond l’entrée dans le signe astrologique du Cancer …

« Le Cancer symbolise dans la nature le premier stade de l’été qui correspond à la formation des graines et marque le triomphe des forces génératrices maternelles. Conception, gestation, maternité, tel est le processus cancérien dans son contexte alimentaire, digestif, formateur. Symbolise également l’eau originelle, les eaux-mères au moment de l’année où la sève végétale gonfle les tissus de la nature en pleine fécondité. Le crustacé (écrevisse ou crabe) qui le représente est particulièrement prolifique : il vit sous une carapace comme les germes, œufs, fœtus et bourgeons, ébauches et préfigurations de la vie renaissante (coquille, matrice, écorce, enveloppe); de même qu’il marche à reculons, symbole d’un retour en arrière, d’un reflux sur son passé.

Cette nature est d’essence lunaire, la Lune étant le symbole de la mère et de l’enfant, de l’eau, de la croissance, de l’alimentation, de la fécondité, de la vie végétative, instinctive, crépusculaire, inconsciente… »

André Barbault : Traité pratique d’astrologie.

—————————————————————————————

(déjà publié dans La Main Rouge)

Pour remplacer la vieille fête païenne de Samain et pour ancrer son emprise, l’Eglise a institué une fête des Martyrs qui s’est étendue à l’ensemble des saints. Puis au Moyen Age, comme perduraient les réjouissances païennes en l’honneur des morts , la fête des Martyrs fut, à partir de 610, circonscrite au 13 mai tandis qu’il était décidé de fêter tous les Saints le 1er novembre.

Au 8ème siècle, les évangélisateurs irlandais de la Gaule se heurtèrent à la toujours vivace fête païenne celtique de Samain qui débutait la nouvelle année et permettait la communion entre les vivants et les morts et c’est le fils de Charlemagne, Louis le Pieux qui institua en 835 la fête de la Toussaint qui devint une grande fête chrétienne en 1580 mais une “fête d’obligation” seulement sous Pie X au 20ème siècle.

C’est Odilon, abbé de Cluny qui vers l’an 1000 impose la date du 2 novembre pour la commémoration des défunts pour ne pas empiéter sur la fête des saints mais c’est pourtant souvent ce jour là, dans la mesure où le 2 novembre n’est pas férié, que les tombes sont fleuries dans les cimetières (souvent par un pot de chrysanthèmes), nettoyées (depuis la milieu du XIXe siècle) et qu’on y allume même parfois encore une bougie. Le tout, dans l’esprit de “faire mémoire des défunts” et de prier pour eux car on considère qu’ “ils ont besoin d’une purification pour être pleinement avec Dieu”.

Depuis 1997, la Toussaint subit la vigoureuse concurrence de la fête d’Halloween, perversion essentiellement commerciale de la Samain Celte .

kerridwenSamonios est fixé aux alentours du 1er novembre, pour plus de commodités, mais devrait être précisé en fonction des phases de la lune. Dans le calendrier celtique cette date correspond à la fin de la saison claire et au début de la saison sombre, à la fin de l’Automne et au début de l’Hiver, à la fin de l’ancienne année et au début de la nouvelle. Elle est la seule, parmi les 8 fêtes traditionnelles, à présenter cette « triparticité », c’est dire son importance. Elle est considérée comme une récapitulation de l’été tout en étant également déjà engagée dans l’hiver, tandis que par ailleurs, elle condense, récapitule et clôt la saison militaire qui avait débuté à Beltaine.

C’est un « seuil » particulièrement important dans l’année celtique et tous les grands évènements mythiques et épiques se passent lors de cette fête. C’est à ce moment que meurent les dieux et les héros, ont lieu toutes les batailles de l’épopée. Tous les évènements fondateurs s’y concentrent, y ont leurs signes avant-coureurs aussi bien que leurs épilogues. C’est là qu’a lieu l’accouplement du Dagda et de la Morrigane qui évoque l’union rituelle du chef de la tribu et de la Déesse de la Terre pour assurer la prospérité pour l’année à venir. C’est le moment de la lutte décisive des dieux, les Tuatha De Danann contre les Fomoire, symbolisant les puissances des Ténèbres. C’est encore le jour de la descente de Cuchulainn dans l’Autre Monde au terme de sa maladie qui l’a affecté toute la période s’étendant d’un Samonios à l’autre.

Symboles

Samonios est placé sous le signe du Gui. Certains pensent généralement que la cueillette du végétal décrite par Pline l’Ancien intervenait à cette période de l’année. Considéré comme une panacée, outre ses significations symboliques de sagesse spirituelle et de guérison, d’éternité, de vigueur et de régénération physique, le gui illustre aussi le terme cyclique de l’année et son renouvellement. L’If pour sa part est l’arbre de Samonios. En liaison avec l’Autre Monde et la Mort, il illustre l’éternité et la continuité des cycles de vie reliant mort et renaissance dans un flux permanent.La pomme considérée comme un fruit mystérieux ayant quelque chose à voir avec l’Autre Monde (c.f. Avalon, l’Ile aux Pommes) apparait elle aussi dans certaines coutumes de Samonios et semble avoir été liée à cette fête.

