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Le texte est un peu long, mais il est fondamental
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lons610

Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie, disait Jacques Prévert. Et il clignait de l’oeil. Mais notre peuple à qui on a désappris les valeurs essentielles de la vérité et les règles élémentaires de la liberté ne comprend même plus les clins d’oeil et il se laisse hacher menu, chaque matin, dans la machine-à-mentir du Système quand il ne se couche pas à plat ventre, le visage dans la poussière, devant les idoles en matière plastique de Mammon. Que faire alors? interroge l’homme révolté. Et le sage de lui répondre: Traque le mensonge et laisse éclater la vérité sur la place publique! – Fort bien. Seulement, lorsque la vérité a été dite et les mensonges oubliés, il reste encore les menteurs, rétorque l’homme révolté. Mais l’homme sage se tait. Le rebelle, alors, de lui dire: Écrase l’échine des pleutres de tes bottes et marche droit quand tous se couchent! – Excellente idée. Mais la rébellion d’un despérado ne transforme pas pour autant les lâches en héros, ni une société de cloportes en un peuple brave et fier ni une capitulation en victoire, riposte l’homme révolté! Mais le rebelle se tait. Le révolutionnaire, alors, prend la parole: Ne perds pas de temps à traquer le mensonge. Laisse les cloportes pourrir dans les poubelles de leur destin. Crée un ordre hiérarchisé de cadres. Délimite les buts. Mets les idées et les valeurs au-dessus des hommes. Pose les jalons de la nouvelle époque!

Révolution! Le mot est lâché. Il résonne du cliquetis des armes et de l’entrechoc des idées, les idées qui sont au monde ce que la musique est à l’orchestre. Les révolutions, qui sont les forceps de l’histoire, accouchent, elles, les idées. Leur dénouement n’est jamais que l’aboutissement d’une longue période préparatoire, rebelle par nature au dilettantisme. De fait: une révolution ne s’improvise pas. Les révolutionnaires sont des gens sérieux, rigoureux, conséquents et disciplinés. Les charlots finissent vite dans les poubelles! Car une révolution, „il faut la gagner! Une révolution ne se fait qu’une seule fois” prévient Moeller van den Bruck. Le révolutionnaire, préfiguration de l’homme nouveau, a effacé en lui-même tous les stigmates de l’homme ancien. Il réunit la foi du missionnaire, semeur d’idées et le pragmatisme de l’homme d’action, qui les applique. Son parcours est difficile, laborieux, périlleux. Aucune pression ne peut le faire plier, aucune intrigue le diviser, aucun opportunisme ne peut lui faire changer de cap. Pour l’unique raison qu’il ne cesse, un seul instant, de croire à l’unité incorruptible de sa communauté, à la force rédemptrice de ses idées et à leur accomplissement dans la révolution!

Quant à nous, ce n’est ni à Rome, ni à Berlin, et encore moins à Moscou que ce cheminement a commencé, mais sous le soleil torride de l’Algérie enfiévrée et ensanglantée des années 50. C’est en effet dans le chaudron de la passionaria algérienne, rempli à ras bord d’une mixture explosive s’il en fut, brassage innommable d’espérances trahies et de trahisons décorées, de courage inutile et de lâchetés récompensées, de fidélités trompées et d’injustices impunies que devaient poindre les premiers ébats d’un révolte immature, prise au piège de sa passion, si latine et de sa jactance, si méditerranéenne. L’arbre de l’utopie coloniale lui cachait encore toute la forêt de la logique racialiste que ›Terre et Peuple‹ a résumée dans un slogan qui claque aux vents de l’évidence sa vérité tellement simple: À chaque peuple, sa terre! ABC du droit des peuples, ABC du respect envers le peuples, ABC de la paix entre les peuples.

Ces rebelles étaient sans le savoir des révoltés d’arrière-garde qui se battaient pour une cause sans avenir parce qu’il manquait à la revendication du sol la légitimité supérieure: le droit du sang. Et cependant: ces révoltés de l’Algérie française, victorieux sur le terrain mais défaits par la politique, ignoraient encore que ce traumatisme les aiderait à transformer une défaite passagère en victoire intérieure, celle-là capitale pour l’avenir. Les plus intelligents, rescapés du ›Front Nationaliste‹, allaient en effet passer sans transition à une vitesse supérieure de la réflexion. Un manuel de réflexion, Pour une Critique Positive, pose dès 1964 les bases de la théorie et de l’action pré-révolutionnaires. Ce sera le Que faire? des Nationalistes. Une analyse sévère et précise des causes de l’échec algérien, la mise à nu des tares de l’opposition nationale, la dissection du mécanisme des événements et des rouages de la société métamorphose d’un coup les motifs d’une révolte contre un régime en principes d’action contre un Système. C’est le premier cocon révolutionnaire. Dans l’approche qu’elle porte sur les événements, les idées et les hommes, la critique positive applique le paramètre du réalisme biologique entrevu à la dimension du monde blanc, autrement dit de la conscience raciale. Ce nouveau paramètre qui transcende dorénavant toute la démarche critique, bouleverse les frontières nationales arbitraires qu’il replace sur leurs lignes de front naturelles: celles du sang, deuxième cocon révolutionnaire. Le réalisme biologique détient en effet la clé déterminante qui permet de saisir et de comprendre tous les points d’appui idéologiques du puzzle religieux, culturel, politique du Système, ses tenants et aboutissants. La conscience révolutionnaire identitaire européenne vient d’éclore, troisième cocon révolutionnaire. La théorie a désormais trouvé ses assises. Merci Dominique Venner!

