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entrelacs-horiz-03« Il est impossible dans tous les textes d’origine celtique prouvée de découvrir une référence à la logique binaire et, partant, au manichéisme latent chez les méditerranéens. Les Celtes n’avaient pas la notion classique du bien et du mal, de la nuit et du jour, du haut et du bas. Chez eux tout était non pas confondu, mais indifférencié. Le mal n’existait pas en tant que tel ni le bien : c’étaient les hommes qui faisaient incliner la vie vers le bien et le mal. Il n’y avait donc pas d’absolu : simplement une relativité des choses, des êtres et de la connaissance […]. En fait les Celtes ne semblent pas avoir cherché une vérité impossible à définir, mais au contraire avoir traqué de près une Réalité non apparente, mais présente sous l’aspect extérieur des choses et des êtres […]. Chaque être, chaque chose est un paradoxe. Sans contradiction, il ne peut y avoir d’existence […]. Les Celtes ont donc le mérite de mettre en évidence que toute vie est tragédie, mais que cette tragédie est nécessaire pour assurer la permanence de l’univers dans son existence fragile. Les conséquences de cette vision ontologique sont importantes sur le plan de la morale. Car il ne peut y avoir de péché au sens manichéen du terme, et par conséquent au sens chrétien. »

Jean Markale. « La tradition païenne », in L’Europe païenne. Seghers.

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et pour bien enfoncer le clou : –

Dans un livre superbement illustré qu’il vient de consacrer aux Celtes, Venceslas Kruta évoque, parmi beaucoup d’autres sujets, l’épopée irlandaise d’autrefois . Il est frappant que celle-ci décrive un idéal héroïque analogue à celui des poèmes homériques. L’acteur principal de ces récits dont la tradition orale a été transcrite au Moyen Âge est Cuchulainn, héros du royaume d’Ulster. Tout jeune, il entend dire selon les présages druidiques : « Le petit garçon qui prendra aujourd’hui les armes sera brillant et célébré, mais aura la vie courte. » Aussitôt, il abandonne ses jeux et va demander au roi de recevoir ses armes. Les ayant obtenues, il retrouve le druide auteur de la prédiction. Celui-ci tente de le dissuader, suggérant avec effroi le sort qui lui serait réservé. Mais Cuchulainn n’éprouve nulle crainte : « Ne serais-je au monde qu’un jour et qu’une nuit, peu m’importe, pourvu que restent après moi mon histoire et le récit de mes hauts faits. »

On songe naturellement au personnage d’Achille dans l’Iliade. Par avance, lui aussi connaît son sort et l’a choisi. Tout jeune, comme Cuchulainn, le choix lui a été offert entre une vie longue et paisible loin des combats, et une vie intense, glorieuse et brève, coupée net dans l’éclat de la bataille. Et c’est celle-ci qu’il a voulue, léguant aux hommes de l’avenir un modèle de grandeur tragique. Comment expliquer une telle identité aux deux extrémités du monde européen ancien, sinon par une parenté fondamentale ? Le culte du héros sacrifié à sa propre gloire ne se rencontre dans aucune tradition littéraire d’autres grandes cultures, alors que, de façon tardive et appauvrie, il sera encore chanté dans La Chanson de Roland.

L’identité spirituelle que révèlent les épopées européennes anciennes est confirmée par l’archéologie. L’âge du bronze européen, que l’on voit se former entre le IVe et le IIe millénaire avant notre ère, présente une grande unité formelle. Les mêmes épées, les mêmes boucliers et les mêmes cuirasses d’un style pur et d’une finesse admirable sont présents dans les sépultures mycéniennes de la Grèce archaïque et dans les tombes du Danemark, des Grisons ou de Champagne. Il en est de même pour bien d’autres objets significatifs. Et l’on sait, grâce aux travaux des linguistes, que les peuples européens anciens proviennent d’une même souche parlant une même langue indo-européenne archaïque, dont sont issues toutes les langues de l’Europe actuelle. On sait encore, grâce cette fois aux travaux de la mythologie comparée, qu’une même vision du monde était commune à tous ces peuples, qu’ils soient celtes ou hellènes, en attendant les Romains et les Germains .