On peut aussi raisonnablement penser que le Chaudron était associé à la fête de Samonios, ce que semble montrer la notice du Dictionnaire des Symboles sur le chaudron sacrificiel : « le roi déchu s’y noie dans le vin ou la bière, en même temps qu’on incendie son palais, lors de la dernière fête de Samain de son règne (…) la majorité des chaudrons mythiques et magiques des traditions celtiques ont été trouvés au fond de l’Océan ou des lacs (donc la localisation de l’Autre Monde) (…) la force magique réside dans l’eau (qui, comme par hasard gouverne le signe du scorpion) ; les chaudrons sont des récipients de cette force magique, souvent symbolisée par une liqueur divine (c.f. l’hydromel) ; ils confèrent l’immortalité ou la jeunesse éternelle (c.f. la Terre des Jeunes, l’une des appellations de l’Autre Monde), transforment celui qui les possède ou qui s’y plonge en héros ou en dieu ».

Honneur aux Ancêtres

Les peuples de l’Antiquité honoraient les morts et leurs esprits (héritage du chamanisme ?). Les morts étaient honorés comme les esprits vivants d’êtres aimés et de gardiens dépositaires des fondements de la sagesse de la tribu (peut être est-ce aussi pourquoi les Celtes conservaient les cranes d’ancêtres ou de héros ? et peut on voir une correspondance entre ce culte et les sculptures de têtes d’hommes couronnés de feuilles de gui ???). Au passage : les chrétiens, et notamment saint Augustin reprochaient vivement aux païens le culte qu’ils rendaient à leurs morts et les prières qu’ils leur adressaient. Le bien être des morts dépend de l’attention que leur accordent les vivants car le mort craint l’oubli de ses descendants. De cette manière les morts qui sont passés dans un Autre Monde restent pourtant présents auprès de leurs descendants et établissent ainsi un pont entre les deux mondes.

Samonios est une période hors du temps. Le temps y est suspendu et cette suspension annihile provisoirement toute différence entre l’Autre Monde et le monde des hommes, et fait tomber toutes les barrières. C’est une période privilégiée pour honorer ses morts, alors que le soleil s’abaisse de plus en plus sur l’horizon, perd de sa force et de sa vitalité. C’est le moment le plus propice pour établir le contact avec les esprits des défunts, vus comme source de conseil (les pratiques divinatoires devaient avoir une place lors de cette fête) et d’inspiration, plutôt que comme une cause de frayeur. C’est donc le moment où les habitants de l’Autre Monde peuvent venir visiter les vivants et où certains vivants peuvent être admis en visite dans l’Autre Monde .

L’Autre Monde

Il y a deux conceptions relatives à l’Autre Monde des Celtes. Le Sid qui se confond avec les tertres, les cairns et les tumulus d’origine préceltique

groenlandLes Iles paradisiaques, trois cinquantaines selon la navigation de Bran, et localisées à l’Ouest du monde, « derrière » la mer, sur une île ou parfois sous la mer. Cette précision quant à la direction est fondamentale puisqu’elle indique là où le soleil se couche : le point cardinal ouest «  est « la porte » de la mort et Venus (Belisama) comme le soleil (véhicule de Belenos) semblent venir s’y éteindre, y mourir. En conséquence, l’Ouest est le seuil du mystère, de l’au-delà, du non manifesté ». Et comme l’Ouest correspond aussi à l’Automne et à ses brumes, période de fantasmagorie où les choses paraissent autres qu’elles ne sont, il semble logique de considérer Samonios comme un temps où l’Autre Monde et le nôtre sont en communication, où la « Porte » est ouverte.

couche-soleil-brestoisSelon le principe hermétique « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » (étant bien entendu que ça vaut surtout pour la forme et qu’une harmonisation du fond est nécessaire…). Il n’est donc pas étonnant que le cycle de la vie humaine ait été mis en correspondance avec celui du soleil, journalier du moment où il se lève (naissance) jusqu’à son coucher (mort ou du moins mort apparente), quand il semble s’enfoncer dans la terre ou dans la mer (pour aller passer la nuit dans ses autres résidences, derrière l’océan ou sous la terre). Il en va de même pour son cycle annuel (les solstices). Le soleil apparait donc ici comme un symbole de résurrection et d’immortalité.

Le soleil détermine la durée du jour et « la première analogie du jour est celle d’une succession régulière : naissance, croissance, plénitude et déclin de la vie (…) tandis que les saisons de l’année paraissent répéter en plus grand les quatre parties du jour : le printemps/le matin, l’été/le midi, l’automne /le coucher du soleil, l’hiver/la nuit » (dictionnaire des symboles).La nuit quant à elle (faut il rappeler que selon leur conception du temps les Celtes en faisaient le commencement de la journée ?) « symbolise le temps des gestations, des germinations (…) qui vont éclater au grand jour en manifestation de vie. Elle est riche de toutes les virtualités de l’existence » (id.). Cela vaut pour la vie humaine et animale comme pour la vie végétale et minérale ; en définitive pour l’ordre cosmique lui même. En fonction de ça, rien d’étonnant donc à ce qu’aient été faits des rapprochements entre le cycle solaire, la mort et la renaissance des êtres vivants et l’existence d’un Autre Monde derrière la mer ou sous la terre.

