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Alors qu’on lui demandait « ne croyez vous pas qu’avec le triomphe actuel du matérialisme, le paganisme étant mort, la meilleure réponse ne serait-elle pas d’en revenir à un catholicisme médiéval, c’est à dire fortement teinté de paganisme ? » Robert Dun répondit :

« Il est faux de dire que le paganisme est mort. Il est l’une des deux religions officiellement reconnues en Islande. Il est l’unique religion en Mongolie. Il existe aussi en Russie et il est susceptible de renaissance car il a de fortes racines dans l’âme slave. Il a de nouveaux et authentiques bourgeons dans les pays germaniques et celtiques. il revit chez de nombreux Européens ralliés aux traditions d’Amérique. La deep ecology est implicitement païenne et chez beaucoup même explicitement. Dans la littérature contemporaine, il s’exprime fortement chez Lawrence, Giono, Steinbeck (« Au dieu inconnu »). Et n’oublions pas ce puissant vent de résurrection païenne que constitue l’œuvre de Nietzsche. Il ne s’est pas contenté de ressusciter pour nous la Grèce antique et ses deux divinités primordiales (dans le domaine social) Apollon et Dionysos. Il a aussi réveillé le plus profondément la veine germanique en dénonçant le Christianisme comme un blasphème contre la vie, donc contre le divin immanent. Or dans la Germanie antique la joie était pieuse et la tristesse blasphématoire (et par là porteuse de malheur). le peuple ne se prêterait pas davantage à une résurrection du Christianisme paganisé qu’à celle du paganisme. C’est une démarche impossible parce que la contradiction est devenue trop connue et criante. Ce serait une fatale maladresse qui fortifierait des Églises moribondes ennemies depuis toujours de notre race et de notre âme, retardant les échéances inévitables, maintenant et aggravant la confusion dans les esprits. En un mot comme en cent, ce serait combattre un effet avec sa propre cause. »

(« Le grand suicide »)

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je ne pense pas qu’il faille voir dans la « volonté de puissance » nietzschéenne une illustration de la « lutte pour la vie » d’inspiration darwinienne comme on cherche trop souvent à la réduire. Elle n’est rien d’autre que la volonté de « Créer » dans la mesure où le créateur est celui « en qui la puissance déborde« . Tout en nous cherche à aller au delà de ses limites. Etre puissant, c’est à dire créateur, c’est se dépasser sans cesse en direction des possibilités inexplorées, des perspectives inconnues (l’horizon grand ouvert), et c’est ça que Nietzsche appelle « la Grande Santé » (qu’on voudrait là aussi réduire faussement à une opposition faible-fort…)
La Grande Santé, c’est accueillir la multiplicité de perspectives sur le monde et la vie qui nous compose, c’est accueillir la contradiction, en un mot le tragique de l’existence. Trop souvent, et les monothéistes portent en ce domaine une écrasante responsabilité, l’homme veut ce qu’il appelle « le bien » sans vouloir ce qu’il appelle « le mal », la lumière sans les ténêbres alors que nous, païens (et je ne suis pas si éloigné de l’éthique et de la morale qu’on voudrait bien le croire à première vue …) voulons assimiler la lumière aux ténèbres, savons que l’une ne va pas sans l’autre si nous voulons respecter le bon ordonnancement des choses …pour Nietzsche, Dionysos symbolise l’homme qui accueille inconditionnellement en lui comme hors de lui, les polarités opposées: le bien et le mal (pour faire simple), la vie et la mort, la création et la destruction, ce qui est une démarche complètement païenne… Au delà de ces polarités, s’offre la joie tragique, celle de la lucidité et du oui à la vie : connais toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les Dieux
C’est l’Amor Fati, l’amour de la destinée. Cette expression issue du stoïcisme n’invite pas à la résignation, nous vivons avec une définition des choses complètement faussée, qui voudrait que le stoïque soit une espèce de sado maso, l’épicurien un super bon vivant (alors que ce n’est qu’une sorte de stoïque volontaire et que c’est ainsi le confondre faussement avec l’hédoniste), etc. donc aucune résignation mais une acceptation joyeuse : »je veux apprendre toujours plus à voir, dans la nécessité des choses, le beau : je serai aussi un de ceux qui embellissent les choses. Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, même pas les accusateurs. Que regarder ailleurs soit mon unique négation ! Je veux en toutes circonstances n’être plus qu’un homme qui dit oui ! » Telle est selon moi, la véritable figure du « surhomme » : l’homme dionysiaque qui a su redevenir enfant : jeu et nouveau commencement … et , toujours selon moi, la véritable figure du païen, loin de toute souffrance voulue, espérée, mais aussi loin de toute facilité …

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