You are currently browsing the tag archive for the ‘Claude Sterckx’ tag.


« Comme on ne peut guère imaginer qu’un héritage linguistique, lexical, formel … puisse se transmettre sans aucun contenu conceptuel, on est fondé à penser que les Celtes comme les autres ont tous gardé dans leur culture un certain nombre de traits hérités mais qu’ils ont fait évoluer selon leurs propres modes, de la même fraçon que la langue proto-indo-européenne a évolué en mode propre dans chaque grande famille linguistico-culturelle.

De fait, la comparaison indo-européenne a révélé de manière indubitable un important fonds idéologique commun et de nombreuses convergences issues soit de l’héritage conceptuel, soit de mises en oeuvre parallèles de certains éléments de l’héritage.

L’un des traits idéologiques des plus fondamentaux -même si en aucune façon on ne peut le tenir pour omniprésent ni pour le clef ultime de toute exégèse- est la tripartition fonctionnelle décelée par le comparatiste français Georges Dumézil.

Cette découverte est issue de la mythologie comparée. Georges Dumézil s’est en effet aperçu que tous les panthéons indo-européens étaaient centrés sur un état-major de cinq dieux cités selon un ordre canonique de fonctions : un dieu céleste maître de la magie et gardien du bon ordre cosmique; un protecteur bienveillant des bons rapports entre tous les êtres; un dieu guerrier; deux jumeaux patronnant les arts, les techniques et la subsistance physique. Dans l’Inde védique ce sont Varuna, Mitra, Indra, Dasra et Nasatya; en Scandinavie, Odin, Tyr, Thor, Frey et Njördh, en Irlande, Oghma Griaineineach, Eochain Ollathair, Nuadha Airgeadlàmh, Dianchéacht et Goibhne; etc.

(…) La répartition entre cinq dieux de ces trois fonctions [souveraineté, guerre, subsistance physique] correspond à un symbolisme numéral de totalité en distinguant d’une part les deux aspects coercitif et bienveillant de la souveraineté et, d’autre part, la multiplicité des besoins physiques et des actrivités nécessaires pour les satisfaire ».

Claude Sterckx, Mythologie du monde Celte.

(illustration, Ogma par Giacinto Gaudenzi)

————————————————————————————————–

Publicités

« Ainsi donc, le Daghdha transportait sur son dos le cadavre de l’un de ses fils, Cearmaid Milbhéal, qui avait été tué par Lugh. Le Daghdha avait eu recours à sa grande science : le corps de Cearmaid avait été oint d’encens, de myrrhe et d’herbes, puis son père l’avait mis sur son dos et le transportant ainsi , il parcourait le monde [à la recherche d’un moyen de le rendre à la vie] […] Il rencontra trois hommes qui voyageaient en emmenant leur patrimoine. Le Daghdha leur adressa la parole et ils lui dirent :

-Nous sommes trois frères, fils de mêmes père et mère et nous profitons en commun de notre héritage.

– Quel est-il ? Interrogea le Daghdha.

– Une tunique, une massue et un sayon, répondirent-ils

– Quels pouvoirs ont-ils ? interrogea le Daghdha

– La massue que voilà possède un bout doux et un bout dur. Le premier ressuscite les morts et l’autre tue les vivants.

– Et la tunique et le sayon : quelles sont leurs vertus ? Questionna le Daghdha.

– Celui qui s’enveloppe du sayon peut prendre la forme la taille et la couleur qu’il désire, quelles qu’elles soient. Quant à la tunique elle préserve de tout chagrin et de toute maladie celui qui l’endosse.

– Montrez-moi la massue, demanda le Daghdha et ils la lui passèrent.

Aussitôt il les frappa tous les trois avec le mauvais bout et il les tua, puis il toucha le corps de son fils avec le bon bout et celui-ci se leva plein de vie. Il se passa la main sur les yeux et interrogea son père :

– Qui sont ces trois cadavres près de moi ?

– Ce sont trois frères que j’ai rencontrés ; ils possédaient trois trésors légués par leur père, dont cette massue qu’ils m’ont prêtée. Je les ai tués avec un bout et je t’ai ressuscité avec l’autre, répondit le Daghdha.

– Il ne serait pas bien de ne pas leur rendre la vie de la même façon qu’à moi, dit Cearmaid.

Le Daghdha les toucha alors du bon bout de la massue et ils se relevèrent aussitôt.

– Comprenez vous que je vous ai tués avec votre propre massue ? Leur demanda le Daghdha.

– Oui, et c’était une méchante ruse, rétorquèrent-ils.

– Je connais maintenant le pouvoir de votre massue et je m’en suis servi pour vous ramener à la vie : faites-m’en don, dit le Daghdha.

– D’accord, mais comment partager désormais notre héritage ?

– Vous établirez un tour de rôle, expliqua le Daghdha, de sorte que chacun de vous ait l’un de vos trésors, puis n’en ait plus jusqu’à ce que son tour revienne. »

 

(cité dans Claude Sterckx, Mythologie du monde Celte)

————————————————————————————————

 

 

 

pour me contacter

août 2019
L M M J V S D
« Fév    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 280 610 hits
Publicités