On rappellera aussi quand même que si la date précise de Samonios est déterminée par les phases de la lune, la succession de ces dernières, comme la succession des saisons, « scande le rythme de la vie, les étapes d’un cycle de développement : naissance, formation, maturité, déclin ; cycle convenant aux êtres humains aussi bien qu’à leurs sociétés et civilisations. Elle illustre également le mythe de l’éternel retour. Elle symbolise l’alternance cyclique et les perpétuels recommencements ». (id.)

Une fête a trois aspects

Fête collective à laquelle les trois classes participaient et où la présence de tous est obligatoire sous peine de sanctions. Samonios est l’occasion de cérémonies religieuses et officielles placées sous le signe « des jeux, des réunions, pompe et magnificence, bonne chair et banquet » jusqu’au point d’orgue que constitue le grand banquet royal et militaire : on y consomme en quantité (les femmes et les hommes étant dans des salles séparées) vin, bière, hydromel (l’ivresse est un moyen d’approcher le sacré) ainsi que, parmi de nombreuses autres victuailles, de la viande de porc, animal consacré à Lug et au Dagda.

Les règlements, les lois et les devoirs y sont fixés, et tous les sept ans à Tara, est procédé à l’élection du Roi. Les druides sont là pour préparer, ordonner, diriger le festin suivant les normes traditionnelles où ni querelles ni violence ne sont tolérées. Cette période de fête est inaugurée par les druides au moyen du feu qui est le moyen d’action le plus puissant qui soit à leur disposition.feu A la veille de Samonios tous les feux sont éteints excepté celui des druides sur le site même de la fête et qui servira à rallumer tous les autres. En parallèle, de grands feux étaient allumés sur le tertre ou la place du village et servaient aussi à rallumer tous les feux qui avaient été éteints la nuit auparavant.

F. Le Roux et Guyonvarc’h soulignent les trois aspects de la fête : une fête religieuse d’abord, célébrée au bénéfice de toute la société (sacrifice animal ou oblation végétale), une suite de réunions ou assemblées légales, appuyées sur la base religieuse ensuite, et qui avaient pour intention la remise en ordre de la justice et de l’administration royales, enfin le festin proprement dit auquel chacun est tenu d’assister sous peine de mort.

Le rituel semble bien établi : au niveau le plus bas, le peuple rend hommage à ses dieux avant d’aller prendre sa part du festin et assister aux jeux. Au niveau de la classe guerrière a lieu l’essentiel des banquets, festins et beuveries : les guerriers s’y enivrent, y exhibent leurs trophées, y racontent leurs exploits. Au niveau sacerdotal, on allume le feu et pratique les sacrifices ; puis on préside aux assemblées légales auxquelles prennent part le roi et les nobles. Le plus souvent la fête de Samonios s’étendait sur sept jours : trois jours avant, le jour même et trois jours après, même s’il est un peu paradoxal de parler de durée et de temps dans la mesure où cette période était justement « hors du temps » et que n’importe quelle durée y correspondait à l’éternité.

Lors de la fête on célébrait la mort symbolique de l’ancienne année , les dieux et les héros passés dans l’Autre Monde et les défunts de la famille et du Clan : il s’agit là de rétablir le contact entre la communauté des morts et celle des vivants. Ces célébrations étaient entrecoupées de festins rituels, rite de re-naissance du monde (au début de l’année correspond symboliquement le début du Monde) car à côté de son caractère agraire, cette fête illustrait en même temps un retour à l’origine mythique de « fondation » de l’ordre cosmique : la veille de Samonios, on éteignait tous les feux et le lendemain on inaugurait la nouvelle période avec des feux nouveaux.

De la Lune et des Constellations

Samonios se trouve dans le signe astro du Scorpion gouverné par l’élément Eau et plus particulièrement par la mer : en se transformant et en changeant l’eau s’avère apte à laver de la douleur et de la tristesse et donc à avoir un effet bienfaisant face à la perte d’un proche.

