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assemblée nationaleEnfant bâtard de l’actuelle mobilisation contre le «mariage pour tous»: le serpent de mer de «l’union des droites» est à nouveau sur beaucoup de lèvres et dans non moins d’esprits. Alors que le clivage gauche/droite semblait avoir définitivement démontré son inanité et que de véritables recompositions pouvaient être espérées autour des vraies césures fondamentales que sont libéralisme/socialisme et localisme/mondialisme, l’actualité a offert une occasion inespérée de ragaillardir la tartufferie éculée en une nouvelle crispation partisane autour de sujets sociétaux, certes non négligeables, mais qui ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. Las! Les prurits droitards refleurissent comme boutons d’acné sur un visage d’adolescent. Chassez le naturel, il revient au galop. Au nom de la «stratégie» et de l’opportunité du moment, on glisse des montagnes du Chiapas aux arrières-boutiques de l’UMP… quelle dégringolade! C’est la grenouille qui croit qu’elle va manipuler le boeuf. Les sirènes des alliances locales, voire nationales, le fumet des postes et des prébendes, même bien modestes, font frétiller les sens et peuvent troubler les consciences…

Une fois de plus la jeunesse patriote et rebelle semble sur le point de se faire berner, enfermée dans des calculs à courte vue et des tactiques qui ont pourtant déjà démontré maintes fois, notamment en Italie, qu’elles ne menaient qu’au fiasco, à la trahison et à l’infamie. Et ce piège nous y tomberons encore et encore, tant que nous n’aurons pas compris, intégré, admis, affirmé et réaffirmé que nous ne sommes pas de droite. Nous, (…), n’avons rien de plus ni de moins en commun avec la pseudo opposition de droite qu’avec la majorité de gauche. Hollande n’est pas notre président mais Sarkozy ne l’était pas non plus et Copé le serait encore moins, si tant est que cela soit possible. Nous ne devons et pouvons pas admettre des assimilations voire des coopérations avec les fossoyeurs de la nation, les domestiques des Etats-Unis et de la finance internationale, les fourriers de l’immigration et les chantres du libéralisme, c’est-à-dire de la mondialisation.

Contrairement aux moutons et aux veaux, nous n’avons pas la mémoire courte! Le regroupement familial, l’IVG, l’imposition du Traité européen pourtant rejeté par référendum (déni de démocratie d’une autre ampleur que le mariage pour tous!), la réintégration de l’Otan, la guerre en Libye, le boom de la vidéosurveillance, la loi Hadopi, le travail du dimanche (Où étaient les sourcilleux catholiques d’aujourd’hui?), la suppression de la dite «double peine», la création de la Halde… tout cela, nous savons à qui nous le devons! De Christine Lagarde, glissant d’un ministère où elle rédigeait ses notes de service en anglais au fauteuil de présidente du FMI, à Claude Goasguen prolongeant son engagement à Occident au sein de l’association France-Israël en passant par Boutin, la tartuffe et ses missions sarkozystes à 9000 euros par mois, Guéant et ses mallettes de pognon, Parisot et sa morgue, Peltier le minot serial-arriviste, tous ces sinistres pantins sont l’antithèse de ce que nous sommes, de ce en quoi nous croyons et de ce que nous espérons pour notre peuple et notre civilisation! Il faut le dire et le marteler: nous n’avons que des ennemis à droite!

X. Eman

via Cercle non Conforme

Texte initialement paru dans Rébellion #59 (été 2013)

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Haddock

Enfant bâtard de l’actuelle mobilisation contre le « mariage pour tous »: le serpent de mer de « l’union des droites » est à nouveau sur beaucoup de lèvres et dans non moins d’esprits.