Le sacrifice aura été lourd: une défaite, des victimes et des tragédies par milliers, des condamnations, des remises en question et des revirements doctrinaux radicaux. Mais la métamorphose est un succès: les rebelles désordonnés, parfois burlesques d’une Algérie française désormais incompatible avec les nouveaux axiomes, ont mué en révolutionnaires d’avant-garde, en une élite capable de juger et d’expliquer les événements parce que maître d’une doctrine de la connaissance, c’est-à-dire maître d’une vue-du-monde. Et c’est cela, désormais, qui comptera.

C’est à cette époque que beaucoup parmi nous sont entrés dans le combat révolutionnaire, comme d’autres, il faut bien le dire, entrent dans un ordre. La foi en la révolution, la vision d’un monde nouveau, la certitude d’incarner une idée juste et nécessaire devenaient le moteur de tout ce à quoi, désormais, nous aspirions: abattre dès que possible un Système qui condamne l’idéal européen d’un type humain supérieur qui voue les masses ahuries au culte suicidaire du métissage, qui déclare hors-la-loi les valeurs les plus élémentaires de l’esprit européen classique: le culte des valeurs viriles, le courage, le goût du risque, l’esprit de discipline et de maîtrise de soi, la loyauté, la fidélité au serment, la soumission au devoir, la noblesse du travail, le mépris du lucre. Rongée par les métastases du Système l’Europe a dégringolé, en un temps record, les marches de l’Olympe et elle n’en finit plus de végéter dans quelques sous-sols Monoprix de la société marchande, tandis que les grands mythes conducteurs de notre culture s’évanouissent dans la mémoire des nouvelles générations à proportion égale des ahurissements multiformes qui les broient, à l’âge judéo-américain qui a troqué Périclès, Faust ou Mozart contre les pitres shootés du show-busness, les zombies en matière plastique repeints en blanc à la Michael Jackson. Puis, au fil du temps, la notion de Révolution s’est encore métamorphosée dans une idée enchanteresse, un peu comme si Merlin l’avait enfouie dans quelque tréfonds de notre conscience, aussi insaisissable et aussi mystérieuse qu’un archétype, à cheval sur la prise de conscience intolérable d’une réalité humaine, politique, sociale, culturelle de plus en plus abjecte – et une vision du monde qui nous emplit, comme un empire intérieur, nous guide et nous oriente à travers les déchets biologiques d’une société moribonde effondrée au milieu de ses ruines que l’on évalue à leur pesant de surconsumérisme adipeux, d’individualisme termitophile, de couardise épidermique, de soumission mécanique, de bêtise cultivée, à force de pousser les ténèbres dans les catacombes d’une Europe qui s’éloigne à pas de métis de son sang, de son esprit et de ses dieux.

La révolution, ironise Dominique Venner, n’est ni un bal costumé ni un exutoire pour mythomanes. Depuis maintenant un demi-siècle que nous ruminons ce mot, nous avons appris à mesurer l’importance qu’il faut donner aux idées, l’efficacité qu’il faut donner à l’organisation et le sérieux qu’il faut consacrer à la tactique et à la stratégie, toutes choses déjà écrites dans Critique Positive, plus actuelle que jamais depuis que des nationaux de carton à la Poujade ou de plastique à la Le Pen n’ont cessé d’illustrer et de confirmer les tares de ce qu’il faut bien appeler la maladie infantile du nationalisme. Mais Révolution n’est encore que le prénom de la révolution identitaire encore à l’affût de l’étincelle qui fera s’embraser le volcan. L’Action Européenne veut être précisément la synergie des ateliers révolutionnaires pour nous équiper de concepts et d’idées qui sont à la Résistance ce que les munitions sont aux armes, pour mieux organiser les moyens de la Résistance, pour mieux renforcer l’efficacité de cette Résistance. Elle veut rassembler tous ceux qui savent que si la nation s’est transformée en fonds de boutique ou en bazar d’Anatolie, l’âme du peuple, son histoire, sa conscience, sa pensée, continuent de palpiter, de battre, de vivre dans l’âme, dans la conscience et dans la volonté de celles et de ceux qui en sont devenus les gardiens et les éveilleurs!

Nous sommes mes amis les éveilleurs de l’âme de notre race et les gardiens de son sang! A ceux qui l’auraient peut-être oublié, rappelons-le: nous sommes en guerre! Une guerre à mort, la guerre du globalisme contre les Peuples, la guerre de l’arbitraire contre le droit, la guerre du nomadisme contre l’enracinement, la guerre de l’or et de la marchandise contre le Sang et le Sol, la guerre des planétariens contre les identitaires. La même guerre, deux fois millénaire, qui commença entre Athènes et Jérusalem et qui se poursuit avec des moyens autrement efficaces et décuplés entre une Jerusalem washingtonisée et une Athènes élargie au monde blanc tout entier. Une guerre de tous les instants, de tous les lieux, de tous les pays qui soumet nos peuples au harcèlement permanent d’un ennemi pluriforme qui parle toutes les langues et porte toutes les peaux, qui colporte tous les mensonges, même les plus invraisemblables, qui s’adonne à toutes les perfidies, même les plus inimaginables, et qui mène, d’un bout à l’autre du globe, la guerre la plus dangereuse, la plus barbare, la plus totale que de mémoire d’homme on n’ait jamais connue. Une guerre qui laisse abdiquer la raison des plus faibles, fait vaciller leurs consciences, endort leurs instincts, leur fait oublier les racines, empoisonne leurs organismes. Guerre politique par le biais des gouvernements au pouvoir et des partis à la laisse du pouvoir; guerre juridique, par le biais de magistrats métamorphosés en inquisiteurs; guerre répressive par le vote de lois de plus en plus arbitraires; guerre professionnelle, par le biais des dénonciations qui mettent en péril les salaires; guerre publicitaire généralisée qui fait la promotion du métissage à tous les degrés et à tous les endroits, sur l’affiche du métro comme dans la salle d’attente de la gare, dans le catalogue de la Redoute ou le prospectus du supermarché, le commentaire du musée ou la lettre pastorale du village; guerre nutritionnelle et énergétique que mènent des sociétés criminelles à la Monsanto, qui pillent les ressources pour imposer des aliments manipulés; guerre médiatique de la presse écrite, parlée, télévisée; guerre culturelle par le biais du cinéma, du théâtre, de la peinture, de l’architecture ou des arts en général, lesquels ne sont plus valorisés pour leur qualité intrinsèque mais admis ou refusés selon qu’ils sont ou non ›politiquement corrects‹; guerre pédagogique qui soumet les enfants au pilonnage des éducateurs du Système; je vous ferai grâce du sermon du dimanche auquel, vous avez, j’espère, militants identitaires, le privilège insigne d’échapper!