Mais le Scorpion évoque aussi « la nature au temps de la Toussaint, de la chute des feuilles, du glas de la végétation, du retour au chaos de la matière brute, en attendant que l’humus prépare la renaissance de la vie » (Encyclopédie des symboles. Pochothèque). Il est « symbole à la fois de résistance de fermentation et de mort, de dynamisme, de dureté et de luttes » (id.) -il a d’aileurs Mars pour maître planétaire- mais aussi des influences occultes, de la magie, des puissances instinctives et brutales de la nature, des esprits bons et mauvais. Nous sommes donc ici dans une problématique de destruction et de création, de mort et de renaissance. Et donc, en fait, au cœur même du symbolisme « sombre » de Samonios (ce côté sombre illustré à cette date par la mort des dieux et des héros), même si d’un autre côté (mais est-ce bien étonnant ?), cette fête « ruisselante de joie et de lumière, dans les palais des rois [renforçait] par son abondance de nourriture et de boisson, le potentiel sacré de l’humanité, la préparant ainsi à la rude épreuve des ténèbres hivernales » (Guyonvarc’h). Raimonde Reznikov se veut précise : « Samain se célébrait quand la pleine lune était dans la constellation du Taureau et le soleil dans celle du Cerf ». Il est peut être intéressant , analogiquement, de préciser que la cueillette du gui et la désignation du Roi de Tara s’accompagnaient du sacrifice de deux taureaux blancs (le Taureau symbolise le temps des Semailles, la fécondité de la vie terrestre et l’aspect indomptable et farouche de la nature). Le Cerf quant à lui, ne peut qu’évoquer Cernunnos qui représente la force fécondante, les métamorphoses, les cycles de transformation et la magie.

chaudronDans l’interprétation qu’il donne des scènes du Chaudron de Gundestrup, J.J.Hatt donne Samonios comme date de la descente de Cernunnos dans l’Autre Monde, et c’est le sacrifice du Cerf par Smertrios qui lui permettra, débarrassé de ses bois de cerf et devenu alors Esus, de remonter sur terre. Rappelons aussi qu’Esus, l’autre face selon Hatt de Cernunnos, qui est relié au symbolisme de l’Arbre (et sans doute plus particulièrement de l’if et du gui) et du taureau qui doit être sacrifié pour que son sang régénère les grues, images de la Déesse, était assimilé par les romains à leur dieu Mars (le maitre planétaire du Scorpion) parce qu’ils lui attribuaient un même symbolisme d’énergie universelle et de force créatrice, de destruction et de construction.

Des Dieux et des Déesses

On retrouve là tout le symbolisme propre à Samonios mais on peut aussi avoir une idée des divinités qui étaient peut être plus particulièrement honorées lors de cette fête.

On trouve bien sûr en premier lieu Rigantona (qu’on honore aussi sous un autre aspect en mai, c’est-à-dire à l’occasion de l’ouverture de la saison claire), la Grande Reine de l’Autre Monde, le Grand Principe Universel Féminin, omniprésente et toute puissante. Chaque jour de Samonios, la Morrigane, elle, se lave sur la rivière Unius et l’on connait ses rapports avec le Dagda : elle est aussi Reine de l’Autre Monde , elle correspond à Morgane qui règne sur Avalon et à Mélusine « dont les yeux sont des reflets de l’Autre Monde », même si on la connait sous bien d’autres noms encore dans les pays celtiques. Il y a ensuite Lug, auquel le porc dont on consomme la chair est consacré, et dont certaines généalogies donnent comme l’amant en même temps que le fils de la Grande déesse (ce qu’on dit aussi d’ailleurs du Taureau). Je pense aussi au Dagda auquel le porc est également consacré, et à son correspondant gaulois, Sukellos, dieu du passage qui, lorsqu’il a frappé le coup mortel, accueille les âmes des hommes pour une vie nouvelle, également protecteur des défunts qu’il abreuve de son tonnelet pour assurer leur survie. Et puis il y a le dieu chtonien Cernunnos qui engrange sous la terre, pendant la saison froide, les forces telluriques qui, quand elles seront arrivées à maturité sur terre, seront représentées par Esus, selon J.J.Hatt.

Un grain de blé

Les labours et les semailles des céréales sont une pratique qui a cours à Samonios, le blé devant être enseveli et pourrir avant de renaître. Elle correspond probablement à la coutume du rite funéraire de l’inhumation qui, avec la crémation et l’excarnation se sont partagées tour à tour les « faveurs » des anciens Celtes.

Par analogie l’épi de blé peut symboliquement représenter une communauté humaine : tous les grains de blé semblent identiques mais chacun a son individualité propre. A partir de là on peut considérer que le grain de blé représente l’homme. Et comme lui, il lui faut (pendant cette longue nuit de l’hiver « riche de toutes les virtualités de l’existence ») pourrir sous la terre avant de renaître suivant un cycle saisonnier qui s’apparente au cycle vital humain et le symbolise dans les sociétés à caractère agraire.