Alors que le clivage gauche/droite semblait avoir définitivement démontré son inanité et que de véritables recompositions pouvaient être espérées autour des vraies césures fondamentales que sont libéralisme/socalisme et localisme/mondialisme, l’actualité à offert une occasion inespérée de ragaillardir la tartufferie éculée en une nouvelle crispation partisane autour de sujets sociétaux certes non négligeables mais qui ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. Las! Les prurits droitards refleurissent comme boutons d’acné sur un visage d’adolescent. Chassez le naturel, il revient au galop. Au nom de la « stratégie » et de l’opportunité du moment, on glisse des montagnes du Chiapas aux arrières-boutiques de l’UMP… quelle dégringolade! C’est la grenouille qui croit qu’elle va manipuler le boeuf. Les sirènes des alliances locales, voir nationales, le fumet des postes et des prébendes, même bien modestes, font frétiller les sens et peuvent troubler les consciences…

Une fois de plus la jeunesse patriote et rebelle semble sur le point de se faire berner, enfermer dans des calculs à courte vue et des tactiques qui ont pourtant déjà démontré maintes fois, notamment en Italie, qu’elles ne menaient qu’au fiasco, à la trahison et à l’infamie. Et ce piège nous y tomberons encore et encore tant que nous n’aurons pas compris, intégrés, admis, affirmés et réaffirmés que nous ne sommes pas de droite. Nous, jeunes et moins jeunes patriotes, identitaires, solidaristes, fascistes n’avons rien de plus ni de moins en commun avec la pseudo opposition de droite qu’avec la majorité de gauche. Hollande n’est pas notre président mais Sarkozy ne l’était pas non plus et Copé le serait encore moins, si tant est que cela soit possible. Nous ne devons et pouvons pas admettre des assimilations voire des coopérations avec les fossoyeurs de la nation, les domestiques des Etats-Unis et de la finance internationale, les fourriers de l’immigration et les chantres du libéralisme, c’est à dire de la mondialisation.

Contrairement aux moutons et aux veaux, nous n’avons pas la mémoire courte! Le regroupement familial, l’IVG, l’imposition du Traité européen pourtant rejeté par référendum (déni de démocratie d’une autre ampleur que le mariage pour tous!), la réintégration de l’Otan, la guerre en Libye, le boom de la vidéosurveillance, la loi Hadopi, le travail du dimanche (Où était les sourcilleux catholiques d’aujourd’hui?), la suppression de la dite « double peine », la création de la Halde… tout cela, nous savons à qui nous le devons!

De Christine Lagarde, glissant d’un ministère où elle rédigeait ses notes de service en anglais au fauteuil de présidente du FMI, à Claude Goasguen prolongeant son engagement à Occident au sein de l’association France-Israël en passant par Boutin la tartuffe et ses missions sarkozystes à 9000 euros par mois, Guéant et ses mallettes de pognon, Parisot et sa morgue, Peltier le minot serial-arriviste, tous ces sinistres pantins sont l’antithèse de ce que nous sommes, de ce en quoi nous croyons et de ce que nous espérons pour notre peuple et notre civilisation! Il faut le dire et le marteler: nous n’avons que des ennemis à droite!

