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Georges de Villebois-Mareuil est né en 1847 à Nantes. Il fut aussi brillant dans l’art militaire que dans l’art littéraire. Originaire du Périgord, implantés en Mayenne, au château de la Guénaudière, à Grez-en-Bouère les Villebois-Mareuil furent anoblis par Philippe-Auguste sur le champ de bataille de Bouvines en1214. Depuis lors, à chaque génération, la famille donnera sa part d’officiers à la France.

Pendant la guerre de 1870, Georges de Villebois-Mareil commande une compagnie de chasseurs à pied avec laquelle il reprend le pont de Blois le 28 janvier 1871, haut fait qui lui vaudra d’être gravement blessé.

Nationaliste d’Action Française, il n’hésita pas à démissionner de l’armée malgré une très brillante carrière, encore pleine de promesses. Animé de forts sentiments anti-britanniques, il rejoint les Boers (prononcer ‘bour’)au Transvaal, et commande la légion des étrangers, sorte de Brigades Internationales contre la perfide Albion, qui participent en Afrique du Sud à la guerre contre les Anglais. Il est le plus connu des Français qui combattirent les Britanniques et l’impérialisme capitaliste aux côtés des Boers.

Il faut se souvenir que les Anglais opprimèrent les Afrikaners au point de les parquer dans des camps cerclés de barbelés, premiers camps de concentration de l’histoire, les laissant mourir de faim et de maladies, dans le but d’assoir leur suprématie sur cette région du monde. Villebois -Mareil est nommé général par le président sud-africain Krüger en mars 1900. Dans ses notes, il conte sa guerre des boers, dont il admire la fougue et le courage, mais dont il regrette l’individualisme ombrageux et indiscipliné qui conduit à des sacrifices inutiles. Observateur impartial, homme de style, sobre et précis, il ne néglige pas la poésie des êtres et des paysages flamboyants qui l’entourent. Au Boshof, le 5 avril 1900, suite à une trahison, le petit détachement qu’il commande est encerclé et exterminé par les Anglais. Son corps est transporté au cimetière de Boshof, où les Britanniques lui rendent les honneurs. D’abord inhumé à Boshof, sa dépouille a été transférée en 1971 au cimetière militaire de Magersfontein.

 

Lire les ouvrages du Professeur d’africanisme B. Lugan sur l’Afrique du Sud,

Histoire de l’Afrique du Sud, de l’Antiquité à nos jours, Perrin (librairie Académique) ISBN : 2262004196; La guerre des Boers 1899-1902, Perrin (librairie Académique) ISBN: 2262007128

lire également son article dans la Nouvelle Revue d’Histoire de Mars 2006 sur les proconculs d’Afrique Australe, Cecil Rhodes et A. Milner.

Ouvrages de Villebois-Mareuil:

Cour martiale, souvenir de l’Armée de la Loire en 1870 (1888), Sacrifiés (1895), sous le pseudonyme de G.Simmy), Au-dessus de tout (1897), Carnets de campagne (1902) Société d’Editions Littéraires et Artistiques, (Paris), Le colonel de Villebois-Mareuil et la guerre Sud-Africaine, Mame (Tours).

source

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« Du 2 décembre 1908 au 17 février 1909, se développe « l’affaire Thalamas », du nom d’un professeur du lycée Charlemagne qui avait insulté la mémoire de Jeanne d’Arc devant ses élèves et qui a été chargé de donner une série de cours à la Sorbonne sur La pédagogie de l’Histoire. C’en est trop pour l’Action française qui chaque mercredi – jour où officie Thalamas – appelle à manifester contre le professeur indigne :

* lors du premier cours, le 2 décembre 1908, étudiants et camelots envahissent l’amphithéâtre Michelet et mènent un tapage d’enfer. Maxime Real del Sarte inflige à Thalamas une paire de gifles. Celui-ci s’enfuit ; les jeunes gens quittent la salle, se répandent sur le boulevard Saint-Michel, rompent les barrages de la police, franchissent la Seine, et arrivent à la statue de Jeanne d’Arc, où ils déposent une gerbe de fleurs

* Les 9 et 16 décembre, mêmes manifestations

* Le 23, voulant réhabiliter Jeanne d’Arc, Maurice Pujo a entrepris de lui consacrer un cours libre en pleine Sorbonne, au sein de l’amphithéâtre Guizot et trace devant ses auditeurs un tableau historique. Il compare ainsi l’état de la France au XVe siècle avec celui de son temps

* Le 17 février, les camelots se sont enfermés dans la Sorbonne et, à l’heure du cours de Thalamas, ils pénètrent dans son amphithéâtre. Ils étendent l’insulteur de Jeanne d’Arc sur la chaire, relèvent sa redingote et lui administrent une fessée mémorable. Il n’y aura pas d’autre cours de « pédagogie de l’Histoire »…

