You are currently browsing the tag archive for the ‘Domme’ tag.

Augiéras

« Écoutez les premiers pas du Sur-Homme : une espèce nouvelle s’annonce qui va refouler le Petit Homme Actuel. Le Monde doit perpétuellement se rajeunir par l’écroulement des âges périmés; la Création n’est pas terminée; l’Homme arrive nettement à une phase de métamorphose; l’Actuelle espèce humaine est entrée déjà dans un stade de dépérissement et de survivance; toute la force créatrice de cette région de l’Univers va se concentrer sur une nouvelle Race. Les deux variétés évolueront rapidement; l’une deviendra toujours plus grégaire, plus conditionnée, plus servile; l’autre s’épanouira. Elle dépassera infiniment l’Homme actuel. Le temps est venu des provocations, des agressions, fussent-elles très secrètes car il approche le moment de l’affrontement décisif entre l’Homme Résiduel et la race, mieux douée mentalement qui va lui succéder.
L’Homme ne peut continuer à être un « produit de série », issu de n’importe quel couple qui procrée en pensant à autre chose : la Nouvelle race sera contrainte de ne tenir pour « Homme » que le produit raisonné d’un couple conscient, déjà en cours de mutation favorable. Un reclassement est déjà commencé; il y a une humanité véritable en cours d’apparition, douée des organes psychiques qu’il faut pour revenir à l’Univers des Astres; il en est une autre qui n’est plus qu’une apparence, une humanité résiduelle, sordide, bassement terrestre, humaniste, irrémédiablement condamnée, coupée de l’Univers-Vivant, en partie par la faute du Christianisme qui n’a jamais été que la copie maladroite et frauduleuse des grandes Initiations. »

(François Augiéras. Domme ou l’essai d’occupation.)

—————————————————————————————————————————————-

Publicités

« La brume se déchire sous les rayons d’un chaud soleil; elle s’évapore rapidement dans l’air bleu. Le monde des Hommes réapparaît; un pont sur la rivière, les peupliers, les routes reviennent à l’existence dans une lumière bleu-rose, délicate, pastel. Des colombes tournoient joyeusement, venant des pigeonniers du village de Cénac, qui me reste invisible sous les falaises; et tout compte fait le monde de Hommes me demeure lointain et me parvient surtout comme une sourde et vilaine rumeur, obstinée, assez puissante aujourd’hui, car c’est probablement le dimanche de Pâques, et de petites autos, chargées de familles ravies de profiter du beau temps, passent rapidement sur le pont, dont les arbres se reflètent maintenant dans une eau très bleue, parfait miroir du ciel.

A nouveau, je ressens intensément mon isolement, mon désaccord avec une race usée. Ces gens vont à leurs petites affaires qui ne sont pas les miennes; et s’il faut m’exaspérer davantage, une cloche sonne à toute volée, cette fois ci du côté de Vitrac. Là-bas, des gens iront adorer faiblement, car le christianisme s’achève…

Aussi ne puis-je que bénir le hasard qui me donne un pur sanctuaire sur une discrète prairie inconnue des humains, un autel de pierre où je peux adorer la Lumière, et, secrètement, rendre un culte à l’Energie Primordiale. Et pourquoi donc secrètement ? Le temps est venu de tenir tête aux Hommes, presque ouvertement ! Sur ma prairie persiste une exquise odeur d’encens; les stupides cloches de Pâques achèvent de me pousser à la provocation : ici même, chaque jour, j’adorerai l’Univers sans me cacher aucunement ! Des fumées monteront vers le soleil. »

François Augiéras, Domme ou l’essai d’ocupation.

—————————————————————————————————

 