Source

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« – Si on chantait ? Dit le colonel.
Il avait enlevé son masque et respirait l’air frais, par la portière, avec les mimiques réjouies d’un gastronome comblé. Le camion grimpait allègrement, dans les vignes, la petite départementale sinueuse. A chaque tournant, le Village brun, là-haut, se rapprochait.
– Mon Dieu ! Que cela sent bon ! Reprit-il. On ‘est de nouveau chez nous. Il ne s’est rien passé. Alors ! Qu’est-ce qu’on chante ?
– La Marseillaise, peut-être…, proposa comiquement le secrétaire d’État.
A l’intérieur du camion, l’armée fut prise de toux violente, gloussements et hoquets divers. Entre hussards et commandos de marine, un concours à qui rirait le plus fort. Qu’on ne croie pas qu’ils se forçaient, non. Pas d’affectation amère. Une franche rigolade, simplement. Délivrés de tout, ils se marraient.
– Ce que j’en disais, fit le ministre, c’était plutôt pour tâter le moral du peuple…
Ils se regardèrent tous deux et rirent encore une fois de bon cœur.
– Bon ! Marseillaise, aux accessoires ! conclut Dragasès. Capitaine, qu’est-ce que vous proposez de mieux ?
– Le Boudin, dit l’officier de commando. C’est con comme tout, mais ça parle. Et au moins tout le monde connaît les paroles.
– Le boudin, apprécia le colonel, le boudin… Nous sommes la plus étrangère des légions étrangères, étrangère à tout. Alors le boudin, en effet… Mais je me demande si ce serait tellement de circonstance ? Le boudin, ça se mérite et quant à faire Camerone, aujourd’hui, on ne peut pas dire que c’était réussi ! Peut-être demain, là-haut… Je crois que je tiens une meilleure idée.
S’assurant d’un œil malicieux que tout le monde écoutait, il s’éclaircit la voix comme un chanteur de dessert, prit son souffle et entonna :
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu’on m’a fait
Ni le mal, tout ça m’est bien égal
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Tralala, tralala,
Aujourd’hui, je me fous du passé !
– Qu’en pensez-vous dit-il en terminant. Pas mal, non ? C’est un vieux truc. Je ne me souviens plus très bien des paroles, mais le principal y est. Vous ne connaissiez pas ? (…)
A gueuler comme des perdus, les veines du front à éclater, le cou gonflé, le visage écarlate, ils firent plus de bruit qu’une armée catholique victorieuse, chantant le Te Deum sous la nef d’une cathédrale. Dans les tournants, le camion vacillait, puis titubait sur les lignes droites, ses doubles roues mordaient joyeusement les talus. Joignant le geste à la parole, le hussard chauffeur lâchait le volant en cadence et jouait des mains et des bras comme un cabot qui sort ses tripes dans un mauvais tour de chant. L’officier de commando martelait le tableau de bord avec ses poings. Au « rien de rien », tout le plancher du camion vibrait sous les crosses des fusils. Si l’on peut analyser les sentiments profonds de ces braillards, on y trouve d’abord l’ivresse du clan. La tribu, au complet, célèbre son unité. Si peu nombreuse qu’elle se compte, elle emmerde le reste du monde. Mais on y décèle également quelque chose comme de l’angoisse. »

Jean Raspail. Le Camp des saints. Robert Laffont

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Cet extrait est l’illustration parfaite de ce que j’ai tant apprécié dans le Camp des Saints. Cette élégance, cette légèreté, cette gaieté dans l’humour omniprésent, qualité indispensable au Sudiste comme l’écrivait Maurice Bardèche, malgré les circonstances épouvantables, à l’heure du désespoir et dans les moments les plus dramatiques. Il vient donc en parfait complément du texte de Bardèche, tout en confirmant l’intuition de Raspail : « la Gauche (…) n’est que dérision haineuse (…) quand elle crache sur le drapeau, pisse sur la flamme du souvenir (…) elle le fait d’une façon épouvantablement sérieuse (…) La vraie Droite n’est pas sérieuse. C’est pourquoi la Gauche la hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir. La Gauche est un incendie qui dévore et consume sombrement (…). La Droite est une flamme instable qui danse gaiement, feu follet dans la ténébreuse forêt calcinée. »

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Daumier« Bien sur qu’elle en conserve – ou plutôt qu’elle en a longtemps conservé. Elle en conserve lorsqu’elle proteste contre le matérialisme du système de l’argent et de la logique du profit, quand elle proclame la supériorité de l’esprit sur les valeurs marchandes, quand elle reste fidèle à l’éthique de l’honneur, cette éthique si proche de la « décence commune » des classes populaires. Elle en conserve quand elle reprend et actualise ce qu’il y avait de meilleur dans l’Ancien Régime, non certes les privilèges de caste attachés aux anciennes hiérarchies -privilèges conservés sous une autre forme par la bourgeoisie libérale-, mais le sens de la gratuité, la logique du don et du contre-don, le holisme social, les structures organiques, les formes particulières de la vie locale, c’est-à-dire les communautés enracinées qui permettaient l’émergence d’un monde commun, bref tout ce qui relevait du principe « communautaire » et des valeurs traditionnelles, morales et culturelles qui le sous-tendaient. Le problème c’est qu’aujourd’hui seule une infime partie de la droite reste sur ces positions -mais souvent dans une optique purement réactionnaire ou « restaurationniste ». Ses gros bataillons se sont embourgeoisés. Simultanément, les catégories majeures de l’éthique de l’honneur ont été tellement tournées en dérision qu’elles ne sont tout simplement plus audibles. Des antithèses comme haut-bas, noble-méprisable, style ou tenue et absence de style ou de tenue, ne veulent plus rien dire pour nombre de nos contemporains. Quand on les évoque, ils rigolent et ouvrent des yeux ronds. »

Alain de Benoist. Mémoire vive. Éditions de Fallois.