1. La révolution identitaire – son nom l’indique – sera d’abord une révolution du Sang et du Sol. Le Sang est l’alpha de la vie d’un Peuple et de sa culture mais il peut devenu aussi l’omega de sa dégénérescence et de sa mort si le peuple ne respecte plus les lois naturelles de son homogénéité. Le sol est le corps spatial du Sang dont il importe de circonscrire les frontières et d’assurer la protection. L’éthologue de pointe Irenäus Eibl-Eibesfeldt le dit clairement: les ethnies obéissent, pour se développer et pour survivre, à des mécanismes d’auto-protection identitaire et territoriale qui sont le moteur de l’évolution. La révolution identitaire sera une révolution ethnopolitique qui bouleversera les données habituelles de la géopolitique. Car nous sommes conscients d’appartenir au même phylum génétique, quelles que soient ses variantes germaniques, celtiques, grecques, romaines ou slaves. Eibl-Eibesfeldt est là aussi catégorique: la population européenne est encore, aux plan biologique et anthropologique, homogène et parfaitement bien caractérisée.

2. La révolution identitaire sera une révolution religieuse, parce que fidèle à la plus longue mémoire indo-européenne, et culturelle, parce que organique et enracinée par opposition à la civilisation planétaire égalitariste américano-occidentale, civilisation cosmopolite du capitalisme apatride et sauvage, de l’économie et du matérialisme érigés en valeur absolue. Une civilisation qui a décrété, ignominie suprême, par un retournement spectaculaire des valeurs européennes, que le destin des hommes, dorénavant, serait assujeti à celui des marchands!

3. La révolution identitaire sera une révolution écologique qui mettra fin au mythe mortifère de la croissance continue qui fait courir le monde à la catastrophe et qui est, pour reprendre une phrase de Gustave Thibon le propre des chutes plus que des ascensions. Favorable à la théorie de la décroissance, elle s’emploiera à mettre un frein radical aussi bien à la surconsommation absurde qu’au néo-barbarisme de l’exploitation inconsidérée qui saccagent et polluent l’environnement, épuisent les ressources, menacent la santé. L’environnement n’est pas seulement un espace de vie, l’environnement donne un sens à notre vie. Il est à notre corps, à notre esprit et à notre âme ce que sont les arbres pour la forêt.

4. La révolution identitaire sera une révolution économique: nous sommes tous conscients que le capitalisme apatride et marchand est une des têtes du Mal absolu. Il faut trancher impérativement cette tête monstrueuse si l’on veut rendre justice aux hommes et à la terre. Nous déclarons la guerre à l’évangile du Profit et nous condamnons le veau d’Or à l’abattage. Le socialisme „qui est pour nous l’enracinement, la hiérarchie, l’organisation“ commence, là où finit le marxisme, constatait Moeller van den Bruck. Pour ajouter qu’il „ne peut être compris qu’en se plaçant à un point de vue juif. Ce n’est pas par hasard que tous les traits de Marx sont mosaiques, macchabéiques, talmudiques“. Le libéralisme qui „a miné les civilisations, détruit les religions, ruiné des patries“ a pris la relève du marxisme. Le cosmopolitisme continue l’internationale, les technocrates ont pris la place des bureaucrates et ce sont, encore et toujours, les mêmes lobbies macchabéiques qui continuent d’exploiter la planète et d’assujetir les peuples. La révolution identitaire saura s’inspirer du socialisme français dans la tradition de Proudhon et de Sorel et du socialisme allemand organique. Ce socialisme identitaire, sera, mes amis, le principe du nouvel Empire européen, fondé sur une définition de l’homme dans laquelle l’éthique de l’honneur, le courage, l’énergie, la loyauté, le civisme retrouveront les rôles naturels qu’ils ont perdus. Le socialisme identitaire, au service exclusif de la Communauté du Peuple, sera consubstanciel de l’économie organique, elle-même conçue comme un organisme vivant et hiérarchisé, soumis à la volonté du Politique. Voilà pourquoi notre révolution sera une révolution ethno-socialiste! C’est à Pierre Vial que nous devons cette définion.

Je décèle dans l’immédiat 3 priorités majeures:

1. La création d’une Académie Identitaire.

2. La coordination d’actions communes dans tous les pays où notre mouvance a pris pied. Eugène Krampon propose aussi la création d’un Komintern identitaire.

3. Pour être opératifs demain, il est impératif que les Lois du nouvel État soient déjà formulées. Des spécialistes du Droit Constitutionnel peuvent déjà formuler les axiomes et les lois du nouveau Droit identitaire. Y compris les chefs d’accusation qui permettraient d’assigner devant les nouveaux tribunaux les apprentis sorciers du métissage organisé.