Un certain nombre de druides contemporains affirment l’adéquation, à l’origine, entre Samonios et l’Equinoxe d’Automne. Par exemple Raimonde Reznikov : « le symbolisme de Samain montre qu’il s’agissait à l’origine d’une fête de l’équinoxe d’Automne ». Il lui parait en effet certain « qu’à l’origine les autres fêtes étaient bien placées aux équinoxes et aux solstices et que la raison de leur décalage dans le temps provient du phénomène de précession des équinoxes responsable de la rétrogradation d’étoiles repères ». A l’appui de ses dires, l’auteur cite le passage de « la Bataille de Crinna » évoquant la maturité des glands (dont la mastication on le sait, favorise la divination)) et des fruits mais cet argument est rejeté par Le Roux et Guyonvarc ‘h qui, d’une part, rattachent cette maturité plutôt à Lugnasad, d’autre part avertissent qu’il « serait imprudent de tirer de ce texte que Samain était une fête à caractère agraire […] du reste ce même texte souligne immédiatement les aspects juridiques [et] ce qui domine de loin la fête de Samain c’est le grand banquet royal et militaire », affirment enfin à plusieurs reprises que le problème de la place de Samain dans le calendrier ne se pose pas : « c’est une fête de novembre, même si elle ne pouvait guère être une fête fixe car dépendant d’un calendrier luni-solaire ».En fait Samonios, plutôt qu’appartenir réellement à l’automne ou à l’hiver semble bien être un point de transition entre les deux saisons où, jadis, tous les animaux non requis par le travail ou retenus comme réserve d’élevage étaient abattus et leur viande fumée ou salée était mise en réserve pour l’hiver. Ce qui ne pouvait pas être conservé était alors mangé lors de la fête tandis que la graisse, les peaux et les fourrures étaient prélevées car vitales pour aider les gens à passer l’hiver. C’était une courte période de plénitude avant la cruelle pénurie de la nuit hivernale. Car je crois qu’il serait abusif, comme Le Roux et Guyonvarc’h, de ne pas voir aussi un caractère agraire à la fête de Samonios (fête « totale » !) alors que la société celtique était effectivement une société agraire et pastorale et que le calendrier celtique semble bien avoir été réglé sur le début et la fin des travaux de l ’élevage et de la culture plutôt que sur l’année solaire des équinoxes et des solstices.

A propos du Calendrier

Il est vrai qu’un calendrier gallo romain composé d’une mosaïque ( http://jfbradu.free.fr/mosaiques/gallo-romaines/st-rom-gal/st-rom-gal.htm ) et découvert à saint Romain en Gal représente les scènes d’hiver suivantes où n’apparaissent pas les semailles (sauf pour les fèves) et qui sont plutôt des scènes d’intérieur : deux paysans assis près d’un foyer ; un homme apportant des osiers à une femme qui tresse des paniers ; deux autres semant des fèces ; un homme et un enfant faisant des libations aux dieux du Foyer ; la meule tournée par l’âne que dirige une femme ; un homme introduisant des pains dans le four ; deux autres vêtus du chaud manteau à capuchon transportant au vignoble du fumier sur un brancard. En revanche ce sont les scène d’automne qui concernent les travaux des champs : les vendanges d’abord ; et puis on y cueille les pommes, on déchausse les arbres, on fait les labours et les semailles. Mais il ne faut pas se laisser tromper par une interprétation littérale des mots, par le fait que Samonios correspond au début de l’hiver : au 1er novembre, nous sommes toujours dans les conditions qui ont prévalu durant l’automne et il est encore temps de semer les blés, l’orge et la seigle dans la terre endormie ; après il serait trop tard car les grains ne germeraient pas (en quelque sorte des semailles d’hiver dans des conditions automnales…). De plus je suppose que les agriculteurs de l’époque ne semaient leurs grains que quand ils estimaient que la terre était prête, ou encore apte à les recevoir et non pas parce qu’un calendrier (sauf s’il s’agissait d’un rite cultuel) leur enjoignait de le faire à une date précise. Donc, le 1er novembre, nous sommes encore en automne mais c’est quand même le début de l’hiver. Ou peut être serait-il plus approprié de dire « la fin de l’été » pour respecter l’étymologie d’une part mais aussi parce que les différentes fêtes semblent effectivement bien représenter non pas le début mais plutôt la fin des périodes (ce qui je crois correspond tout à fait à la conception que les Celtes avaient du temps):

Samain : fin des jours blancs, entrée dans les jours noirs

Imbolc : cœur des jours noirs

Beltaine : fin des jours noirs, entrée dans les jours blancs

Lugnasad : cœur des jours blancs

Les solstices et équinoxes, eux, représentent les moments culminants, ostensibles des saisons proprement dites et correspondent aux dates de nos saisons actuelles. D’aucuns pensent au contraire que Samonios coïncidait à l’origine avec le solstice d’hiver. Il est vrai, par exemple, qu’à l’appui de cette thèse, certains situent la cueillette du gui au solstice d’hiver même si je trouve personnellement que la date du 1er novembre est plus appropriée (symboliquement, etc.) à cette cueillette. Considérant que les 4 fêtes solaires, équinoxes et solstices, dont la célébration existait de toute antiquité parmi les peuples autochtones de l’Europe préhistorique et qui furent assimilés par les arrivants celtes pour assoir une société dont les fondements économiques étaient d’essence agraire et pastorale. Considérant donc ces 4 fêtes et leur articulation dans le calendrier cultuel celte, je trouve tout à fait intéressant et justifié , aux niveaux pratique, symbolique et métaphysique que chacune d’entre elles soit un « paroxysme » et non un « début ». Chacune d’entre elles constitue alors une extension de la fête -Imbolc, Beltaine, Lugnasad, Samain – qui l’a directement précédée tout en représentant le moment culminant, ostensible de la saison que chacune de ces grandes fêtes celtes inaugure. Samonios est placée sous le signe astrologique du Scorpion qui symbolise le glas de la végétation,

feuillesla chute et la décomposition des feuilles, expression de la destruction des valeurs objectives et des formes extérieures à la faveur d’un processus de fermentation, de putréfaction, de désagrégation. Ce signe d’Eau, fixe, est celui de l’eau immobile, fétide des marais, comme celui de l’eau de vie ou de la lave volcanique. Ce signe est sous la tutelle de Mars et de Pluton, « le Prince des Ténèbres » symbole des profondeurs et des ténèbres de notre nuit originelle.