dscf0672
« Le crépuscule lutte victorieusement contre la faible nuit. Un soleil rouge baisse lentement sur les forêts très roses. Dans une lumière chaude et dorée, le voici donc le vaste Sarladais, tout incliné, ce soir, vers le proche soleil de l’équinoxe d’été. Le monde est beau plus qu’à l’accoutumée ! Les Hommes quant à eux, ne le regardent pas,, occupés qu’ils sont à bâtir sur une place un bûcher, avec une morne joie de bourreaux de funèbres bois de justice.
Et pourquoi donc seraient-ils gais ces lâches ? Des bas quartiers de la ville monte une sale rumeur de 14 juillet ; un prêtre viendra, tout à l’heure, bénir, sanctifier, tolérer… une discrète fête en l’honneur de l’apogée des Forces du Monde. Quand on accepte d’être à ce point berné, trahi par une religion étrangère à l’Europe, je comprends qu’on soit triste. Que des gens qui sont, pour la plupart, des paysans, ou des villageois restés proches de la terre, liés par toutes les fibres de leur être à la terre-Mère, aux moissons, aux noces, aux accouplements… le plus souvent très libres, à l’élan de la végétation, acceptent que leur fête à eux, celle des valeurs qui sont les leurs, soit travestie en fête d’un Évangéliste à moitié fou qui vaticina dans l’île de Patmos est un spectacle affligeant qui me porte à la haine.
astresLancés par des gamins, des pétards claquent sur le pavé des rues; on va vers le bûcher dans une sale odeur de poudre à bon marché. Pauvres gens, braves bougres dépossédés par le Christianisme de toutes les croyances qui furent leur raison d’être, leur joie, leur dignité, et au profit de quelle religion ! Celle d’un Christ qui n’a jamais existé que dans l’imagination de quelques névrosés. Jésus : un menuisier qui aborde les gens dans les rues de Jérusalem, en leur soufflant à l’oreille : tu viens, tu m’aimes… comme un Nord-Africain sans travail faisant le tapin, à la tombée de la nuit, dans les ruelles de Marseille ! Une sagesse antique lentement, saintement élaborée en plusieurs millénaires, le très ancien message des Dieux du Ciel détruits, discrédités par une religion résiduelle, qui n’est qu’une Reader’s Digest des grandes initiations. La race blanche saignée à blanc dans ses valeurs profondes; une sagesse antique, un message primordial sauvés partiellement, de siècle en siècle, par les juifs initiés, par Nous, par les alchimistes et les sorciers de village, torturés à mort, brûlés vifs, réduits au ghetto ! Toutes les archives jetées au feu, les dolmens renversés ou surmontés d’une croix sacrilège, le souvenir de la primhistoire divine des Hommes Anciens et des Fils des Astres perdu volontairement, toute connaissance des mystères sacrés frappée d’interdit ! Et , le plus triste, c’est que « ça » a réussi ! Le Christianisme partout en régression et qui s’achève lamentablement de Concile en Concile, a réussi, en deux mille ans, à pourrir la race blanche, à lui faire perdre le sens du Sacré, à le couper définitivement de l’Univers-Divin, à le rendre bassement athée, matérialiste, vulgaire, à l’empêcher de poursuivre son évolution cosmique. Le Christianisme a châtré la race blanche dans ses rapports avec les Forces du Monde. Il a fait de l’homme blanc un eunuque face à l’Univers ! Quand on parle des tabous sexuels chrétiens et des multiples interdits qu’il inventa du fait de sa nature foncièrement névropathe, jointe à sa filiation avec la pensée puritaine hébraïque, on pense à son mépris de la femme, à sa condamnation de l’amour des garçons ; on se souvient vaguement de la condamnation de la « bestialité » dont le souvenir s’estompe dans les brumes du moyen-âge. Mais le plus grave interdit sexuel chrétien est absolument ignoré; il est cependant sous-jacent, invisible, inconnu mais présent. Le plus grave interdit sexuel judéo-chrétien est celui-ci : tu n’auras pas de relations amoureuses avec les Forces du Monde, tu n’aimeras pas l’Univers ! Car, jadis, les humains ont aimé l’Univers… Le nécessaire a été fait pour qu’ils en perdent à jamais le divin souvenir. Le : tu n’auras pas d’autre Dieu que Iaveh, tu n’adoreras pas les étoiles, tu seras soumis à la Loi, fût-elle, dans le cas du message de Jésus de Nazareth, composée de vin aigre et de fiel jetés dans de vieilles outres sales qui dataient de Moïse, toute la pensée judéo-chrétienne n’a qu’un but : interdire toute relation cosmique, nier le caractère vivant de l’Univers, interdire la sexualité sacrée, effacer à jamais le souvenir du passage des Fils des Astres, et de leurs amours avec les Filles des Hommes : tu n’auras pas d’enfants à la ressemblance des Dieux du Ciel. L’Islam continua ce même travail haïssable : isoler l’humanité, la réduire à n’être que terrestre… jusqu’au désespoir.
feuPar curiosité je me suis mêlé à la petite foule qui s’agglutine sans joie autour du bûcher. Le plus triste à voir, à entendre, ce sont les essais de gaîté; des drilles, qui se veulent joyeux, lancent de sottes plaisanteries qui ne rencontrent aucun écho; des rustres, qui ont à défendre une solide réputation de boute-en-train, datant des années trente, n’ont pas meilleur succès. On a l’impression que ces pauvres gens s’efforcent vainement de se souvenir du temps où les feux du solstice d’été chantaient les noces de la terre et des astres, le retour des morts et les futures naissances, le souvenir des Dieux ! La foule est morne; on attend monsieur le Curé. Des enfants courent ici et là en riant, bousculent les gens; ils sont brutalement rappelés à l’ordre; des claques sonnent; j’ai l’impression de les recevoir en plein visage, elles me font mal. J’ai la certitude, un instant, le temps d’une lueur, qu’on tape sur les gosses pour les empêcher de se souvenir de quelque chose, qu’ils sont sur le point de retrouver ce soir, qu’ils savent d’instinct : que l’Univers est vivant, que Jésus n’a jamais existé, que l’Univers, c’est Dieu. »
François Augiéras : « Domme ou l’essai d’occupation »
————————————————————————

… bon, on va aller paradoxalement s’oxygéner un peu, se purger de l’air pourri de la vie publique et politique au fond des grottes en s’interrogeant sur leur acoustique : alors donc, les hommes préhistoriques peignaient-ils de préférence les zones de leurs grottes où l’acoustique était la meilleure, ce qui pourrait expliquer la répartition jusque-là incompréhensible des peintures dans de nombreuses grottes, ignorant des murs pourtant parfaitement utilisables?