Ce n’est qu’après la dispersion des peuples indo-européens que l’on pourrait aussi appeler boréens, pour distinguer la langue et les locuteurs, que ceux-ci connaîtront des évolutions différentes, influencées par leur contact avec des peuples autochtones et par des conditions climatiques qui ont déterminé des modes d’existence distincts. Deux mille ans et plus sous le soleil sec de la mer Égée ont nécessairement façonné le mode de vie, l’idée que l’on se fait des choses et le style décoratif autrement que les forêts nimbées de brume de l’Europe continentale et septentrionale. De ces différences sont nées la culture grecque et la culture celte . En apparence, elles sont étrangères l’une à l’autre, alors que ce sont deux manifestations contrastées d’une même tradition dont Homère nous a légué l’expression littéraire la plus achevée et la plus accessible.

Dominique VENNER : éditorial de la NRH n°21

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A l’heure où paradoxalement (mais le paradoxe étonne-t-il encore ?), on parle d’identité nationale et qu’on laisse planer en même temps le projet (ferme intention ?) de supprimer l’enseignement de l’Histoire-Géographie (Histoire-Identité, le lien n’est-il pas évident ?), je crois qu’il est loin d’être superflu de ressortir ce texte remarquable de Dominique Venner…

L’européanité est attestée par l’histoire et le caractère transnational des grands faits de culture. Au-delà d’un art rupestre spécifique à toute l’Europe voici déjà 30.000 ans, au-delà des pierres levées et des grands poèmes fondateurs, ceux des Hellènes, des Germains ou des Celtes, il n’y a pas une seule grande création collective qui, ayant été vécue par l’un des peuples de l’ancien espace carolingien, n’a pas été vécue également par tous les autres. Tout grand mouvement né dans un pays d’Europe a trouvé aussitôt son équivalent chez les peuples frères et nulle part ailleurs. (…)

Comme tous les peuples unis par une même culture, les Européens sont les dépositaires d’une très ancienne tradition, mais ils ne le savent pas. La perception leur en a toujours été refusée. En dehors des poèmes homériques, ils n’ont pas d’écriture sainte, bien que la matière en soit offerte par leurs légendes, leur littérature épique et la philosophie antique. (…)

Tout grand peuple a une histoire sacrée qui révèle ses valeurs propres, celles qui donnent un sens à la vie de chacun des siens. Mais la longue histoire des Européens ne leur a jamais été contée. Elle n’a jamais été montrée ni perçue pour ce qu’elle est, un flux continu, comme si un même être, porteur des mêmes significations, avait traversé le temps (…).

L’Europe n’est pas née des traités de la fin du XXe siècle. Elle est issue de peuples frères qui, entre la Baltique et l’Egée, sur quelques milliers d’année, donnèrent naissance à une communauté de culture sans égal. L’Europe peut donc se définir comme une tradition très ancienne, tirant sa richesse et son unicité de ses peuples constitutifs et de leur héritage spirituel. (…)

[On doit constater] la vigoureuse unité de culture des Européens de l’âge du bronze, de la Baltique à l’Egée, de la Cornouaille à la Volga, voici quatre ou cinq mille ans. [Il s’agit de] l’une de nos civilisations premières, [avec] ses dieux solaires, ses déesses-mères, ses héros invaincus, ses légers chars de guerre, les trésors somptueux de ses palais, ses longues barques audacieuses. (…) Découvertes sous un tumulus du Danemark ou dans une tombe de Mycènes, les épées semblaient toutes sortir d’un même moule, affichant l’unité esthétique d’un même monde (…)

Les peuples de l’ancienne Europe étaient réfractaires à l’écriture, bien que celle-ci leur fut connue, comme en témoignent les signes logographiques de la préhistoire, ancêtres sans doute de l’écriture runique. Plusieurs siècles après Homère, en Gaule et dans les îles Britanniques, les druides refusaient encore de transcrire par écrit leur enseignement qui, de ce fait, est perdu. Les Grecs avaient, eux aussi, privilégié l’oralité et divinisé la Mémoire. (…) Jusqu’à Homère, la mémoire avait été mythique et nullement historique. Les Grecs avaient donc perdu le souvenir de leurs origines et de leur histoire ancienne, celle qui avait précédé l’arrivée de leurs ancêtres sur les rives de l’Egée. Ils en avaient cependant conservé le souvenir mythique, celui d’une origine septentrionale associée à la légende des Hyperboréens (…)

Pourquoi appelle-t-on « indo-européenne », et pas simplement « européenne », la famille des langues parlées aujourd’hui presque partout en Europe ? Tout simplement parce que cette famille de langues s’étendait jadis de la Cornouaille au Penjab, sur d’immenses distances correspondant à l’aire d’expansion des différents locuteurs. (…) Le fait indo-européen est d’abord d’ordre linguistique (…)