————————————————————————————————————————

robin2

J’ai regardé hier au soir « Robin des Bois, prince des voleurs », avec le fabuleux Alan Rickman dans le rôle du shérif de Nottingham.

On dit que les aventures de Robin des Bois sont une allégorie pour illustrer le combat entre paganisme et christianisme. En fait, plus précisément, on constate un parallèle entre Robin Hood, alias Robin des Bois et l' »Homme Vert » (Green Man) des fêtes païennes de Mai. Il semble bien en effet que la « légende de Robin » résulte d’un amalgame entre des faits historiques et des éléments mythiques incluant le personnage de Jack-in-the-Green.

Jack in the Green intervient dans le cycle des saisons : il représente la transition du printemps à l’été. Il s’agit d’un personnage disposant de pouvoirs de fertilité et de régénération. Dans les campagnes anglaises sa popularité est grande. C’est lui le « roi du mai » (May King) et à ce titre, il « épouse » chaque année la plus jolie fille du village, la « reine du Mai » (May Queen). Jack in the Green est invariablement revêtu de feuilles et de branchages et la tradition veut qu’il disparaisse complètement sous la verdure à l’exception de ses yeux. Au cours de la fête, Jack doit d’abord faire semblant d’être mort (à l’exemple de la terre qui parait morte pendant l’hiver). Puis il ressuscite brusquement et s’élance pour danser avec la reine du mai. On célèbre alors leur union en même temps que le retour annuel de la vie.

Le territoire de Robin des Bois est la célèbre forêt de Sherwood, dans le Nottinghamshire. C’est là, dans cette partie de l’Angleterre qui fut, au IXe siècle l’un des centres de la colonisation scandinave, même si de nombreux lieux-dits dans d’autres régions sont bâtis sur son nom, que Robin aurait défendu la veuve et l’orphelin contre le méchant shérif de Nottingham, sous le règne d’un souverain alternativement identifié à Richard Ier, Jean sans Terre, Edouard II ou Henri III.

robin-hood-and-lady

La première mention de Robin remonte à 1377 dans « the vision, of Piers the Plowman ». Mais à cette époque le héros est déjà connu par la tradition orale : le mythe de Robin semble être pleinement élaboré dès la première moitié du XIVe. Sa popularité ne fait que croître et Robin est le héros d’une quantité considérable d’aventures à l’époque élisabéthaine. Vers la fin du Moyen-Age, Robin Hood semble même avoir été le héros par excellence des paysans tout comme le roi Arthur était le héros des couches supérieures. Il est le « fermier idéal » tout comme Arthur est le chevalier idéal.

Il est très probable que le « mythe » de Robin des Bois ait eu une base historique et de nombreuses hypothèses ont été émises même si la version la plus courante en fait un grand seigneur dépossédé de ses terres par l’arbitraire royal.

Il semble que ce soit lors de la révolte paysanne de 1381 contre l’administration royale anglaise que la légende prit corps sous la forme qu’on lui connait. Robin est alors le héros ,populaire, qui joue « de bons tours » aux représentants du roi considérés comme des envahisseurs (à l’instar de Till l’Espiègle aux Pays Bas).

Mais parallèlement à ces « traits historiques », Robin Hood possède bien une dimension mythique qui l’apparente directement à Jack in the Green.

Il est d’abord évident qu’il est lié à la végétation : son costume est traditionnellement vert, il est l’homme vert. Son terrain d’action, la forêt, joue plus qu’un simple rôle géographique et il en apparait, par son nom même, comme la véritable incarnation : le génie de la forêt de Sherwood. Il est un archer, un chasseur, un ami des animaux, le protecteur de la végétation (= fertilité), le protecteur des faibles et notamment des femmes (= fécondité), le protecteur du peuple (= productivité). C’est grâce à ses interventions que les biens matériels sont redistribués et plus justement répartis. Tous ces traits situent bien Robin dans le prolongement d’une ancienne divinité de « troisième fonction » (qui président à presque toutes les fêtes rurales saisonnières).

A cela s’ajoute les liens significatifs que le personnage entretient avec les éléments directement liés aux festivités du 1er mai : la « Morris Dance » et la « Maid Marian ».