Sachons être donc la minorité agissante qui a compris, comme le disait Maurice Bardèche, que „cette tâche immense nécessite un vaste outil de travail de préparation et de formation“, qui a su forger une conscience révolutionnaire, qui sait que „rien ne sera fait tant que les germes du régime ne seront pas extirpés jusqu’à la dernière racine“, tant que l’on n’aura pas expliqué „au peuple combien on l’a trompé“, et comment on le mène sur le bûcher de son éradication raciale; la minorité agissante „pénétrée d’une nouvelle conception du monde“, maîtresse d’une doctrine claire qui réussit à convaincre les plus incrédules par „sa mystique, son exemple, sa sincérité“, qui enseigne „un ordre politique fondé sur la hiérarchie du mérite et de la valeur et qui apporte une solution universelle aux problèmes posés à l’homme par la révolution technique“. (Critique positive) Devenons pour cela les nouveaux corps francs de la Révolution, soyons les éveilleurs de notre peuple, forgé par le même sang, soudé dans la même volonté, uni autour du même destin! Le défi est immense, certes, à la limite de la raison, mais qu’importe, mes amis, car c’est de cette folie que la sagesse accouche, c’est de cette volonté que la vie se garde et c’est de ce désespoir que rejaillit l’espérance!
À condition de le savoir, à condition d’y croire, à condition de le vouloir.

Aussi: debout mes frères,
il faut agir, aujourd’hui si nous voulons,
demain, la victoire de la Reconquista!

Pierre Krebs

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Depuis hier soir, ce chant ne cesse de résonner en moi. Je ne puis le chasser de mon esprit :

L’air vibre du son exquis de la Vina…

Au cœur du blanc lotus, dans la nuit argentée,

Dans le sombre nuage, dans les noires ténèbres,

Dans le parfum des fleurs, j’entends monter sans fin,

Du tréfonds de l’Amour, les accords de la Vina.

De la terrasse je contemplais les étoiles et ce vers chantait en mon âme : « L’air vibre du son exquis de la Vina… » Ce n’est pas là simple parole de poète, fioriture de langage. Le jour, la nuit, partout dans l’immensité de l’espace et du temps, tout frémit d’une musique incessante.

Hier l’Eternel Musicien emplissait du Chant de Sa Vina, la solitude et les ténèbres de la nuit sans lune; et moi, seul à l’orée de Son univers, j’écoutais. Dans un ciel illimité, le Jeu divin faisait vibrer les étoiles et les tissait en une symphonie aux notes inaudibles.

Plus tard avant de m’endormir, je me dis que, lorsque je sombrerais dans l’inconscience du sommeil, le Suprême Concertiste, éveillé au coeur de la nuit, ne mettrait pas fin à Son Jeu, qui fait se mouvoir à l’unisson les multitudes de constellations. En cet orchestre vivant qu’est mon corps, Il entretiendrait au fil des heures, les pulsations de la vie et les battements cadencés de mon coeur. Le sang danserait dans mes veines et, dans mon être entier, des milliards et des milliards de cellules palpiteraient sans trêve au rythme de la musique et des sphères.

Le Maître de cette musique immortelle place en nos mains une vina, reflet de la Sienne, afin que nous apprenions à interpréter notre propre partition en union avec Lui. Dans  Son Amour, Il a formé le dessein de nous faire tous participer à Ses côtés au Grand Concert cosmique. Mais, si la vina de notre vie est de dimension réduite, combien variées sont ses cordes ! En accorder les notes multiples n’est pas une mince tâche. Quand l’une sonne juste, l’autre grince. Quand l’esprit exhale un pur arpège, le corps produit un son discordant. Et si, un jour, une harmonie se crée, elle se rompt le lendemain. Cependant il n’est pas question de crier grâce !

Mais un moment viendra où se fera entendre, tout au fond de nos cœurs, la voix du Seigneur louant nos efforts. Nous aurons enfin appris à faire chanter pour Lui notre instrument sur tous les modes possibles. Pour l’instant efforçons nous de régler, sans faillir, la tension de chacune des cordes; distendues, elles ne produiront qu’une irritante cacophonie. Laissons-les aussi résonner librement : si le moindre poids les écrase, la vina de notre être se taira. Par ailleurs, pour que le son en demeure clair et pur, veillons à ce qu’elle ne s’encrasse ni ne se rouille. Enfin, adressons chaque jour cette prière au Maître de toute musique : »O Seigneur ! Puisses-Tu transmuer nos dissonances en une mélodie parfaite ! »

(Rabindranath Tagore, in « La Demeure de la Paix« )

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« Depuis plus de cinquante ans je m’entends accuser de pessimisme et même de délectation morose. Et pourtant, je me trouve à soixante-sept ans bien plus frais d’esprit et de corps que mes optimistes détracteurs. Il doit y avoir une raison. Celle ci me semble simple : les illusions sont traumatisantes et le seul moyen de ne pas avoir de désillusions est de rejeter librement toutes les illusions, sans attendre que l’expérience nous les arrache.

Toute forme de peur engendre une crispation et toute crispation un vieillissement. Quiconque a rejeté les illusions a les pieds sur le roc. C’est lui qui reste d’aplomb quand tout croule autour de lui. Ni les triomphes de la canailles, ni les graves déséquilibres mondiaux ni la diffusion massive en Europe de la répression du melting-pot, ni les désastres écologiques ne m’ont entamé parce que je les attendais depuis des décennies. Ma foi invulnérable en l’avenir venait du fait que je ressentais tous ces désastres comme les œuvres inévitables de celui que Nietzsche appelle « le dernier Homme », de cette crapule gouailleuse qui va du salarié moderne qui ne veut plus rien connaître de sa condition, à l’homme d’État qui « manœuvre à vue ».