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Carl Lang répond aux questions de Civitas

« La place de Dieu et de la religion est intimement liée à l’identité du pays, marquée par ses cathédrales et ses 40 000 clochers.

Contrairement à ce que prétendent les politiciens de la Vè République, depuis Mélenchon jusqu’à madame Le Pen, notre identité nationale est fondée, non pas sur l’idéologie laïque de la IIIè République, mais sur quinze siècles de Chrétienté. La France est appelée « la Fille aînée de l’Eglise » parce que le baptême de son premier roi Clovis en 496 en a fait le premier Etat catholique en Europe après l’écroulement de l’empire romain d’Occident. Notre pays a été construit, défendu, développé par des saints comme sainte Jeanne d’Arc ou saint Louis,  par des prêtres comme le Cardinal Richelieu,  par des hommes d’Etat ayant compris la nature de l’identité de la France, comme Clovis le païen qui choisit le baptême, Henri IV le protestant qui se convertit au catholicisme où  Napoléon dont le Concordat redonne à l’Eglise sa place officielle dans nos institutions.

Aujourd’hui, face à l’Islamisme qui constitue la principale menace pour son identité et pour sa liberté, le peuple français doit, non pas réfugier derrière la ligne Maginot de la laïcité qui lui a enlevé ses défenses spirituelles, mais au contraire puiser ses forces dans les racines chrétiennes de sa civilisation. 

1. En tant que chef de l’Etat, vous engageriez-vous à défendre les références à Dieu ou à la religion chrétienne dans des projets de constitution ou de traités ?

Une des raisons pour lesquelles, député au Parlement européen, je me suis opposé au projet de Constitution européenne et au traité de Lisbonne, est l’absence dans ces deux textes de toute référence aux racines chrétiennes de l’Europe. Cette référence, je veux l’inscrire dans le traité fondateur de la Nouvelle Europe des Nations souveraines et des Libertés que je propose de construire. Le christianisme est en effet un des principaux dénominateurs communs de notre continent et nous savons que l’enjeu de ce siècle sera un enjeu de civilisation.

2. Comment envisagez-vous la préservation du dimanche et des grandes fêtes de tradition chrétienne comme jours chômés pour tous les travailleurs ?

Le dimanche et les grandes fêtes chrétiennes comme jours fériés sont progressivement remis en cause par nos gouvernements qui ont supprimé en 2004 le Lundi de Pentecôte et qui, comme l’avaient fait les jacobins en 1793, veulent supprimer le repos dominical. Le projet de madame Joly d’imposer dans notre calendrier des fêtes comme l’Aïd Kébir s’inscrit dans cette remise en cause générale de notre tradition chrétienne. Cette atomisation de notre société est le résultat, d’une part de la colonisation de peuplement  originaire du monde musulman et  d’autre part, de l’idéologie laïque qui éradique dans la vie publique toute référence au christianisme.

Pour préserver le caractère férié du dimanche et des fêtes chrétiennes, il faut bien sûr rétablir le Lundi de Pentecôte, revenir  sur la législation tendant à supprimer le repos dominical, faire en sorte que les vacances de la Toussaint, du Mardi Gras et de Pâques incluent bien ces dates. Mais il est aussi nécessaire que l’origine chrétienne de ces fêtes soit connue de tous nos compatriotes. Pour cela, il faut briser les tabous des laïcards et donc instaurer dans l’enseignement public un cours non pas de catéchisme, mais d’histoire de la religion qui accompagne depuis sa naissance notre pays. Il est normal qu’un écolier français sache pourquoi il ne va pas à l’école le jour de l’Ascension.

La défense de nos traditions chrétienne en général nécessite  l’arrêt de la colonisation étrangère subie depuis 1962, l’inversion des flux migratoires et le respect par les étrangers de nos lois et de nos traditions.

