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« Kenneth White, Écossais inspiré tant par ses brumes natales que par quelques flacons bien choisis, est l’heureux découvreur de la géo-poétique. Écouter le chant de la terre, c’est avant tout ressentir qu’il n’y a pas d’autre poésie que celle de la terre d’où nous sommes. Poésie du granit ? Poésie du grand vent ? Parce qu’un jour il y eut des hommes de notre lignée pour rêver de la même montagne, pour partir sur le même océan. J’ai apprécié bien des paysages lointains, mais ils ne m’ont jamais autant émue que ceux de nos provinces d’Europe. Quelle émotion quand nous atteignons aux terres ultimes , de Lizzard Point au Cap Ténare, du Hague Dick au phare d’Ouessant ! Quelle connivence avec tous ceux qui nous ont précédé au passage des grands cols, aux gués de Loire ou dans les ruelles de nos villes anciennes ! Sur quelques sommets, certains alpinistes ressentent même la présence de cet invisible petit nuage fait de toutes leurs joies et de tous leurs espoirs… »

Anne-Laure Blanc, in « Païens », Les Éditions de la Forêt.

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« Je répugne naturellement aux modes d’emploi, au prêt-à-penser comme au prêt-à-s’émouvoir. Je ne trouve aucun intérêt à dire : je suis païenne, donc je fais mon pain de telle et telle façon. Je ne vais ni suivre une recette ni obéir à un décalogue -je vais éveiller des cohérences, tenter d’exprimer la totalité de ce que je suis, donner la pleine mesure dans chaque geste- et cela sans lyrisme, sans exubérance, dans l’ équilibre et l’autonomie.

Pétrir le pain ce n’est pas un raisonnement,

c’est faire couler la farine entre ses doigts.

Ce n’est pas une leçon d’histoire,

c’est le souvenir de l’épi, du champ de blé, et du moissonneur.

Ce n’est pas peser le sel

c’est cligner des yeux avec le paludier au grand soleil de l’été.

Voir pousser le levain,

ce n’est pas une chimie amusante,

c’est sentir battre le sang de la terre.

Façonner tresses et couronnes,

c’est embellir la table et, bientôt, réjouir les amis.

Et, du pétrin au four, savoir ce que vaut l’attente.

Sentir monter cette odeur chaude, ensorcelante,

du pain, de notre pain.

Être tout entière dans ces gestes,

avec intensité et légèreté, sans lourdeur ni contrainte,

être là, dans ce geste mille fois répété

qui relie aux gestes de la lignée. »

Anne-Laure Blanc (in « Païens ! »  Les Éditions de la Forêt)

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