Morris-Dance-C.-1475

La Morris Dance est une vieille danse populaire qui, sous Henry VIII constitue l’un des éléments essentiels de la célébration rurale du Mai. Sous une forme quasi rituelle elle est dansée sous forme de spectacle par cinq hommes auxquels s’ajoute un garçon habillé en fille qu’on appelle Maid Marian.

Or cette « Maid Marian » (damoiselle Marion) est une des héroïnes principales de la légende de Robin Hood et le nom de ce dernier se trouva associé, concurremment à celui de Jack-in-the-Green en tant que partenaire de Maid Marian à la fête du Mai : Robin des Bois devient ainsi le Roi du Mai en face de la Maid Marian, le reine. Au XVI e et XVIIe siècles Maid Marian était devenue, en association tantôt avec Robin, tantôt avec frère Tuck, un personnage clé de la fête du mai.

Une légende plus tardive raconte comment Maid Marian, ayant cherché Robin déguisé en page dans la forêt, se bat avec lui pendant une heure avant de le reconnaitre à sa voix. Il y a là aussi déguisement et donc, comme le garçon déguisé en fille de la Morris Dance, quête d’un personnage par l’autre, travestissement, (re) découverte, qui sont courants dans les contes populaires.

Enfin, dernier détail : Robin Hood apparait comme foncièrement antireligieux dans les récits dont il est le héros.Il est en particulier l’ennemi juré des moines et des abbés (Frère Tuck étant un « transfuge », ou, même, certaines théories le donnent comme représentant le paganisme ). Ce trait convient assez bien à une figure d’origine (au moins partiellement) païenne. En revanche, il est dit à plusieurs reprises que Robin honore grandement la Vierge Marie : on peut se demander si cette Vierge Marie n’est pas tout simplement la Maid Marian (Marion)…

(sources : « Les Traditions d’Europe« , sous la direction d’Alain de Benoist. Le Labyrinthe,

« Fêtes païennes des quatre saisons« , sous la direction de Pierre Vial. Editions de la Forêt)

——————————————————————————————————

Correspondances pour les 4 fêtes celtiques :
wickermanorig1b
Imbolc :
correspondance au niveau de la saison : début du printemps. Cœur de la période sombre,
du calendrier agraire : naissance des agneaux, les jours s’allongent,
du vent : aquilo,
de l’arbre/plante associé : bouleau, houx,
de l’animal tutélaire : sanglier,
du règne : végétal,
de la justification : fête de la purification et du retour de la Lumière (fête des Chandelles)
de l’étymologie/symbolisme : « lustration ». Fête initiatique d’un passage primodial (éveil initiatique et préparation),
de l’âge de l’humanité : âge d’Or
de l’âge humain : enfance (0-7 ans), période lunaire,
de la situation ou degré familial : les enfants
de la caractéristique éventuelle :
de l’anniversaire éventuel :

.
Beltaine :
correspondance au niveau de la saison : début de l’été, début de la période claire (Gam),
du calendrier agraire : on sort le bétail, saison des amours, croissance de la plante,
du vent : Eurus (ou Volturnus)
de l’arbre/plante associé : chêne, bruyère,
de l’animal tutélaire : taureau,
du règne : animal,
de la justification : retour et plénitude de la fertilité, célébration de la vie, de la croissance, de l’amour et de la sexualité,
de l’étymologie/symbolisme : « feu de Bel », Fête de la passion charnelle et de la semence (renaissance)
de l’âge de l’humanité : âge d’argent,
de l’âge humain : jeunesse (14-21 ans), période vénusienne,
de la situation ou degré familial : les amoureux,
de la caractéristique éventuelle : ouverture de la saison militaire,
de l’anniversaire éventuel : arrivée des Tuatha en Irlande.
.
Lugnasad :
correspondance au niveau de la saison : début de l’automne. Cœur de la période claire,
du calendrier agraire : moissons et stocks. Fruits mûrs,
du vent : Africus,
de l’arbre/plante associé : blé, peuplier blanc,
de l’animal tutélaire : l’ours
du règne : humain,
de la justification : récolte et action de grâce,
de l’étymologie/symbolisme : « réunion de Lug ». Le Roi rassure le peuple quant à la paix, la prospérité et l’éternité des cycles de la vie (récolte et distribution des richesses)
de l’âge de l’humanité : âge du Bronze,
de l’âge humain : adulte (30-50 ans), période solaire,
de la situation ou degré familial : la famille
de la caractéristique éventuelle :
de l’anniversaire éventuel : Mort de Tailtiu, mère ou nourrice de Lug, après avoir rendu la terre fertile.