Chez tous les peuples indo-européens, que l’on devrait plutôt appeler « boréens », la société aristocratique élargie, celle des hommes libres, à la fois guerriers et propriétaires du sol, anticipe sur ce que sera la cité grecque à partir du VIe siècle avant notre ère. On en voit l’expression dans l’assemblée des guerriers de l’Iliade, très semblable au Thing germanique et scandinave décrit par Snorri Sturluson. Les Celtes participent du même ordre politique, dont témoignera plus tard la Table Ronde. En revanche, nulle part dans le monde européen on ne verra des roi-prêtres à la tête de castes sacerdotales de type babylonien ou égyptien. A l’époque médiévale et classique les monarchies et les noblesses européennes continueront de résister aux prétentions théocratiques du Saint-Siège, tout en maintenant l’équilibre entre les trois ordres.

(…) Depuis la « révolution » du carbone 14, on a fortement reculé dans le temps, au-delà du Ve millénaire, l’époque du dernier habitat commun des Indo-Européens. (…) A une époque très ancienne, remontant vraisemblablement à plus de 10.000 ans, quelque part dans le vaste espace entre Rhin et Volga, au sein d’une population spécifique et nécessairement homogène, s’est cristallisée la langue que les linguistes appellent pré-indo-européenne (…) l’analyse linguistique permet de penser qu’une première dispersion s’est produite vers le Ve millénaire, par la migration de peuples indo-européens vers le sud-est, l’Asie Mineure et au-delà. (…) La plupart de ces peuples pensaient que leur berceau primordial se trouvait dans un « nord » mythique et imprécis. L’Inde védique, l’Iran ancien, la Grèce, le monde celtique et germanique ont conservé le souvenir légendaire d’un habitat nordique désigné comme les « Iles au nord du monde », le « Pays des dieux » ou le « pays des Hyperboréens ». (…)

On ne saura jamais avec certitude où, quand et comment s’est produite l’ethnogenèse des Indo-Européens, que l’on devrait plutôt appeler Boréens afin d’éviter une confusion entre la langue et l’ethnie dont elle est bien entendu l’une des manifestations essentielles. Une langue voyage avec ses locuteurs, elle peut conquérir aussi des populations sans rapport précis avec le peuple originel … C’est pourquoi la distinction entre langues indo-européennes et peuples boréens paraît souhaitable.

Dès la préhistoire ou la très haute Antiquité, les Boréens, porteurs initiaux des langues indo-européennes, se sont imposés sur de nouveaux territoires à des populations qui n’avaient pas exactement la même origine, ne sacrifiaient pas aux mêmes dieux ni n’avaient la même vision du monde. Les mythes grecs, latins, celtes et germaniques des guerres de fondation rappellent les conquêtes anciennes de nouveaux territoires, mais aussi, comme le pense Jean Haudry, la projection mythique d’une préoccupation de concorde civile.

Le souvenir des guerres de fondation se décrypte dans la légende historisée de Rome et l’enlèvement des Sabines. Elle s’exprime aussi dans l’Edda scandinave qui décrit deux races divines (…) Le même schéma peut se lire dans la théogonie grecque. (…) Voilà ce qui est en gestation dès le IIIe millénaire, époque du bronze européen, beaucoup mieux connue que les précédentes en raison d’une grande richesse archéologique et des réminiscences conservées par les poèmes homériques. Partout en Europe, de la Baltique à l’Egée, de l’Atlantique à la Caspienne, on voit s’affirmer la nouvelle religion solaire et de nouvelles valeurs, l’héroïsme tragique devant le Destin, la souffrance et la mort, l’individualité et la verticalité du héros opposées à l’horizontalité indistincte de la multitude. La vaillance, vertu masculine essentielle, est récompensée par l’éternisation des meilleurs, très présente dans l’Edda, et la féminité est reconnue, respectée et admirée. Simultanément, on voit s’établir des royautés féodales reposant sur des aristocraties guerrières et terriennes. C’est alors que se façonne la physionomie spirituelle qui restera celle de l’Europe.

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« Notre monde [européen] ne sera pas sauvé par des savants aveugles

ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants,

par ceux qui auront forgé ‘l’épée magique’ dont parlait Ernst Jünger,

l’épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. »

– Dominique Venner :  Histoire et tradition des Européens, éditions du Rocher.