Mais il faut le voir clairement : nous avons à faire à une civilisation qui n’a pas la moindre chance de s’en tirer. Ce ne sont pas des poètes, ce sont des économistes, des savants qui le voient. A leurs analyses économiques et écologiques il faut ajouter la perte de la plus importante spécificité humaine : la perte du langage. Il est vraiment cocasse d’écouter les propos des ministres sur ce thème. Je ne parle pas seulement des tout derniers ministres mais bien de ceux qui se succèdent depuis cinquante ans. Leur aveuglement est total et pas un seul d’entre n’a abordé les vrais problèmes : l’urbanisation excessive, le délabrement familial, les interrogations enfantines confrontées au nihilisme ambiant, l’angoisse « atomique » et « économique » qui apparait aujourd’hui avant la puberté, la puberté maladivement avancée par la publicité érotique, le bruit, la déculturation des programmes, la perte de l’identité ethnique et culturelle, l’utilitarisme à l’aveuglette…

L’espoir, le seul espoir est aujourd’hui de survivre aux guerres internationales et civiles qui ne peuvent manquer de se produire. Il y faut une énergie exceptionnelle et de l’habileté. Mais il faut surtout être porté par une grande vision. Une froide analyse du présent, si elle n’accrédite pas le Surhomme nietzschéen comme une certitude, montre pourtant qu’il est la seule espérance qui ne soit pas absurde.

Alors jeunes amis, aucun faux pas ! Sachez porter les masques nécessaires, vous garder le cœur chaud envers vos frères en espérance et un cœur de glace envers le « dernier Homme ». »

Robert Dun, Une vie de combat.

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« La brume se déchire sous les rayons d’un chaud soleil; elle s’évapore rapidement dans l’air bleu. Le monde des Hommes réapparaît; un pont sur la rivière, les peupliers, les routes reviennent à l’existence dans une lumière bleu-rose, délicate, pastel. Des colombes tournoient joyeusement, venant des pigeonniers du village de Cénac, qui me reste invisible sous les falaises; et tout compte fait le monde de Hommes me demeure lointain et me parvient surtout comme une sourde et vilaine rumeur, obstinée, assez puissante aujourd’hui, car c’est probablement le dimanche de Pâques, et de petites autos, chargées de familles ravies de profiter du beau temps, passent rapidement sur le pont, dont les arbres se reflètent maintenant dans une eau très bleue, parfait miroir du ciel.

A nouveau, je ressens intensément mon isolement, mon désaccord avec une race usée. Ces gens vont à leurs petites affaires qui ne sont pas les miennes; et s’il faut m’exaspérer davantage, une cloche sonne à toute volée, cette fois ci du côté de Vitrac. Là-bas, des gens iront adorer faiblement, car le christianisme s’achève…

Aussi ne puis-je que bénir le hasard qui me donne un pur sanctuaire sur une discrète prairie inconnue des humains, un autel de pierre où je peux adorer la Lumière, et, secrètement, rendre un culte à l’Energie Primordiale. Et pourquoi donc secrètement ? Le temps est venu de tenir tête aux Hommes, presque ouvertement ! Sur ma prairie persiste une exquise odeur d’encens; les stupides cloches de Pâques achèvent de me pousser à la provocation : ici même, chaque jour, j’adorerai l’Univers sans me cacher aucunement ! Des fumées monteront vers le soleil. »

François Augiéras, Domme ou l’essai d’ocupation.

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A la faveur d’un rangement dans mes étagères, je suis tombé sur ce vieux bouquin de Jean Plumyene et Raymond Lasierra, « Le complexe de droite » . Et je suis retombé sous le charme de ce petit trésor d’humour et de lucidité qui s’attache à dresser, comme son titre l’indique,  à partir d’un « groupe de représentations affectivement chargé, avec une tendance à la répétition », le portrait du jeune homme de droite archétypal … en 1969 (mais je ne suis pas sur que grand chose ait changé). Le choix du texte est arbitraire, il concerne les « Chevaleries »:

« On peut dire qu’il a fier allure, cet archétype . Sous le heaume le visage est impassible. Le regard est fixé au loin sur les sables du désert, guettant l’apparition tumultueuse des Sarrasins se ruant vers la Terre Sainte. Dans sa main droite il tient l’épée, symbole phallique de la civilisation occidentale, qu’il s’apprête à croiser avec le cimeterre dont la lame courbe évoque le croissant lunaire, emblème des lointaines civilisations maternelles des bords de l’Euphrate. Immobile, vigilant, ce chevalier mythique monte la garde à la frontière du royaume du Père.
Et toi Tristan, tu poses ton front contre la vitre de ta chambre de jeune homme dans l’appartement familial du XVIe arrondissement. Tu ne guettes rien. Tu viens d’être recalé à ton bac. Tu as peur d’être un raté. Ton père te méprise. Ta mère essaie de te consoler, ce qui est pire. Ta petite amie Iseult sort avec un futur polytechnicien.
Ne désespère pas.
Tu as l’âge de Perceval. Rater un examen, ce n’est pas une tragédie. Une peau d’âne, ça ne vaut rien comme armure. Engage-toi dans les paras. Rejoins la milice céleste. Tu seras accueilli par les trois saints de la chevalerie aéroportée : Saint Michel qui terrassa le démon, Saint Georges qui transperça le dragon et Saint Exupéry vainqueur du sirocco. Tu iras combattre l’ Infidèle, là où il se trouve, en Orient ou en Afrique. Tu protégeras ta patrie, la France, ta Mère.
Vous l’avez compris : ce chevalier archétypal représente le fils révolté contre l’autorité paternelle. Furieux de se sentir écrasé par son Père et de se voir interdire la possession de la Mère, il brandit son épée, symbole viril par excellence. Mais en même temps il admire ce Père. Il n’ose pas s’attaquer directement à lui. Il détourne son agressivité sur d’autres ennemis. Pour ne point tuer Arthur, les chevaliers de la Table Ronde se lancent dans la quête du Graal. Pour ne pas tuer son père, le Fils s’enrôle dans une phalange. Comme ces cadets de Gascogne qui entraient dans les Mousquetaires du Roi. Ce faisant, par un  étrange paradoxe, il se met encore au service du Père, qui pour s’en débarrasser, l’envoie à la mort dans quelque lointaine expédition. Tel Roland à Roncevaux .
La France d’aujourd’hui abonde en chevaliers imaginaires. Ils ne portent plus d’armure, seulement parfois un gilet, dernier vestige de la cotte de mailles. On les reconnait à je ne sais quoi d’un peu raide, d’un peu solennel dans leur allure ou dans leur prose. Ils n’ont pas le sens de l’humour. Ça se comprend. Il y a tant de choses qu’ils abhorrent dans le monde moderne. »

