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écrivains

« Beaucoup d’écrivains furent séduits par le fascisme comme par un mouvement lyrique où se mêlaient le chant et la volonté. Pour Drieu le Rochelle obsédé comme tout barrésien par l’empire de la décadence, le fascisme était le ressort qu’il avait d’abord attendu de Moscou ; le mystérieux ressort qui tout à coup suspendait le cours du déclin. Pour Brasillach le fascisme n’était pas une opération politique mais un vaste courant de symboles, issue d’une culture secrète plus vraie que celle des livres. Il avait transformé le fascisme en poésie nationale et Mussolini en un chantre qui, ayant éveillé la Rome immortelle, lance de nouvelles galères sur le Mare Nostrum. Autres poètes magiques : Hitler qui célèbre les nuits de Walpurgis, les fêtes de Mai et qui apparaît à Brasillach dans une guirlande de chanson de marche et de myosotis, de dures branches de sapin aussi, avec une escorte de jeunes cueilleuses de myrtilles aux belles nattes, toutes fiancées à des SS descendus du Venusberg. Même Codreanu est un poète grâce à la légion de l’archange Michel. La rose et l’épée s’entrelacent autour des guerriers de Primo de Rivera. Jusqu’à la Belgique qui devient poétique grâce à Degrelle, par qui souffle la fraîche inspiration des Ardennes. Au vent de l’histoire, les feuillages sombres du Venusberg et des Ardennes, la houle d’oliviers espagnols tout prêts à devenir des lauriers frémissent du même mouvement que le chêne de Saint-Louis, les cèdres des croisades et les vagues de l’Atlantique engloutissant Mermoz ».

Jacques Laurent. Histoire égoïste. Table Ronde.

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14 octobre 1967: mort de Marcel Aymé

Elles sont mal foutues ces éphémérides et ce n’est que ce soir, quelques minutes avant demain que je me rends compte qu’aujourd’hui est le jour anniversaire de la mort de Marcel Aymé.

Marcel Aymé, grand parmi les grands, qui a toujours posé un gros problème aux cuistres puisqu’ils ne pouvaient pas le classer de quelque manière que ce soit … il a par exemple été attaqué par tous ceux qui s’insurgeaient de ce que ses romans décrivent avec réalisme la France des années quarante et celle de l’épuration, mettant sur le même pied les collaborateurs monstrueux et les revanchards sinistres, décrivant avec une exactitude désinvolte le marché noir, les dénonciations, les règlements de comptes (Uranus, le « salauds de pauvres » de la Traversée de Paris, Le Chemin des écoliers). Mais, surtout, il a soutenu jusqu’au bout Robert Brasillach, tentant de faire signer à des intellectuels de tout bord la pétition contre la peine de mort dont Brasillach était frappé. Camus, Cocteau, Mauriac, d’autres encore l’ont signée (j’aurai la charité de taire ceux qui n’ont pas voulu). Mais de Gaulle ayant rejeté sa grâce, Brasillach fut quand même fusillé. Les cloportes ont alors cru pouvoir faire de Marcel Aymé un abominable facho, infâme collabo, avatar de la bête immonde … et en plus il est un ami de Céline … las, ne se reconnaissant dans aucun courant politique, il se déclare partisan de l’indépendance de l’Algérie … quitte à faire tourner ses ennemis en bourrique…

Il n’y a rien à jeter dans son oeuvre, avec, en ce qui me concerne, une prédilection pour « la Vouivre » bien sur, mais aussi « la Table aux Crevés », « Uranus », « le Chemin des Ecoliers », « le Confort intellectuel », « la Jument Verte » … et s’il a flanqué un urticaire carabiné à tous ses détracteurs, Antoine Blondin a raison, qui dit de lui : «  Il disposait de beaucoup d’indulgence pour l’humanité tout entière. Sa fréquentation vous améliorait. »

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