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Auteur d’une centaine d’ouvrages, notamment sur les Celtes, Jean Markale est mort hier matin, à l’hôpital d’Auray. Il avait quatre-vingts ans.

markale
De son vrai nom Jacques Bertrand, Jean Markale avait, avant de se lancer dans l’écriture, exercé, pendant vingt-cinq ans, le métier de professeur de lettres classiques dans un collège parisien. Mais, en 1979, fort de son succès avec « La femme celte » (Payot), il avait arrêté l’enseignement et était venu s’installer à Camors, près d’Auray, le pays de ses ancêtres. C’est là qu’il écrira, à une cadence pour le moins soutenue, tous ses livres. Ses grandes spécialités : les Celtes, le mythe du Graal, l’histoire de la Bretagne, l’ésotérisme et les énigmes historiques. Autant de thèmes qu’il a développés à satiété et exploités sous différentes formes, en particulier à travers des « cycles » qui lui permettaient de laisser libre cours à sa verve épique et à son imagination.

Son manque de rigueur scientifique était, d’ailleurs, le reproche que lui faisaient ses nombreux détracteurs. Mais Markale s’en moquait : « Je préfère être considéré comme poète plutôt que comme chercheur », assurait-il. Source : Le Télégramme

Un très beau texte sur Samain et sur l’approche de la nouvelle année : « Je suis le blé d’hiver« … et le fait que ce soit « ma » Béa qui l’ait écrit, n’entre en rien dans cette appréciation:

http://atelierdetigialion.wordpress.com/

Cette nuit, on change d’heure, on passe à ce qu’ils appellent « l’heure d’hiver »… l’heure d’hiver instituée en fonction de « l’heure d’ été »,consistant à ajuster l’heure locale officielle, généralement d’une heure par rapport au fuseau horaire standard pour les périodes du printemps, de l’été et du début de l’automne … vous n’avez pas compris grand chose ? Ben moi non plus mais il faut savoir qu’en principe l’intérêt de l’heure d’été réside, selon ses promoteurs, dans les économies d’énergie qu’elle est censée permettre, sur la base d’une meilleure utilisation de la lumière solaire naturelle pendant la période estivale : cette approche est très critiquée.

Tout ça montre bien qu’un abîme nous sépare du monde des celtes antiques et de leur rapport au temps.

« Ils ne connaissaient pas le calendrier romain, cette fatalité qui rend triste à la tombée de la nuit. Chez les Celtes, le jour commence avec le coucher du soleil !

    – on est décalé …

– non, les cycles ne changent pas. Les gens continuent à dormir la nuit et les coqs à chanter à l’aube. C’est la perception des choses qui n’est pas la même. Vous par exemple, si vous attendiez le crépuscule comme la promesse d’un autre jour, vous ne vous sentiriez pas dans la peau de l’enfant qu’on envoie se coucher malgré lui. Vous passeriez la soirée à savourer le jour qui commence, et vous le couperiez d’une nuit de sommeil pour mieux le continuer. Vous échapperiez au zénith, cette apothéose de midi qui ne laisse pas d’autre choix que le déclin. Dans une journée celte, il n’y a pas cette notion de première et de deuxième partie de la journée. On commence avec le crépuscule, on entre dans la nuit, on retrouve la lumière et on termine au crépuscule. Les plages d’obscurité et de lumière sont mieux réparties. »

Florence Lautréadou : « Ouest » (ed. Jean Picollec)

J’ai pu avoir, et j’ai parfois encore quelques problèmes avec le mot « druidisme »… quand je veux me définir sur un forum ou définir la Voie que je suis, j’hésite toujours à mettre « druidisme », ou « druidisant » et la plupart du temps je lui préfère »paganisme Celte »…

Dans l’antiquité, le mot n’existait pas … et je ne pense même pas qu’il existait un mot particulier pour qualifier la religion de l’époque … ce devait être « louer les dieux » ou « vivre » ou « être » et non pas « suivre une voie païenne ». Bon mais c’est vrai le christianisme depuis est passé par là et on est en quelque sorte plus ou moins obligé de se définir par rapport à ça … me font marrer ceux qui se lamentent « ohhh, ras le bol de se définir par rapport au christianisme… » en théorie je serais bien d’accord mais le problème est déja que c’est précisément de la faute au christianisme si on est obligé de le faire … et que ceux qui se lamentent ainsi sont souvent ceux qui sont restés le plus proche du monothéisme, consciemment ou non …