Pour répondre à cette question, un professeur à Paris-X, Iegor Reznikoff, a testé divers sons et tonalités de voix dans une dizaine de sites paléolithiques français ornés, en notant sur un plan là où la résonance était la plus nette, les sons les plus amplifiés.

En superposant ces données avec les relevés des peintures, il s’est rendu compte qu’il y avait jusqu’à 90 % de correspondance ! Le site le plus frappant est celui du Salon noir, dans la grotte de Niaux, en Ariège.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à François Augiéras qui, dans sa Grande Caverne de Domme s’essayait à jouer la musique des Dieux:

augieras-2

« D’un doigt, je fais chanter une corde, gai, ému, avant de poser les mains davantage sur le grand jeu, paisible encore, des souples fils de nylon. C’est un instrument à ne donner aucune mélodie, mais à jouer l’absence d’espace et de temps, l’existence absolue au coeur de la Lumière Divine. Puis, la décision prise d’inventer un monde, un instrument à bâtir, à coups de résonances, des espaces et des temps, des séries de paraboles, des hasards infiniment répétés, modulés, avant de les détruire en un chant frénétique, toutes cordes vibrant. Un instrument pour jouer cela et rien d’autre. La Musique des Dieux. La Nôtre. Jamais deux fois semblable, toujours improvisée.

En ce milieu de l’après midi; un instant j’hésite à mettre en branle les cordes, tant j’ai de joie à me savoir dans cette belle caverne, loin des Hommes qui n’ont pas réussi à m’empêcher de m’installer dans un temps sacré et dans une civilisation qui leur sont radicalement étrangers. Avoir aménagé cette grotte à leur insu, malgré eux, contre eux, quelle revanche ! Je vis sur cette planète comme Nous vivons ailleurs ! De bonheur je ferme les yeux; les cigales crissent dans les taillis, comme une immense basse sonore qui me parvient obstinément assourdie dans cette grande caverne aux immenses étoffes.
Paupières closes je pince une corde. D’une main j’étouffe délicatement la vibration, la maîtrisant sous une pression du doigt, cherchant le son primordial Brahm, créateur et soutien des Mondes. Une autre corde, plus bas sur l’échelle des sons, est touchée doucement, sans que cette seconde vibration ait un rapport harmonique quelconque avec la première : elle est un second son primordial perdu dans l’Infini. J’ébranle les cordes, du grave à l’aigu, lentement. Rien n’unit encore les calmes résonances; je joue l’absence des espaces et des temps, l’existence absolue, l’énergie primordiale non manifestée, inconnue des humains. Puis, après une longue paix divine, les vibrations, encore séparées par d’incroyables distances, tendent à se rapprocher peu à peu, par affinités, par jeu, à grands coups de hasard. Le rythme naît; des rapports harmoniques s’établissent un à un; tandis que, de temps à autre, avec un morceau de bois je frappe mon instrument violemment. Je joue la Lumière au commencement d’un Monde, et je suis la Lumière. Je suis le Premier Jour, l’heureuse surprise de la Lumière naissante, et celui qui la crée. Un Monde naît de ma seule volonté de l’entendre, tandis qu’à coups de vibrations toujours plus rapides j’en soutiens l’existence. Un ton plus haut, je le vois ce Monde : il brille, azur, enfant de mon amour. Je suis l’âme des cordes et la pure joie d’exister.

De la main gauche, inlassablement, je module, retiens, amplifie les sonorités; j’invente des espaces; mon âme danse et donne aux belles cordes, qui sonnent sous mes doigts, le désir de vivre dans tous les temps possibles.

Mon délire sonore va s’amplifiant jusqu’au parfait bonheur: je me fragmente en âmes. Je suis l’Energie qui s’éprend de son oeuvre. Au fil de sons inlassablement répétés, mettant en cause, battant toute l’étendue du registre, je tonne, j’explose. En un spasme divin, ce Monde, je le jette hors de moi, toujours paupières closes, pour le mieux voir, ce fils de ma joie d’être de toute Eternité. Et me tais.

Dans ma grande caverne, après un long silence, une note cristalline s’élève et chante, une seule mais infinie : c’est le murmure de la tendresse. Mon âme divine plane, heureuse : comme un oiseau, ailes largement déployées, virant au dessus des arbres, je vois mon ombre passer rapidement sur un monde très jeune encore, qui Me reconnaît et M’adore ».

François Augiéras : Domme, ou l’essai d’occupation

pour me contacter

août 2019
L M M J V S D
« Fév    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

a

Des racines et des elfes

Tigialon uscas

Blog Stats

  • 1 280 397 hits
Publicités