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« Un des grands malheurs des hommes qui n’aiment pas la démocratie est assurément qu’Hitler commença son action politique avec neuf camarades dans le sous-sol d’une brasserie. Trop d’excellents garçons en ont conclu qu’avec une demi-douzaine de copains et une ronéo, ils allaient, eux aussi, s’emparer du pouvoir. Clarence malgré son emportement de néophyte, était un garçon courageux et estimable. Il avait osé sacrifier sa carrière et son confort pour protester violemment contre le procès de Nuremberg, indignation imprudente à cette date. Il se donnait tout entier, sans argent, sans appui, à un apostolat difficile et sans espoir. On ne rencontre pas si souvent des hommes de cette trempe. Pourquoi faut-il qu’ils aient presque tous en eux une prédisposition à un despotisme jaloux et implacable ? J’ai connu, après Clarence, beaucoup de « fascistes », car la race n’en est pas morte. Les uns avaient des bottes, ils connaissaient les runes et campaient aux nuits du solstice pour chanter sous les étoiles les beaux chants graves de leurs aînés. Les autres n’avaient pas de bottes, ils dressaient sévèrement leurs têtes maigres de réformateurs, portaient des lunettes, collectionnaient des fiches et faisaient des discours furieux. Tous étaient pauvres, ils croyaient, ils combattaient, ils détestaient le mensonge et l’injustice. Leurs journaux étaient éphémères, leurs revues n’avaient pas de lecteurs, leurs réunions ne déplaçaient pas la foule, mais tout cela n’était pas ridicule, car ces pierres dont ils semaient leur chemin, elles étaient si brillantes de leur volonté, de leur foi, de leur espérance et aussi de leur pauvreté qu’elles étaient comme des lumières qui nous enseignaient la voie du courage, de la ténacité, de l’espérance. Il n’est pas un parti qui n’eut été fier et riche de tels hommes. Pourquoi faut-il qu’ils aient tous, au fond d’eux mêmes, comme Clarence,une si grande envie de couper les têtes, et, pour commencer, celles de leurs propres partisans ? Ils ont trop souvent le même despotisme intellectuel. Ils brandissent comme lui la foudre et le couperet. Ils ne connaissent pas assez le prix de la tolérance et de sa nécessité dans l’action. S’ils avaient un jour cent mille hommes derrière eux, pensent-ils qu’ils auraient cent mille regards reflétant leur cervelle ? Le ver de la discipline les détruit comme le termite ronge les poutres. A les voir si absolus, je ne suis pas trop rassuré sur ce qu’ils feraient s’ils pouvaient un jour tailler dans la pâte humaine. »

Maurice Bardèche, Suzanne et le taudis.

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Les chrétiens nous ont sciemment coupés de notre antiquité. Il ne nous est parvenu qu’un dixième de l’œuvre d’Eschyle, presque rien de Pythagore. Les transmetteurs possibles ont été assassinés, comme les Pythagoriciens d’Alexandrie, brûlés vifs, comme la mathématicienne et prêtresse Hypatie déchiquetée à coups de tessons de verre par la racaille chrétienne excitée par l’évêque Cyrille (canonisé). Ceux qui nous sont parvenus : Socrate, Platon, Aristote notamment, sont en fait des pré-chrétiens, négateurs de la réalité du monde sensible et de la valeur de la vie, ou des impasses de l’évolution comme les stoïciens dont l’héroïsme se situe sur fond de désespoir et de recours au suicide (il est dur d’être asservi à la nécessité, mais je ne vois pas la nécessité d’y rester asservi). Tout ce qui pouvait gêner l’implantation du judéo-christianisme, l’essentiel de notre âme a été anéanti.

[mais aujourd’hui] nous assistons à la phase finale de l’échec total de toute la philosophie judéo-chrétienne, tant dans sa version religieuse que dans sa version athée, tant au plan culturel qu’économique et politique.

Être révolutionnaire de nos jours, ce n’est pas seulement vouloir un changement socio-politique. C’est surtout savoir qu’il n ‘y a plus de solution pré-catastrophique, qu’il n’y a rien à attendre d’aucune idéologie, d’aucune proposition autorisée par le système, qu’il ne faut plus compter sur l’école pour instruire nos enfants, que l’appareil médiatique, tout autant que le politique, ne peut compter que des carpettes des lobbies, complices même à travers leurs infectes chamailleries, que le corps médical est gangrené et le lobby pharmaceutique des plus dangereux, que l’EDF est un État dans l’État, fauteur de gaspillage systématisé, d’information truquée, de danger atomique, que tout ce sur quoi on feint de nous informer est en fait un système qui consiste à nous faire raisonner sur des problèmes dont les données sont falsifiées, une comédie montée pour nous faire croire que c’est nous qui nous trompons lors de nos choix électoraux, alors que tous les candidats sont complices pour taire et falsifier les données fondamentales des plus graves problèmes.