Aujourd’hui, le Druidisme s’entend, je pense, dans le cadre d’un système sacerdotal… Aujourd’hui c’est malheureusement bien souvent la Voie de ceux qui veulent parvenir à un « échelon » dans le « clergé » (druidisant = apprenti druide ? non ?)… C’est malheureusement bien souvent vouloir devenir le curé qui ordonnance les cérémonies et qui dit quand « c’est bien » ou quand « c’est pas bien ». Aujourd’hui, le Druide c’est aussi quelqu’un qui a une fonction publique , essentiellement de représentation … c’est une sorte de VRP, c’est lui qui passe à la télé pour parler du druidisme ,comme Le Scouezec pour qui j’ai pourtant beaucoup de respect et suis tout à fait conscient de l’importance du travail qu’il a pu faire… c’est lui, c’est elle qui va animer des foires et tenir un stand pour vendre ses bouquins parce qu’il faut bien vivre, et c’est aussi la grande druidesse, autoproclamée mais totalement inculte qui s’évertue, grisée par l’ambition, à répandre un druidisme frelaté dans des stages qui datent encore du New Age rose bonbon…

Mais ça, ce sont ceux qu’on voit le plus … qui s’affichent en quelque sorte … parce qu’il y en a d’autres qui abattent quand même un énorme boulot dont certains, par modestie tout autant que par honnêteté intellectuelle refusent même ce titre de Druide … ils oeuvrent dans les fourrés, au fond des bois, bien loin des feux de la rampe comme, dans l’Antiquité le sorcier du village regroupant cinq ou six cabanes, qui n’ avait pas forcément le titre de druide, mais qui l’était bel et bien, avec les salamalecs en moins et la prise sur le réel en plus …

Car j’ai lu je ne sais plus où (pourtant il faudrait que je retrouve !!!) qu’ il y avait principalement deux formes de religion chez les Celtes : le druidisme qui concernait essentiellement la classe guerrière et une sorte de paganisme de la nature qui concernait la classe productrice, le premier équivalent à la religion apportée par les indo européens et le second à la religion indigène …Les deux s’étant progressivement amalgamées… Je crois d’ailleurs que je n’établis pas de frontière bien définie dans mes croyances, ni, pour ce qu’on en sait, entre le sacré tel qu’il était entendu aux périodes paléolithique et néolithique et à la période celte … donc, pour me définir, peut être vaudrait-il mieux dorénavant, choisir « adepte de la religion des Gaulois »…
Je pense que le druide est l’homme du druidisme mais que l’ovate qui est aussi le descendant du chamane est le « prêtre » de ce paganisme de la nature … si on reste dans l’illustration du système sacerdotal, l’ovate serait le curé de campagne et le druide l’archevêque…Je pense que le Druide antique ne vivaient pas dans les petits villages mais dans les Cours des Rois ou, quand le système de la royauté a été abandonné, dans l’entourage immédiat des puissants. Et quand il se déplaçait il était accompagné de je ne sais combien de courtisans, de valets et d’esclaves, et de guerriers pour le protéger … même si la caste était ouverte à des gens plus « modestes » j’ai bien peur là aussi que les Druides étaient pour leur majorité des aristocrates . Les classes populaires devaient avoir besoin de tous les bras de tous leurs enfants pour vivre et pas sur que le môme du plouc qui disait « moi je veux être druide » se prenait pas une baffe pour toute réponse… quoi que ça devait apporter une certaine notoriété à la famille et probablement des avantages substantiels donc cette assertion est sans doute à nuancer …
Le Druide antique avait des spécialités: la justice, l’astronomie, la philosophie aussi … toutes choses dont ne s’occupaient pas les gens du peuple, ou que dans la mesure de leurs besoins, de leurs envies, de leurs nécessités … au niveau du prolo lambda gaulois, la religion devait être complètement vécue au quotidien, bien loin des supputations métaphysiques, et ce qui nous en reste est bien souvent catalogué au chapitre des superstitions. Je ne suis pas méprisant pour les prolos de base dont je parle, bien au contraire, parce que c’est là justement que je me situe, à leur niveau … Je suis d’ailleurs redevable à l’Odet de m’en avoir fait prendre conscience, de ce qu’on y appelait, avant de lui tourner le dos si vilainement, le « druidisme sale ». C’est à dire un druidisme qui n’hésite pas à salir sa saie et qui n’a pas peur de s’écorcher dans les broussailles, de se remettre en question et d’oser s’aventurer … l’archétype du druide sale, c’est Merlin dans sa période sylvestre … c’est le Merlin devin qui sait l’avenir et peut prophétiser dans « un grand éclat de rire » et c’est le Merlin fou qui parle avec les dieux, c’est le Merlin qui chevauche des animaux de la forêt et qui n’hésite pas à balancer des bois de cerf à la tête de son rival amoureux…