Toutes ces actions, et bien d’autres, se soldent par de nombreuses arrestations et condamnations par des magistrats qui ne manifestent aucune mansuétude à l’égard des camelots. »

(source : http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-affaire-Thalamas )

bel exemple qu’il serait bon de suivre aujourd’hui !…

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« Le 7 février [1934], dans l’après midi, un fidèle de l’Action Française, Pierre Lecoeur, entrait fort animé dans la grande salle de notre rédaction et allait droit à Maurras, qui était en train d’écouter trop galamment le caquetage d’une pécore du monde :

« Maître, Paris est en fièvre. Il n’y a plus de gouvernement, tout le monde attend quelque chose. Que faisons-nous ? »

Maurras se cambra, très froid et sec, et frappant du pied:

« Je n’aime pas qu’on perde son sang-froid. »

Puis, incontinent, il se retourna vers la perruche, pour lui faire, à n’en plus finir, l’honneur bien immérité de son esprit. »

Lucien Rebatet : « les Décombres ».

Dubout-

Pierre Vial vient de rejoindre la Nouvelle Droite Populaire qui affirme, entre autres, son attachement aux valeurs chrétiennes de l’Europe . Et quand on lui demande comment il assume en même temps son paganisme, il fait référence à Maurras et parle du « nécessaire compromis nationaliste  qui repose sur l’impératif de grouper toutes les forces disponibles pour faire face au péril mortel» qui nous menace.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que la vie de ce pauvre Maurras a été une bien triste vie, faite de camouflets et de frustrations :

– agnostique convaincu, il fait un compromis avec le catholicisme et se fait le chantre d’une Église-facteur d’union entre tous les Français pour voir son Action Française officiellement condamnée par le Pape en 1926;

– monarchiste, il est renié par le prétendant, le Comte de Paris qui rompt avec fracas tous liens avec l’AF en publiant une lettre définitive, pour se tourner vers des élites plus proches du régime républicain et davantage « fréquentables »;

– propagandiste du « coup de force » il rate l’opportunité, qui ne se représentera pas, du 6 février 1934;

– inventeur du « nationalisme intégral » et germanophobe extrême, il s’engage derrière le Régime de Vichy pour se voir jeté en prison en 1945, et condamné à perpète, accusé de collaboration avec les nazis …

Non vraiment, je suis pas bien sur que Vial ait raison, je suis pas bien sur que Maurras soit la bonne référence à prendre…

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D’un autre côté, toujours au chapitre des « nécessaires compromis », Pierre Vial rappelle aussi : « au FN, sans état d’âme, je travaillais en tandem avec le catholique de tradition Bernard Antony pour la formation des cadres » … le même Antony, président de Chrétienté-Solidarité, ne doit pas avoir les mêmes souvenirs, puisque, sans état d’âme lui non plus, il déclarait en 2001 préférer « un Noir catholique à un Blanc païen »…

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« Drieu la Rochelle disait que l’Action Française avait créé le mouvement littéraire le plus important d’Europe, avec léon daudetcelui de la Nouvelle Revue Française, pendant le premier tiers du XXe siècle. L’Action Française a groupé en effet autour de Charles Maurras, quelques-uns des meilleurs écrivains de notre temps et, tout d’abord, Léon Daudet (1868- 1er juillet 1942). A vrai dire, Léon Daudet a un peu trop ébloui ses contemporains par ses dons jupitériens de polémiste, par le massacre joyeux des crétins, des traîtres, des routines, des conventions et des dessus de pendule auquel il se livrait chaque matin. Léon Daudet, qui avait été élevé dans l’entourage de son père, Alphonse, par la IIIe République naissante, devint promptement un homme populaire dont les faits et gestes se trouvaient guettés avec une égale avidité par ses amis et ses adversaires. L’éclat de sa vie publique a un peu nui à sa réputation d’écrivain. Il est vrai que son évasion de la Santé a été un moment savoureux dans l’histoire de la IIIe République. Mais Léon Daudet député, Léon Daudet duelliste, Léon Daudet exilé, Léon Daudet grand orateur et grand politique n’est pas l’homme qui nous retient ici. Au delà du vivant déchaîné, il faut voir l’écrivain dont on n’a pas toujours compris la valeur..
La part la plus inégale dans son œuvre est celle du romancier. Il ne faudrait pas cependant la condamner trop vite à l’oubli (…) Mais Léon Daudet critique littéraire n’a pas son pareil. Il se trouve également à l’aise parmi les vivants et parmi les ombres. (…) Avec cela libre, indépendant, ne cherchant jamais à contraindre, toujours prêt à saluer le talent chez ses pires ennemis, dépourvu de tout esprit de parti, mettant son autorité au service du beau avec une générosité inépuisable, Léon Daudet est le premier critique littéraire de son temps.