(…) »

Bon et bien si on pouvait encore avoir quelques illusions, maintenant on sait ce qu’il en est, on sait à quoi s’en tenir et ça a, au moins, le mérite d’être clair …

mais comme me déplaît  cette présomption de vouloir incarner la « droite nationale » ! * … tout ça, ces raccourcis, ces mensonges (origine chrétienne des fêtes, confiscation des héros nationaux, racines chrétiennes de l’identité nationale, etc.) et mise à part la dénonciation de la colonisation étrangère, va complètement à l’encontre de ce que je crois et de ce que je sais jusqu’au plus profond de moi-même et je n’ai jamais compris comment on pouvait oser prétendre soigner un empoisonnement avec le poison responsable du mal. Je ne sais pas encore si j’irai voter, mais si j’y vais, je sais au moins quels bulletins je flanquerai à la poubelle… et pour qui, si Carl Lang avait eu ses 500 signatures, je n’aurai pas voté …

* ce qui pourrait peut-être, un jour prochain, m’amener à m’interroger sérieusement sur mon appartenance (ou non-appartenance) à cette « droite »…

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« … affirmer que nous n’avons rien en commun avec une droite libérale, bourgeoise, conservatrice, versaillaise et bigote que nous avons toujours méprisée. »

Pierre Vial

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A la faveur d’un rangement dans mes étagères, je suis tombé sur ce vieux bouquin de Jean Plumyene et Raymond Lasierra, « Le complexe de droite » . Et je suis retombé sous le charme de ce petit trésor d’humour et de lucidité qui s’attache à dresser, comme son titre l’indique,  à partir d’un « groupe de représentations affectivement chargé, avec une tendance à la répétition », le portrait du jeune homme de droite archétypal … en 1969 (mais je ne suis pas sur que grand chose ait changé). Le choix du texte est arbitraire, il concerne les « Chevaleries »:

« On peut dire qu’il a fier allure, cet archétype . Sous le heaume le visage est impassible. Le regard est fixé au loin sur les sables du désert, guettant l’apparition tumultueuse des Sarrasins se ruant vers la Terre Sainte. Dans sa main droite il tient l’épée, symbole phallique de la civilisation occidentale, qu’il s’apprête à croiser avec le cimeterre dont la lame courbe évoque le croissant lunaire, emblème des lointaines civilisations maternelles des bords de l’Euphrate. Immobile, vigilant, ce chevalier mythique monte la garde à la frontière du royaume du Père.
Et toi Tristan, tu poses ton front contre la vitre de ta chambre de jeune homme dans l’appartement familial du XVIe arrondissement. Tu ne guettes rien. Tu viens d’être recalé à ton bac. Tu as peur d’être un raté. Ton père te méprise. Ta mère essaie de te consoler, ce qui est pire. Ta petite amie Iseult sort avec un futur polytechnicien.
Ne désespère pas.
Tu as l’âge de Perceval. Rater un examen, ce n’est pas une tragédie. Une peau d’âne, ça ne vaut rien comme armure. Engage-toi dans les paras. Rejoins la milice céleste. Tu seras accueilli par les trois saints de la chevalerie aéroportée : Saint Michel qui terrassa le démon, Saint Georges qui transperça le dragon et Saint Exupéry vainqueur du sirocco. Tu iras combattre l’ Infidèle, là où il se trouve, en Orient ou en Afrique. Tu protégeras ta patrie, la France, ta Mère.
Vous l’avez compris : ce chevalier archétypal représente le fils révolté contre l’autorité paternelle. Furieux de se sentir écrasé par son Père et de se voir interdire la possession de la Mère, il brandit son épée, symbole viril par excellence. Mais en même temps il admire ce Père. Il n’ose pas s’attaquer directement à lui. Il détourne son agressivité sur d’autres ennemis. Pour ne point tuer Arthur, les chevaliers de la Table Ronde se lancent dans la quête du Graal. Pour ne pas tuer son père, le Fils s’enrôle dans une phalange. Comme ces cadets de Gascogne qui entraient dans les Mousquetaires du Roi. Ce faisant, par un  étrange paradoxe, il se met encore au service du Père, qui pour s’en débarrasser, l’envoie à la mort dans quelque lointaine expédition. Tel Roland à Roncevaux .
La France d’aujourd’hui abonde en chevaliers imaginaires. Ils ne portent plus d’armure, seulement parfois un gilet, dernier vestige de la cotte de mailles. On les reconnait à je ne sais quoi d’un peu raide, d’un peu solennel dans leur allure ou dans leur prose. Ils n’ont pas le sens de l’humour. Ça se comprend. Il y a tant de choses qu’ils abhorrent dans le monde moderne. »