Un Druide d’aujourd’hui à l’évidence, ne peut pas être un « druide sale » parce qu’il doit faire « bonne figure » face à ceux qui l’entourent, « bien présenter » comme quand on va passer examen …les rares druides sales que j’ai connus, il se sont mis à porter la saie de cérémonie, le tugan, propre et fraichement repassé, empestant la naphtaline, quand il n’a plus été question que de faire de la représentation et d’incarner le druide fédérateur, grand druide de la forêt des carnutes…Ce qui ne veut pas dire qu’il n’en reste pas quelques uns, ici et là …
Oui, je crois bien que la simplicité de mes croyances de ploucs est effectivement ce qui me caractérise, du moins je l’espère … et c’est pourquoi je suis tellement engagé dans mes recherches au sujet du pagus où je vis, où ma famille a vécu depuis des générations … pour retrouver, faire revivre les croyances et les pratiques païennes de mes ploucs d’Ancêtres, trouver les liens qu’ils ont pu/su nouer avec le sol qui les a portés, qui me porte, au milieu des forêts, des rivières, des champs … la magie à laquelle je crois est la magie naturelle où il est d’abord question de s’harmoniser avec son environnement, de s’insérer dans les forêts, les rivières, les champs, entendre les bruits des insectes, des oiseaux, des animaux dans sa tête, dans sa poitrine, dans son sang, et le bruissement des feuilles, et les clapotis de l’eau …

Je n’ai rien à voir avec le druide de représentation, ce que je veux, c’est vivre mes croyances dans mon coin et les partager avec qui veut bien les partager avec moi … je veux apprendre des techniques de guérison et autres techniques chamaniques pour aider ceux qui en ont besoin et qui le demandent mais sans qu’on dise pour autant que je suis un Druide, ou un Ovate ou quoi que ce soit … je veux approfondir ma vision du monde et apprendre des techniques plus ou moins chamaniques pour me déployer, pour occuper tout mon espace et pour devenir entièrement ce que je suis… Je veux ritualiser sans avoir à me cacher et le faire avec qui je veux …je ne vois pas pourquoi il faudrait être Druide pour ritualiser… on ritualise bien en individuel, pourquoi pas en groupe … je ne vois pas pourquoi on aurait besoin d’un curé pour faire l’intercesseur entre les Dieux et nous … c’est justement pour ça, en partie, qu’on n’est pas chrétiens … parce que le Divin est immanent et qu’il suffit de tendre la main pour le toucher et qu’on a besoin de personne pour ça … Le Druide est un professeur, et moi je me demande si je ne préfère pas rester toujours un étudiant…un étudiant et un plouc…
Mais bon, je me demande pourquoi je fais tout ce discours sur les Druides que pourtant j’aime bien, discours inspiré par une poignée d’ambitieux, quelques arbres qui cachent la forêt alors qu’ils sont nombreux ceux qui oeuvrent avec sérieux. Car,à part ces différences d’ordre sacerdotal, il ne devrait en principe pas y avoir de différences notables entre Druidisme et Paganisme Celte/religion des Gaulois au niveau des croyances et de la pratique… en principe, le Druide et le Païen honorent et vénèrent les mêmes Dieux et Déesses celtes, où est le problème alors ? ah oui, un jour, j’avais lu que le paganisme celte était « au ras des paquerettes » … et bien je revendique moi ce « au ras des paquerettes », et je crois qu’il vaut mieux avoir le nez au ras des paquerettes plutot que trop haut dans le ciel parce qu’on ne sait pas dans quoi on risque de marcher …

Il est souvent difficile de faire un choix judicieux quand il s’agit d’adopter un dieu tutélaire mais pour éviter cette difficulté, on peut s’adresser à son Dieu tutélaire de Naissance : dieu tutélaire de notre signe astrologique, ou dieu tutélaire de notre planète de naissance, ou encore dieu tutélaire du décan de notre signe de naissance. Enfin, il faut considérer le dieu Maitre des heures.
Lorsqu’un des dieux figure plusieurs fois parmi les quatre noms, il est incontestablement notre dieu tutélaire et doit être choisi pour nous accompagner toute notre vie. Lorsque les quatre noms sont différents, on les considérera tous les quatre avec une préférence pour le Maitre des heures, puis celui du jour de la naissance, suivi du Maitre du décan et enfin du Maitre du signe astrologique.
Quand il s’agira d’obtenir une aide divine on s’adressera d’abord à son dieu Tutélaire, à défaut de l’un des dieux concernés, sachant que chacun d’eux a son « champ » d’action particulier, excepté Lugus qui, en tant que polytechnicien, est efficace en tout domaine. Pour cela on invoquera l’un des dieux au jour et à l’heure voulu (par exemple Lugus le mercredi entre 7 et 8 h. du matin -voir le tableau des jours et des heures)
Si le temps presse, on se bornera à invoquer le dieu des heures dans son domaine particulier.

