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« Il y avait « soir » sur l’Oelberg, « soir » sur la dernière hauteur qui domine les pays du Rhin.
Une société de femmes avait élu ce suprême lieu rocheux pour but de sa nombreuse et chaleureuse ascension. Toutes réunies, elles n’étaient certainement pas moins de cent.
… Sur ce sommet pierreux de la montagne, elles faisaient joyeuse compagnie, tous âges mêlés, vieilles et jeunes côte à côte, récitant des poèmes et chantant des chansons. Dans l’un de ces lieder, revenaient les mots de Souabe et de Bavière. Quand Souabe était prononcé, des femmes se levaient ; quand Bavière était prononcé, d’autres se levaient. Elles disaient que la vie est un trésor, que la vie est une joie. Elles étaient manifestement animées de tout un immense amour pour leur grand paysage, le paysage et son histoire, l’histoire et son idéal.
Elles avaient quitté leur ménage, avaient laissé maris et enfants, étaient venues s’ébattre toutes ensemble sur la hauteur de l’Oelberg. Et elles se nourrissaient là du gâteau des légendes.
Deux d’entre elles étaient appuyées contre le plus haut rocher, dernière aiguille du mont, et n’avaient pas peur de faire retentir l’air d’un chant de la plus pure poésie.
En bas… les forêts, les plaines.
Soudain, le Rhin, au loin, sous le rayon du couchant, devint comme une coulée de feu.
Elles l’aperçurent. Alors toutes se levèrent, toutes d’un seul élan, sans consultation et sans retard, et toutes les poitrines s’ouvrirent, et le même chant ému et fort commença :
Or du soleil du soir,
Combien tu es la beauté même…
L’une, tout en chantant, dans un geste rituel, tenait la main étendue vers le feu lointain. Le Rhin devait être bien heureux, lui qui perçoit toute chose en sa vallée, de recueillir des hauteurs de l’ Oelberg, ce chœur des femmes germaniques, s’élevant du génie de la race, pour le célébrer, toujours… »

Alphonse de Chateaubriant. La gerbe des forces. Deterna.

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Le 19 mars 1908, Marc Augier naît à Bordeaux. On pourrait le considérer comme un homme de gauche puisqu’en 1935 il participe activement au Mouvement des Auberges de Jeunesse et il est attaché au cabinet de Léo Lagrange durant le Front Populaire. Délégué au Congrès mondial de la jeunesse en 1937, il se rapproche des mouvements de jeunesse fasciste et nationale-socialiste, séduit par le livre d’Alphonse de Chateaubriant, « La gerbe des Forces ». Ancien combattant du front de l’Est, puis instructeur des troupes de montagne de Peron en Argentine, il se fera connaître comme écrivain ou comme chante des Patries charnelles et comme « Grand Eveilleur » sous le nom de saint-Loup.

Dossier très complet : http://vouloir.hautetfort.com/archive/2012/02/14/saint-loup.html

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« Peu avant la guerre, un vieil aristocrate breton, à la prunelle claire et à la barbe de fleuve, Alphonse de Châteaubriant, se rend en Allemagne nationale-socialiste et en revient ébloui par le nouveau régime. Il visite un camp de la Hitlerjugend et affirme :

« La jeunesse est devenue sous le soleil comme une masse immense, qui écoute au fond d’elle le grand mot de l’avenir, car elle sait que la solution de tout âge est inscrite dans l’acte qu’elle accomplira. »

L’écrivain de La Brière découvre un monde qu’il pare de toutes les couleurs du romantisme. Ces garçons de la Jeunesse hitlérienne ressuscitent, à ses yeux, les vertus de Sparte et de la Germanie primitive des forêts et des lacs. Il écrit dans La Gerbe des Forces :

« Les bras sont hâlés, pelés de soleil, les corps bronzés, les têtes sentent la résine, sont imprégnées du parfum de la fumée bleue qui monte parmi les arbres.

« Et à mi-pente, parmi les pierres, sur une espèce d’autel de pierres, brûle un feu de bois. C’est le feu sacré du camp. Ce feu, entre le premier jour et le dernier, ne doit pas s’éteindre. De chaque côté de lui veillent deux jeunes garçons, les gardiens du foyer, chargés d’empêcher la flamme de mourir. Ils montent là une faction, rigides, les talons réunis, le corps droit, le regard fixé dans l’espace.

« Je m’approche, et eux, me voyant gravir la pente, se roidissent encore plus, regardant droit en haut, dans le ciel.

« Mes enfants, mes petits amis allemands, vous qui gardez si bien le feu de camp, veillez bien à ce que le feu du cœur ne s’éteigne jamais de votre vie… C’est le conseil d’un vieux Gaulois, descendu des Commentaires de César … »

Jean Mabire, Les jeunes fauves du Führer. Fayard.

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Alphonse de Châteaubriant né à Rennes le 25 mars 1877 est décédé en exil à Kitzbühel (Autriche), le 2 mai 1951.

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