Il n’y a plus de salut général possible, mais reste la possibilité des radeaux de sauvetage. C’est précisément ce que veut empêcher la crapulocratie (…). Il faut passer outre [et créer des réseaux de survie, en précisant] que la survie ne signifie pas une agonie plus lente que celle des autres, mais un nouveau départ optimiste selon une perspective millénaire (…). Tout est encore possible pourvu que nous soyons lucides et de volonté inébranlable.

Robert Dun

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DRUIDE2

Je ne suis qu’un maillon de l’invisible chaîne

dont Esus, pour toujours, a soudé les maillons.

Je ne suis qu’une feuille au front du vaste chêne,

Que diadème encore le rameau de Gwyddon.

Tout enfant j’ai suivi les leçons de nos sages,

Écouté les propos et recueilli les chants.

Ma mémoire fidèle a transmis leur message

Des monts calédoniens aux îles du couchant.

Je ne suis qu’un chaînon de la chaîne invisible,

Je ne suis qu’un écho des vieilles vérités.

Si mes maîtres, prudents,n’ont pas laissé d’écrits,

Leur voix parle à tout cœur de l’écouter.

Bien des étés ont lui, bien des hivers neigé,

Depuis que j’ai reçu les dons qui ne s’accordent

Qu’aux porteurs de l’Awen : l’anneau de fer forgé,

La coupe rituelle et la harpe à neuf cordes.

Pèlerin jamais las de la terre celtique,

Bien des étés ont lui depuis les jours lointains,

Où j’allais consulter les oracles antiques,

Des rivages de l’ambre aux îles de l’étain.

J’ai chanté mes espoirs et j’ai chanté mes rêves,

J’ai chanté les héros, honneur du vieux pays.

Sous les coups du destin comme sous ceux du glaive,

Mon cœur n’a pas tremblé, mon chant n’a pas faibli.

Tout jeune encore j’allais, interrogeant les sages,

Méditant les conseils et recueillant les chants.

Les aïeux m’ont légué, transmis du fond des âges,

Les secrets arrachés autrefois aux géants.

Je sais des chants d’espoir et des chants de détresse,

Des chants pour le combat, des chants pour le festin.

J’ai chanté les secrets de l’antique sagesse,

La gloire des héros et les jeux du destin.

Je suis un chaînon de la mystique chaîne

Et j’attends seulement, car mon heure est prochaine,

L’enfant blond que Gwyddon a marqué de son sceau,

Pour lui rendre la coupe, la harpe et l’anneau.

André Savoret

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druide 11

Puisqu’il vous plait, vieillards, d’écouter en ce jour

Celui dont vos leçons ont formé la mémoire,

Je chanterai, d’abord, Druides, votre histoire.

Avant qu’ils aient, ici, fixé notre séjour

Vos ancêtres guidaient, déjà, les guerriers Blancs,

De la terre de l’Ourse à celle de l’Elan !

Du froid Septentrion jusqu’à la Cisalpine,

Au long du Rhin sacré, du Danube et du Pô,

Survit le souvenir des porteurs de flambeau :

Huon, qu’on nomme Swan aux pays scandinaves,

Widdon, l’omniscient, Catuvolcos, le brave,

Cent autres, devant qui notre respect s’incline !

Puisqu’il vous plaît, vieillards, d’écouter le disciple,

Je chanterai les dieux de la terre et du ciel :

Salut à Teutatès, le Père Universel,

Ineffable unité qui n’a point de multiple ;

Salut aux dieux puissants des sphères éthérées :

Cobledulitavos, soleil d’Hyperborée,

Erca, Bélisama, reine du firmament,

Taranis, dur géant aux poings chargés d’orages,

Ségomon, jamais las de meurtre et de carnage,

Hu, Clavariatis à la harpe d’argent,

Sucellos, gouverneur de l’abîme béant,

Et Bélatucadros, seigneur des éléments !

Puisqu’il vous plaît, vieillards, d’écouter mes discours,

Je veux encor chanter la génèse des mondes :

Avant les soirs pourprés, avant les aubes blondes,

Avant l’ombre des nuits et la splendeur des jours,

Le Verbe créateur, époux de Kerridwen,

Apparut, flamboyant, aux yeux de Menou-Hen !

Et le fils des Trois Cris, le premier Ogmios,

Sur l’ombilic sacré grava les vieilles runes :

Il chanta le Chaos, le soleil et la lune,

Le gouffre originel et le triple cosmos,

Les transmigrations du pélerin des mondes,

Les cieux éblouissants et la terre féconde !

Vieillards, portant au front le sceau de Menou-Hen,

Accueillez, en ce jour, un porteur de l’Awen !

.