Fondement métaphysique des dieux tutélaires

Il y a l’Absolu dont la substance propre (l’Abîme, le Khaos des anciens grecs) est un chaos total, sans forme, sans conditionnement …
et puis,il y a donc cet Absolu qui, en lui même, ouvre une étendue où sa substance est « espacée » c’est à dire installée dans un espace (donc contenue dans une forme conditionnée)
il y a en ce lieu une puissance indistincte, de nature « féminine »: la Mère des mondes et des dieux, la Nwyre des Celtes, la Gaïa des Grecs.
il y a en elle « l’embryon d’or » qui se met à l’oeuvre et organise le chaos espacé, selon les archétypes dont il est porteur.
On peut illustrer cela par le symbolisme de l’oeuf dont la substance interne (analogie avec les « eaux primordiales ») est riche de toutes les possibilités de développement. En lui commence à s’agiter un embryon minuscule qui met en ORDRE le Chaos liquide primordial. Peu à peu il va ordonner toute la substance de l’oeuf, produisant ici un poussin, et là un univers…
Dans le cas d’un Univers, les lois sont d’abord définies, ensuite les « Forces » seront déployées, lorsque le chaos sera devenu ordre, les dieux seront engendrés par la substance mère et l’embryon père (voir le symbolisme du Yin et du Yang). D’abord les dieux solaires, puis les dieux planétaires, enfin les dieux « Artisans ».
La plupart des Traditions admettent 7 dieux planétaires et solaires et 3 dieux artisans principaux, donc avec 1 Déesse Mère et 1 Dieu Père, ça nous fait 12 dieux principaux.
C’est le schéma général de la structure de l’Univers reconnue par les indo-européens, notamment les Grecs, les Indo-iraniens, les Germano-nordiques et les Celtes.

Cette structure est visible dans les sciences et la nature et rejaillit sur les structures socio culturelles des civilisations, marquant notamment profondément l’Astrologie et l’Astronomie que ne différenciaient pas vraiment, semble-t-il nos ancêtre Celtes.
Les dieux tutélaires (qui sont devenus par la suite des anges ou des génies suivant le monothéisme considéré) personnifient et allégorisent des énergies spirituelles et des Forces de l’Univers bien précises, et la reconstitution d’une Tradition Celtique les concernant ne semble donc pas abusive si on considère qu’elle est conforme aux connaissances antique des peuples européens et que les « fonctions » des dieux nous sont bien connues.
tablette-grand.jpg En ce qui concerne les signes astrologiques et leurs trois décans, la découverte à Grand, important sanctuaire des eaux dédié à l’Apollon gaulois, Apollon Grannus, dieu guérisseur et oraculaire, de tablettes zodiacales en ivoire d’origine egyptienne et qui constituaient l’outil de travail d’ un mage versé dans la divination astrologique montre que ce Zodiaque n’était guère différent de celui des autres peuples, qu’il avait cours en Gaule ou qu’au moins il y était connu. Il n’y a donc rien d’abusif à réutiliser la métaphysique de l’Astrologie qui, quasiment inchangée, a traversée les millénaires.. Comme la symbolique des dieux journaliers associée aux planètes (dimanche: soleil, Bélénos) reste la même.

Ce qui nous donne donc:

Déesse mère primordiale : Ana ou Dana (l’Ether)
Dieu père primordial : Dagodévos, Eochaid Ollathir (le Démiurge)
Dieu ancien planétaire : Cernunnos, Nycturos (Saturne)
Dieu ancien planétaire : Taranis, Tuireann (Jupiter)
Dieu ancien planétaire : Ogmios, Ogma (Mars)
Dieu solaire : Bélénos, Maponos (le grand fils, le soleil)
Déesse solaire et planétaire : Bélisama (Vénus)
Dieu stellaire : Lugus, Lleu Llaw Gyffes (Mercure)
Déesse lunaire : Sirona, Divona (Lune)
Dieu artisan; forgeron des dieux : Gobanon (dieu du magma et des minéraux)
Second dieu artisan; jardinier des dieux : Amaethon (dieu de l’agriculture et des végétaux)
Troisième dieu artisan; le savant des dieux : Uidon, Gwyddyon (dieu de la connaissance, prototype de l’homme « parfait »)

(Les dieux artisans ont pour mission de transmuter alchimiquement les 3 Règnes de le Nature primitive : Gobanon, le Minéral en diamant et en or, Amaethon le Végétal en gui et en chêne et Uidon, l’Animal en homme réalisé.)