Que dire du mémorialiste ? Il est de la lignée du cardinal de Retz et de Saint Simon. En quatre mots saisissants, d’une cocasserie inimitable, il peint un homme au physique et au moral, lui rendant son souffle, son allure, les plis et la couleur de ses vêtements, ses tics, ses manies et jusqu’au son de sa voix. La série des Souvenirs Littéraires, les deux volumes de Paris Vécu, ouvrages mouvementés, passionnés, pathétiques, pleins d’intelligence, de culture et d’une gigantesque drôlerie, gardent la chaleur de toute une époque, avec ses lumières et ses parfums, ses jours et ses nuits, ses personnages ridicules, falots ou grandioses, et les rues de Paris, le ciel de Paris, tout ce qui fait le plaisir et la douleur de vivre. Chaque mot devient la sensation même. C’est un style qui passe »

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Kléber Haedens : Une histoire de la littérature française.

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Je suis tombé un peu par hasard sur un site royaliste qui s’est choisi un nom qui est aussi le titre d’un excellent roman de Roger Nimier, « les Épées » … Nimier reconnaît l’influence que Maurras et l’Action Française ont exercé sur lui …. ça ne m’autorise pas à en conclure que les royalistes ont choisi ce nom en fonction de l’auteur … et si c’est le cas, je ne sais pas trop s’ils ont fait là preuve d’humour ou s’ils n’ont tout simplement pas lu le bouquin. Quoi qu’il en soit, je ne résiste pas à l’envie d’en recopier ici les trois premiers paragraphes :

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«Ça commence par un petit garçon plutôt blond qui laisse aller ses sentiments. Le visage de Marlène Dietrich, plein de sperme, s’étale devant lui. Sur le magazine grand ouvert, le long des jambes de l’actrice, des filets nacrés s’entrelacent comme la hongroise d’argent sur le calot d’un hussard.

Il se lève et s’approche d’un bureau. Il s’assied. Il ouvre un tiroir. Dans un carnet de blanchisseuse à couverture de molesquine noire, il cherche la bonne page. Il écrit : 22 mars 1937 : 8. Il tire une barre et additionne 8 au chiffre précédent. Puis il note : 1454 dans une troisième colonne. « Rien ne vaut une comptabilité bien à jour », dit-il à voix basse. Il écarquille les yeux et va se regarder dans la glace. On ne parle pas tout seul, à moins que d’être fou. Cependant, Larousse dit  des choses très fortes sur les résultats néfastes du plaisir solitaire. Ils appellent ça le plaisir. Salaud de Larousse.

Le visage de Marlène Dietrich, noyé dans une torpeur coupable, se gondole sur le tapis. Il ramasse le magazine et court le déchirer dans la corbeille à papiers. Puis il regarde autour de lui. Il prend une lettre de ses grands-parents, un faire-part de mariage, il les coupe avec des ciseaux et les mélange dans la corbeille. Ensuite il se penche et renifle d’un air mécontent. Il revient de la salle de bains avec de l’eau oxygénée et de l’eau de Cologne dont il renverse quelques gouttes. Il va remettre en place les bouteilles vides ».

C’est du vécu ça, et qui remue des vieux souvenirs …

A mon avis, peu de gens savent que la statue de Jeanne d’Arc, dans le square des Cordeliers, derrière le palais de Justice à Poitiers, est l’oeuvre de Maxime Real del Sarte, camelot du Roi de la première heure.

Mouvement de jeunesse, rattaché à l’Action Française de Charles Maurras et présentant un idéal de jeunesse frondeuse et rebelle, les Camelots recrutaient bien au delà des cercles monarchistes. Ils prirent une part active dans les émeutes du 6 février 1934 et furent dissous avec d’autres ligues en 1936.

Si je me souviens bien d’un bouquin de Maurice Pujo que j’avais lu, étant môme, à la bibliothèque, Maxime Real del Sarte était un personnage truculent, haut en couleurs, toujours prêt à participer à des ventes de l’Action française mais aussi à des groupes de réflexion comme aux bagarres de rue. Le sculpteur, chef des Camelots du Roi, qui allait revenir de la guerre amputé de l’avant bras gauche, vouait un véritable culte à Jeanne d’Arc dont il dit « je fus toujours son serviteur ». Il s’illustra notamment lors de l’ « affaire Thalamas » du nom d’un professeur qui avait été autorisé à ouvrir en Sorbonne, un cours libre sur la « Pédagogie de l’Histoire » au cours duquel il affichait son désir de détruire le culte de Jeanne d’Arc qu’il appelait la « Jeannolâtrie ». Si ce n’est point Maxime qui fessa le professeur, les fesses à l’air, couché sur sa chaire (on savait vivre à cette époque …) il n’en prit pas moins part active à l’agitation suscitée par « l’Affaire », écopant même de quinze jours de prison pour « outrages à agents ».

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