André Savoret

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dscf0672
« Le crépuscule lutte victorieusement contre la faible nuit. Un soleil rouge baisse lentement sur les forêts très roses. Dans une lumière chaude et dorée, le voici donc le vaste Sarladais, tout incliné, ce soir, vers le proche soleil de l’équinoxe d’été. Le monde est beau plus qu’à l’accoutumée ! Les Hommes quant à eux, ne le regardent pas,, occupés qu’ils sont à bâtir sur une place un bûcher, avec une morne joie de bourreaux de funèbres bois de justice.
Et pourquoi donc seraient-ils gais ces lâches ? Des bas quartiers de la ville monte une sale rumeur de 14 juillet ; un prêtre viendra, tout à l’heure, bénir, sanctifier, tolérer… une discrète fête en l’honneur de l’apogée des Forces du Monde. Quand on accepte d’être à ce point berné, trahi par une religion étrangère à l’Europe, je comprends qu’on soit triste. Que des gens qui sont, pour la plupart, des paysans, ou des villageois restés proches de la terre, liés par toutes les fibres de leur être à la terre-Mère, aux moissons, aux noces, aux accouplements… le plus souvent très libres, à l’élan de la végétation, acceptent que leur fête à eux, celle des valeurs qui sont les leurs, soit travestie en fête d’un Évangéliste à moitié fou qui vaticina dans l’île de Patmos est un spectacle affligeant qui me porte à la haine.
astresLancés par des gamins, des pétards claquent sur le pavé des rues; on va vers le bûcher dans une sale odeur de poudre à bon marché. Pauvres gens, braves bougres dépossédés par le Christianisme de toutes les croyances qui furent leur raison d’être, leur joie, leur dignité, et au profit de quelle religion ! Celle d’un Christ qui n’a jamais existé que dans l’imagination de quelques névrosés. Jésus : un menuisier qui aborde les gens dans les rues de Jérusalem, en leur soufflant à l’oreille : tu viens, tu m’aimes… comme un Nord-Africain sans travail faisant le tapin, à la tombée de la nuit, dans les ruelles de Marseille ! Une sagesse antique lentement, saintement élaborée en plusieurs millénaires, le très ancien message des Dieux du Ciel détruits, discrédités par une religion résiduelle, qui n’est qu’une Reader’s Digest des grandes initiations. La race blanche saignée à blanc dans ses valeurs profondes; une sagesse antique, un message primordial sauvés partiellement, de siècle en siècle, par les juifs initiés, par Nous, par les alchimistes et les sorciers de village, torturés à mort, brûlés vifs, réduits au ghetto ! Toutes les archives jetées au feu, les dolmens renversés ou surmontés d’une croix sacrilège, le souvenir de la primhistoire divine des Hommes Anciens et des Fils des Astres perdu volontairement, toute connaissance des mystères sacrés frappée d’interdit ! Et , le plus triste, c’est que « ça » a réussi ! Le Christianisme partout en régression et qui s’achève lamentablement de Concile en Concile, a réussi, en deux mille ans, à pourrir la race blanche, à lui faire perdre le sens du Sacré, à le couper définitivement de l’Univers-Divin, à le rendre bassement athée, matérialiste, vulgaire, à l’empêcher de poursuivre son évolution cosmique. Le Christianisme a châtré la race blanche dans ses rapports avec les Forces du Monde. Il a fait de l’homme blanc un eunuque face à l’Univers ! Quand on parle des tabous sexuels chrétiens et des multiples interdits qu’il inventa du fait de sa nature foncièrement névropathe, jointe à sa filiation avec la pensée puritaine hébraïque, on pense à son mépris de la femme, à sa condamnation de l’amour des garçons ; on se souvient vaguement de la condamnation de la « bestialité » dont le souvenir s’estompe dans les brumes du moyen-âge. Mais le plus grave interdit sexuel chrétien est absolument ignoré; il est cependant sous-jacent, invisible, inconnu mais présent. Le plus grave interdit sexuel judéo-chrétien est celui-ci : tu n’auras pas de relations amoureuses avec les Forces du Monde, tu n’aimeras pas l’Univers ! Car, jadis, les humains ont aimé l’Univers… Le nécessaire a été fait pour qu’ils en perdent à jamais le divin souvenir. Le : tu n’auras pas d’autre Dieu que Iaveh, tu n’adoreras pas les étoiles, tu seras soumis à la Loi, fût-elle, dans le cas du message de Jésus de Nazareth, composée de vin aigre et de fiel jetés dans de vieilles outres sales qui dataient de Moïse, toute la pensée judéo-chrétienne n’a qu’un but : interdire toute relation cosmique, nier le caractère vivant de l’Univers, interdire la sexualité sacrée, effacer à jamais le souvenir du passage des Fils des Astres, et de leurs amours avec les Filles des Hommes : tu n’auras pas d’enfants à la ressemblance des Dieux du Ciel. L’Islam continua ce même travail haïssable : isoler l’humanité, la réduire à n’être que terrestre… jusqu’au désespoir.
feuPar curiosité je me suis mêlé à la petite foule qui s’agglutine sans joie autour du bûcher. Le plus triste à voir, à entendre, ce sont les essais de gaîté; des drilles, qui se veulent joyeux, lancent de sottes plaisanteries qui ne rencontrent aucun écho; des rustres, qui ont à défendre une solide réputation de boute-en-train, datant des années trente, n’ont pas meilleur succès. On a l’impression que ces pauvres gens s’efforcent vainement de se souvenir du temps où les feux du solstice d’été chantaient les noces de la terre et des astres, le retour des morts et les futures naissances, le souvenir des Dieux ! La foule est morne; on attend monsieur le Curé. Des enfants courent ici et là en riant, bousculent les gens; ils sont brutalement rappelés à l’ordre; des claques sonnent; j’ai l’impression de les recevoir en plein visage, elles me font mal. J’ai la certitude, un instant, le temps d’une lueur, qu’on tape sur les gosses pour les empêcher de se souvenir de quelque chose, qu’ils sont sur le point de retrouver ce soir, qu’ils savent d’instinct : que l’Univers est vivant, que Jésus n’a jamais existé, que l’Univers, c’est Dieu. »
François Augiéras : « Domme ou l’essai d’occupation »
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