You are currently browsing the tag archive for the ‘Claude Perrin’ tag.

« [cette branche de gui] vient d’un antique chêne multiséculaire, comme celui que ce mécréant de Jules césar au cours du siège de Marseille, lors de sa guerre contre Pompée, a abattu de ses propres mains quand il cherchait du bois, près d’Arles pour construire sa flotte. Explorant les lieux, il était tombé sur une des rares forêts de cette région, forêt sacrée vénérée dans toute la gaule qu’il venait de conquérir. Le légionnaire romain qui devait se charger de l’ignoble besogne tremblait de tout son corps et ne parvenait pas à ses fins. César, furieux, descendit de son cheval, lui arracha la hache des mains et abattit l’arbre en disant :  « Le sacrilège, c’est moi qui l’assume. » Et dire que ce César, qui s’est comporté avec une grande cruauté avec la Gaule chevelue, qui n’a pas eu la clémence d’un Scipion l’Africain à l’égard de Vercingétorix, qui n’a cru bon de rapporter au Sénat romain que son trop fameux, Veni, Vidi, Vici pour résumer sa campagne guerrière, eh bien, ce César nous a légué son nom pour rebaptiser le Quinctilis mensis, le cinquième mois, mois de Julius que nous connaissons maintenant sous le nom de mois de Juillet !

Nous n’en finissons pas d’assumer en toute inconscience, à tout instant de multiples sacrilèges. Et c’est cela qui nous a amené là où nous en sommes, à la chosification de la vie en vertu de ce qu’on appelle le réalisme ou le pragmatisme, une vision du monde purement matérialiste qui a hissé le rendement au rang de vertu supérieure. »

Claude Perrin, Le retour des gueux, le réveil des lions. Les Éditions de la Forêt.

——————————————————————————————————

« En ces temps de violents contrastes reprit le vieil homme, où plus rien ne se passe « comme avant », les masques tombent, les faux semblants s’effacent, les caractères se révèlent. Les ternes, les gris, les inodores qui n’auraient jamais du acquérir le moindre rang, retournant à leur vraie place, c’est à dire celle de la lie. La lie ! Cela ne répond pas à un statut (ou plutôt une absence de statut) particulier ou à un rang social qui serait, par définition mineur. Cela n’est pas non plus une frange homogène quasi-marginale de la société, c’est plutôt, dispersée, éparse dans toutes les couches sociales, une médiocrité de l’âme, une petitesse de l’esprit, une mesquinerie qui sont communes à nombre de gens, mais qui ne les a pas empêchés d’acquérir un rudiment de culture, une place enviée dans cette société en plein déclin. Le vil, l’ignoble émergent dès que sont en jeu les instincts primaires. Quand toutes les règles et les barrières sociales ont disparu, les auréoles tombent et la lie donne libre cours à ses penchants et se révèle telle qu’elle est. »

Claude Perrin, Le retour des gueux, le réveil des lions. Les Éditions de la Forêt.

—————————————————————————————————-

« Vous venez d’assister là à la démonstration des effets pervers de cette philosophie qui nous ronge depuis maintenant des décennies : celle de la planète-village tombée sous la coupe de groupements financiers supranationaux, apatrides, dont le comportement n’a rien à envier aux mafias de toutes sortes, qui prolifèrent également en toute impunité, mais qui peuvent se parer de tous les critères de la légalité, la leur, bien sûr, qui est celle de la jungle. Ces multinationales, avides autant que cyniques et cupides, ont abattu, un à un, tous les obstacles à leur extension et à leur boulimie de profits, tuant ce qu’il y a de meilleur chez l’homme : don de soi, créativité artistique, aspirations diverses à se transcender. Elles ont surtout tué tout sentiment d’appartenance, toute tradition, toute référence au passé, abattant les frontières, les particularismes, ravalant au rang de vieilles lunes les valeurs qui ont conduit autrefois les meilleurs d’entre nous à se dépasser, à se sacrifier, comme par exemple, celles d’honneur et patrie, qui n’évoquent plus rien dans les jeunes générations. Déboussolés, coupés de leur histoire et de leurs traditions, les peuples abandonnés sur les friches de leur civilisation, sont prêts à se donner au premier venu et à le suivre. »

Claude Perrin, Le retour des gueux, le réveil des lions. Les Éditions de la Forêt.

—————————————————————————————————–

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

————————————————————————————————-

pour me contacter

novembre 2019
L M M J V S D
« Fév    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 286 253 hits