.
Samain :
correspondance au niveau de la saison : fin de l’été. Début de la période sombre (Sam) et début de la nouvelle année,
du calendrier agraire : bétail abattu et stocks,
du vent : cautus (ou Corus)
de l’arbre/plante associé : if, gui,
de l’animal tutélaire : le cheval,
du règne : minéral,
de la justification : fin de l’été. Hommage aux Ancêtres. Saison du gel et du feu de bois,
de l’étymologie/symbolisme : « réunion, assemblée ». Hors du Temps, permet contact avec l’Autre Monde (Mort),
de l’âge de l’humanité : âge du Fer,
de l’âge humain : vieillesse, période saturnienne,
de la situation ou degré familial : les Ancêtres
de la caractéristique éventuelle : clôture de la saison militaire,
de l’anniversaire éventuel : bataille de Mag Tured.
_____________________________________________________________________

Correspondances pour les 4 fêtes solaires (équinoxes, solstices)
stonehedge
.
Équinoxe de Printemps :
correspondances au niveau du calendrier : point culminant printemps,
de l’élément : air -humide et chaud =jaune,
du gardien : sylphe
et des offrandes : fleurs ,
du symbole : corbeau – genêt,
du calendrier agraire : semailles,
de l’heure : aurore,
de la situation : jour égal à la nuit,
du vent : solanus,
des arbres/plantes : trèfle,
des animaux : merle, oiseaux en général,
du thème de célébration : réveil,
de l’âge humain : adolescence (7-14 ans), période mercurienne
du comportement : raisonnement,
de la psychologie : réceptivité à la sagesse,
de l’organe/physiologie : l’esprit,
de la fonction corporelle : souffle, respiration,
du symbole druidique : l’Épée, apportée de l’île de Findias par le druide Uscias
.
Solstice d’Été :
correspondances au niveau du calendrier : point culminant été,
de l’élément : feu -sec et chaud = rouge,
du gardien : salamandre
et des offrandes : encens ,
du symbole : dragon, bruyère,
du calendrier agraire : sommet agraire,
de l’heure : midi
de la situation : jour le plus long, nuit la plus courte,
du vent : auster,
des arbres/plantes : chêne, mélisse, verveine,
des animaux : cerf, lièvre, aigle,
du thème de célébration :célébration de la générosité de la terre. Pouvoir intense et magique,
de la caractéristique : herbes de la saint-Jean,
de l’âge humain : jeunesse/adulte (20-30 ans), période martienne,
du comportement : intuition et enthousiasme,
de la psychologie : expression —> réalisation,
de l’organe/physiologie : l’intellect,
de la fonction corporelle : chaleur corporelle,
du symbole druidique : la Lance apportée de l’île de Gorias par le druide Escras.
.
Équinoxe d’Automne :
correspondances au niveau du calendrier : point culminant automne,
de l’élément : eau -humide et froid = bleu
du gardien : ondines
et des offrandes : vin, ,
du symbole : saumon, peuplier,
du calendrier agraire : fin des moissons,
de l’heure : soir,
de la situation : jour = nuit,
du vent : favonius,
des arbres/plantes : chêne,
des animaux : grue, grenouille, saumon, cygne, chien,
du thème de célébration : seconde récolte et Mystères,
de l’âge humain : maturité (50-70 ans), période jupitérienne,
du comportement : affectivité,
de la psychologie : évocation/réflexion,
de l’organe/physiologie : l’émotion,
de la fonction corporelle : le sang,
du symbole druidique : le Chaudron, apporté de l’île de Murias par le druide Semias.
.
Solstice d’Hiver:
correspondances au niveau du calendrier : point culminant hiver,
de l’élément : terre -sec et froid = vert,
du gardien : gnomes
et des offrandes : pain ,
du symbole : pin argenté, serpent,
du calendrier agraire : la graine commence à germer, elle devient lumière au sein de la terre,
de l’heure : nuit,
de la situation : jour le plus court, nuit la plus longue,
du vent : septentrio (ou Borée)
des arbres/plantes : houx, gui,
des animaux : serpent, ours, bœuf, taureau,
du thème de célébration : renouveau et renaissance au cœur de l’hiver,
de l’âge humain : mort et renaissance,
du comportement : pratique, sensualité,
de la psychologie : inspiration (écoute de l’intuition),
de l’organe/physiologie : le corps,
de la fonction corporelle : la chair,
du symbole druidique : la Pierre, apportée de l’île de Falias par le druide Morfessa.
_____________________________________________________________________________

Suis tombé par hasard cet après midi sur ce bouquin qui m’a séduit (le thème, l’écriture …) et j’ai craqué…
.
bayard4ème de couverture :
Le monde souterrain, par sa richesse infinie et inviolée, hante l’imagination de l’homme. Ce domaine mystérieux ne se révèle que rarement; la caverne obscure et profonde, aux bruits étranges, inspire la terreur et la superstition.
Il faut interroger ces bouches de l’enfer, examiner ces grottes où l’homme a parfois dessiné son rêve et son émoi, il faut prier devant la Vierge noire, accessible après un long parcours, un labyrinthe où l’eau souterraine serpente et luit dans les ténèbres.
Il faut visiter les entrailles de la Terre-Mère et en revenir transfiguré: tout au long de cet ouvrage l’auteur aborde le thème de la descente de l’Esprit dans la matière et sa lente cristallisation.
Ce livre est un excellent outil de référence mais surtout le résumé d’une quête spirituelle conduisant le lecteur aux mystères de l’Absolu.

pour me contacter

août 2019
L M M J V S D
« Fév    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 280 606 hits
Publicités