DIEUX TUTELAIRES DES SIGNES FIXES :
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Scorpion : du 23 octobre au 22 novembre : RIGANTONA
Sagittaire : du 23 novmebre au 21 décembre : SMERTRIOS
Capricorne : du 22 décembre au 19 janvier : TALENTIO
Verseau : du 20 janvier au 18 février : BRIGANTIA
Poissons : du 19 février au 20 mars : NANTOSUELTA
Bélier : du 21 mars au 20 avril : CAMULOS
Taureau : du 21 avril au 20 mai : BOVINDA
Gémeaux : du 21 mai au 21 juin : MAPONOS
Cancer : du 22 juin au 22 juillet : ESKIOS
Lion : du 23 juillet au 22 août : NODONS
Vierge : du 23 août au 22 septembre : EPONA
Balance : du 23 septembre au 22 octobre : ESUS

DIEUX TUTELAIRES DES PLANETES ET DES JOURS :
==========================================
SIRONA : Lune – Lundi
OGMIOS : Mars -Mardi
LUGUS : Mercure – Mercredi
TARANIS : Jupiter – Jeudi
BELISAMA : Vénus – Vendredi
CERNUNNOS : Saturne – Samedi
BELENOS : Soleil – Dimanche

DIEUX TUTELAIRES DES DECANS :
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GOBANON : le Forgeron des dieux = 1er décan
AMAETHON : le Jardinier des dieux = 2ème décan
GWYDDYON : le Savant des dieux = 3ème décan

LES MAITRES DES HEURES :
=======================
Minuit à 1 h = Ana. 1 h à 2 h = Dagodévos. 2 h à 3 h = Cernunnos. 3 h à 4 h = Taranis. 4 h à 5 h = Ogmios. 5 h à 6 h = Bélénos. 6 h à 7 h = Bélisama. 7 h à 8 h = Lugus. 8 h à 9 h = Sirona. 9 h à 10 h = Gobanon. 1O h à 11 h = Amaéthon. 11 h à 12 h = Gwyddyon.
Midi à 13 h = Rigantona. 13 h à 14 h = Smertrios. 14 h à 15 h = Talentio. 15 h à 16 h = Brigantia. 16 h à 17 h = Nantosuelta. 17 h à 18 h = Camulos. 18 h à 19 h = Bovinda. 19 h à 20 h = Maponos. 20 h à 21 h = Eskios. 21 h à 22 h = Nodons. 22 h à 23 h = Epona. 23 h à Minuit : Esus.

FONCTIONS DES DIEUX :
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ANADANA : les problèmes maternels, la protection post-mortem.
DAGODEVOS : les problèmes de chef de famille, fécondité masculine.
CERNUNNOS : obtention de richesses et des faveurs de la Nature.
TARANIS : protection contre l’injustice et les cataclysmes.
OGMIOS : pour la victoire, l’éloquence et le savoir.
BELENOS : favorise les beaux arts, la santé et la connaissance.
BELISAMA : la beauté féminine, la grâce et le comportement.
LUGUS : à invoquer en toute circonstance, dieu polyvalent.
SIRONA : pour les problèmes d’instabilité d’humeur, d’instinctivité agressive.
GOBANON : la guérison des blessures, la réussite matérielle, les arts manuels.
AMAETHON : pour les problèmes agricoles ou liés à la nature.
GWYDDYON : à invoquer pour réussir ses études, obtenir le savoir.
RIGANTONA : pour obtenir la protection féminine, l’autorité matrimoniale.
SMERTRIOS : à invoquer pour se protéger de ses ennemis.
TALENTIO : pour conserver son territoire, ses biens, pour ses enfants.
BRIGANTIA : guérison des maladies, accouchement, l’intuition.
NANTOSUELTA : à invoquer pour la protection du foyer.
CAMULOS : pour obtenir la victoire dans les conflits.
BOVINDA : protectrice du bétail et du monde animal.
MAPONOS : pour les difficultés de filiation, les héritages.
ESKIOS : protection contre problèmes d’humeur, ou la stérilité
NODONS : la recherche du pouvoir ou la protection contre l’autoritarisme.
EPONA : pour obtenir l’abondance et la protection dans l’Autre Monde.
ESUS : à invoquer pour acquérir la force créatrice ou l’énergie nécessaire pour détruire ce qui est corrompu.

(cette étude est reprise et adaptée d’un article paru dans la revue Druvidia du Comsedon Druidiacta Litauos ou C.D.L.)

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