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La pensée du jour :

« Être de gauche ou de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie morale. » Ortega y Gasset

… ce qui me rappelle cette autre maxime issue des milieux libertaires, que j’adore : « le fascisme et l’antifascisme ne sont que les deux fesses d’un même cul, lequel ne produira jamais que de la merde« . (jolie, non ???)

C’est amusant, tous ces discours sur Mai 68, tous ces articles, tous ces bouquins … je ne sais pas trop ce qu’en auraient pensé ces mecs et ces filles des barricades … sais pas non plus ce qu’ils auraient pensé, à l’époque, de ce qu’ils sont devenus aujourd’hui … De toutes les analyses que j’ai pu parcourir (oui, pour certaines, seulement parcourir parce qu’il faut bien dire que beaucoup d’entre elles sont particulièrement chiantes et prétentieuses), c’est encore celle ci, de « droite » (signée Alain de Benoist), que je trouve la plus pertinente même si l’auteur oublie, à mon sens, une des composantes intéressantes du mouvement de contestation, celle qui a donné le mouvement hippie et dont la démarche était de retrouver de très anciennes racines, traditions, états de conscience (la nôtre, quoi …):

« La commémoration de Mai 68 revient tous les dix ans, avec la même marée de livres et d’articles. Nous en sommes au quatrième épisode, et les barricadiers du « joli mois de mai » ont aujourd’hui l’âge d’être grands-pères. Quarante après, on discute toujours pour savoir ce qui s’est exactement passé durant ces journées-là – et même s’il s’est passé quelque chose. Mai 68 a-t-il été un catalyseur, une cause ou une conséquence ? A-t-il inauguré ou simplement accéléré une évolution de la société qui se serait produite de toute façon ? Psychodrame ou « mutation » ?

La France a le secret des révolutions courtes. Mai 68 n’a pas échappé à la règle. La première « nuit des barricades » eut lieu le 10 mai. La grève générale se déclencha le 13 mai. Le 30 mai, le général de Gaulle prononçait la dissolution de l’Assemblée nationale, tandis qu’un million de ses partisans défilaient sur les Champs-Elysées. Dès le 5 juin, le travail reprenait dans les entreprises, et quelques semaines plus tard, aux élections législatives, les partis de droite remportaient une victoire en forme de soulagement.

Par rapport à ce qui se déroula à la même époque ailleurs en Europe, on note tout de suite deux différences. La première, c’est qu’en France Mai 68 ne fut pas seulement une révolte étudiante. Ce fut aussi un mouvement social, à l’occasion duquel la France fut paralysée par près de 10 millions de grévistes. Déclenchée le 13 mai par les syndicats, on assista même à la plus grande grève générale jamais enregistrée en Europe.

L’autre différence, c’est l’absence de prolongement terroriste du mouvement. La France n’a pas connu de phénomènes comparables à ce qu’ont été en Allemagne la Fraction armée rouge (RAF) ou en Italie les Brigades rouges. Les causes de cette « modération » ont fait l’objet de nombreux débats. Lucidité ou lâcheté ? Réalisme ou humanisme ? L’esprit petit-bourgeois qui dominait déjà la société est sans doute l’une des raisons pour lesquelles l’extrême gauche française n’a pas versé dans le « communisme combattant ».

Mais en fait, on ne peut rien comprendre à ce qui s’est passé en Mai 68 si l’on ne réalise pas qu’à l’occasion de ces journées deux types d’aspirations totalement différentes se sont exprimés. A l’origine mouvement de révolte contre l’autoritarisme politique, Mai 68 fut d’abord, indéniablement, une protestation contre la politique-spectacle et le règne de la marchandise, un retour à l’esprit de la Commune, une mise en accusation radicale des valeurs bourgeoises. Cet aspect n’était pas antipathique, même s’il s’y mêlait beaucoup de références obsolètes et de naïveté juvénile.

