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« La plupart des êtres vivants connaissent un état de dépendance écologique. C’est à dire qu’il existe une relation étroite entre leurs performances, leurs possibilités de développement et la présence (ou l’absence) d’un environnement spécifique auquel ils sont adaptés. Sortis de ce milieu naturel, auquel les espèces doivent leurs modalités d’insertion dans la chaîne de l’évolution et dans lequel leurs potentialités peuvent s’actualiser, ils s’étiolent ou dépérissent. Cette dépendance, bien entendu, peut être plus ou moins accentué. Au niveau du comportement elle se traduit néanmoins de façon assez générale par un instinct (chez l’animal) ou une disposition instinctive, pulsionnelle (chez l’homme), qu’un certain nombre d’éthologistes, à la suite de Robert Ardrey, dénomment impératif territorial.

L’existence de cet « impératif » est désormais bien reconnue. On sait par exemple qu’il n’y a pas de relations bien ordonnées entre les membres d’un groupe sans définition précise du territoire de chacun (Edward T. Hall, La Dimension cachée). On sait aussi que l’indifférenciation des habitats détériore les relations sociales, provoque l’augmentation de la délinquance et des actes de violence sans objectif matériel concret (Gérald B. Suttles, The Social Order of the Slum). Robert Ardrey va même jusqu’à dire que « les recherches actuellement en cours sur le terrain ne laissent aucun doute touchant la réalité de l’existence d’un lien physiologique entre le comportement territorial et l’instinct sexuel » (La Loi naturelle).

L’impératif territorial est essentiellement défensif, ce par quoi il se distingue (sans leur être étranger) des tendances agressives et d’expansion. A cause de lui, un e intrusion sera toujours repoussée avec une probabilité de succès plus grande que dans tout autre type de conflit. « L’homme a un instinct territorial, et si nous défendons nos foyers et nos patries, c’est pour des raisons biologiques ; non point parce que nous choisissons de le faire, mais parce que nous devons le faire » (Robert Ardrey). »

Alain de Benoist, Les idées à l’endroit. Éditions libres Hallier.

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Une société est un groupe d’êtres inégaux organisés pour faire face à des besoins communs.

Dans toute espèce fondée sur la reproduction sexuelle, l’égalité des individus est une impossibilité naturelle. L’inégalité doit donc être considérée comme la première loi des structures sociales, que ce soit dans les sociétés humaines ou dans les autres. La deuxième de ces lois doit être, pour les vertébrés, l’égalité des chances.. Les sociétés d’insectes peuvent comprendre des castes génétiquement déterminées; ce ne peut être le cas des vertébrés. Chacun de ceux-ci, sauf dans quelques rares espèces, est doté au départ d’une chance égale de manifester son génie ou d’être un raté..

Alors qu’une société d’égaux -qu’il s’agisse de babouins ou de choucas, de lions ou d’hommes- est une impossibilité naturelle, une société juste est un but accessible.

La société juste telle que je la vois, est une société dont un ordre suffisant protège les membres, quelle que soit la diversité de leurs dons, et où un désordre suffisant offre à chaque individu toutes les possibilités de développer ses dons génétiques. C’est cet équilibre entre l’ordre et le désordre, d’une rigueur variant selon les hasards de l’environnement, qui constitue à mes yeux le contrat social.

Robert Ardrey : La loi naturelle

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AUTRICHE - KONRAD LORENZ

Konrad Lorenz, est un biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel.

Lorenz a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et passé une grande partie de sa vie à l’étude des oies cendrées, réalisant alors le travail le plus complet à l’heure actuelle sur cette espèce en mettant en évidence le principe de l’empreinte. Il a écrit de fameux livres tels que « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons », « l’Envers du Miroir » ou « Les huit péchés capitaux de notre civilisation ».


Il a notamment développé une théorie de l’agression qui est une généralisation de la théorie anthropologique du bouc émissaire. En premier lieu, Lorenz démontre que la parade nuptiale de plusieurs espèces animales est une variation du comportement d’agression. Le schéma général de la parade nuptiale consiste en un comportement d’attaque entre le mâle et la femelle qui, à la dernière seconde, est réorienté vers un ennemi commun, pouvant être un congénère dans le cas des animaux sociaux.

Pour Lorenz, ce schéma général provient du fait que pour qu’une relation interindividuelle soit possible, cela nécessite que deux individus partagent un même territoire. L’instinct de territorialité faisant en sorte que cette situation fasse augmenter inexorablement la motivation d’agression, la sélection naturelle a simplement permis ce rapprochement en permettant de détourner cette agressivité vers un ennemi commun.

L’application de cette théorie à l’homme fait en sorte que pour que l’amour soit possible, il faille nécessairement haïr les mêmes choses ensemble. De même, tout regroupement social ne peut exister que par réorientation de l’agressivité interindividuelle contre un ennemi commun : nation contre nation, classe supérieure contre inférieure, syndicat contre patronat, parti politique contre parti politique, équipe contre équipe, etc.


De son point de vue d’éthologue, Konrad Lorenz a aussi étudié le rite qu’il interpréta comme une forme adaptative qu’une culture donne à l’agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe.


Konrad Lorenz est mort le 27 février 1989.

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