La grande erreur a été de croire que c’est en s’attaquant aux valeurs traditionnelles qu’on pourrait le mieux lutter contre la logique du capital. C’était ne pas voir que ces valeurs, de même que ce qu’il restait encore de structures sociales organiques, constituaient le dernier obstacle à l’épanouissement planétaire de cette logique. Le sociologue Jacques Julliard a fait à ce propos une observation très juste lorsqu’il a écrit que les militants de Mai 68, quand ils dénonçaient les valeurs traditionnelles, « ne se sont pas avisés que ces valeurs (honneur, solidarité, héroïsme) étaient, aux étiquettes près, les mêmes que celles du socialisme, et qu’en les supprimant, ils ouvraient la voie au triomphe des valeurs bourgeoises : individualisme, calcul rationnel, efficacité ».

Mais il y eut aussi un autre Mai 68, d’inspiration strictement hédoniste et individualiste. Loin d’exalter une discipline révolutionnaire, ses partisans voulaient avant tout « interdire d’interdire » et « jouir sans entraves ». Or, ils ont très vite réalisé que ce n’est pas en faisant la révolution ni en se mettant « au service du peuple » qu’ils allaient satisfaire ces désirs. Ils ont au contraire rapidement compris que ceux-ci seraient plus sûrement satisfaits dans une société libérale permissive. Ils se sont donc tout naturellement rallié au capitalisme libéral, ce qui n’est pas allé, pour nombre d’entre eux, sans avantages matériels et financiers.

Installés aujourd’hui dans les états-majors politiques, les grandes entreprises, les grands groupes éditoriaux et médiatiques, ils ont pratiquement tout renié, ne gardant de leur engagement de jeunesse qu’un sectarisme inaltéré. Ceux qui voulaient entamer une « longue marche à travers les institutions » ont fini par s’y installer confortablement. Ralliés à l’idéologie des droits de l’homme et à la société de marché, ce sont ces rénégats qui se déclarent aujourd’hui « antiracistes » pour mieux faire oublier qu’ils n’ont plus rien à dire contre le capitalisme. C’est aussi grâce à eux que l’esprit « bo-bo » (« bourgeois-bohême », c’est-à-dire libéral-libertaire) triomphe désormais partout, tandis que la pensée critique est plus que jamais marginalisée. En ce sens, il n’est pas exagéré de dire que c’est finalement la droite libérale qui a banalisé l’esprit « hédoniste » et « anti-autoritaire » de Mai 68. Par son style de vie, Nicolas Sarkozy apparaît d’ailleurs, le tout premier, comme un parfait soixante-huitard.

Simultanément, le monde a changé. Dans les années 1960, l’économie était florissante et le prolétariat découvrait la consommation de masse. Les étudiants ne connaissaient ni le sida ni la peur du chômage, et la question de l’immigration ne se posait pas. Tout semblait possible. Aujourd’hui, c’est l’avenir qui paraît fermé. Les jeunes ne rêvent plus de révolution. Ils veulent un travail, un logement et une famille comme tout le monde. Mais en même temps, ils vivent dans la précarité et se demandent surtout s’ils trouveront un emploi après leurs études.

En 1968, aucun étudiant ne portait de jeans et les slogans « révolutionnaires » qui fleurissaient sur les murs ne comportaient aucune faute d’orthographe ! Sur les barricades, on se réclamait de modèles vieillis (la Commune de 1871, les conseils ouvriers de 1917, la révolution espagnole de 1936) ou exotiques (la « révolution culturelle » maoïste), mais au moins militait-on pour autre chose que pour son confort personnel. Aujourd’hui, les revendications sociales ont un caractère purement sectoriel : chaque catégorie se borne à réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. « Deux, trois, plusieurs Vietnam ! », « Mettre le feu à la plaine », « Hasta la libertad, sempre ! » : cela ne fait évidemment plus battre les cœurs. Plus personne ne se bat plus pour la classe ouvrière dans son ensemble.

Le sociologue Albert O. Hirschman disait que l’histoire voit alterner les périodes où dominent les passions et celles où dominent les intérêts. L’histoire de Mai 68 fut celle d’une passion qui s’est dissoute dans le jeu des intérêts. »

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