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parc aménagé

« La rivière naturelle coule à certains endroits. Et pas à d’autres. Les arbres tombés y ménagent des espaces d’eaux calmes et profondes. Ailleurs la pente crée des friselis d’eaux cristallines sur les gravières où le poisson vient frayer.

Le soleil perce où il veut, quand il peut. C’est le point de départ de la chaîne d’énergie captée par les plantes qui lient tous les êtres vivants. Et l’eau coule, un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. D’une manière ou d’une autre tout son parcours se retrouve vivant, même s’il n’est pas éclairé en totalité. La rivière ne meurt que si l’homme s’en mêle.

Faire couler, obsession majeure des aménageurs, nous produit des vaches dépitées devant les quelques centilitres qu’une sécheresse, ainsi bien organisée, leur laisse à portée de langue, dans leurs points d’eau d’autrefois.

Faire couler ! Et voilà à la crue de printemps un déboulé formidable d’eaux que rien ne ralentit. Gare à ceux qui sont en aval !

Tout ça marche bien mal, simplement parce que le but poursuivi n’est pas, en réalité, la régulation du cours de la rivière, avec dosage des crues, du soleil et de tous les éléments.

Ce que l’on veut, c’est civiliser le lieu, le rendre correct. Fréquentable.

Et alors le premier élément sur lequel on se focalise c’est l’arbre. Vous l’avez vu : pourri, mort, tombé, il n’a pas droit à l’existence.

Mais il est le symbole de la nature. C’est donc lui qui, parmi tous les occupants du milieu, subira le plus cet étrange alchimie : devoir le maintien de son existence à la condition de devenir autre chose que lui même . Autre chose qu’un être vivant qui vit, se reproduit et meurt. Et de surcroît se décompose, écrabouillé dans l’eau et farci de petites bêtes.

Donc :

Première règle : il doit y avoir des arbres.

Deuxième règle : ils doivent être vivants.

Troisième règle : ils ne doivent être ni morts ni malades.

Quatrième règle : il ne doit y avoir que des arbres, pas d’autre végétation.

Et non seulement au bord des eaux. Ce credo est celui de tous les espaces que l’on prétend ouvrir à la fréquentation, alors que des gens divers y ont déjà vécu pendant des siècles.

Chemins ruraux, bords d’étangs, sentiers forestiers, sont passés au même moule. Les villages aussi d’ailleurs. Subvention, montant hors taxes, compléments de financement, valeur des plants. On pourrait vraiment croire à la revanche de la végétation sur la froideur des bitumes et bétons. « Sont visés pour la plantation les communaux délaissés, les talus, les parcelles condamnées par la rectification d’un virage. »

Voilà un langage bien caractéristique. Dans ces lieux pourraient s’implanter des hordes sauvages d’escargots, d’épines, de lianes, de chardons, et serpents. Des enchevêtrements, des lignes non maîtrisées, du spontané sans aucun calcul. Plantons mes frères, plantons. Ne laissons pas pousser ! Plantons, c’est un acte volontariste qui montre que nous sommes encore là. Ce territoire « délaissé », condamné, non on ne l’ »abandonnera pas à lui même », ce qui serait tragique. Jouons à dire qu’alors il dépérirait. Parce que nous, indispensables primates, n’y serions pas. »

François Terrasson. La civilisation anti-nature. Éditions du Rocher.

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nettoyage2

« Les bulldozers, vautrés dans les cours d’eau, taillant et broyant pour accoucher de canaux rectilignes et déboisés, c’est fini.

Place au chantier écologique de nettoyage de rivière ! La nature a gagné.

Sans nous, bien sûr, elle était perdue. Comment avait-elle fait avant notre apparition pour préserver ses eaux douces et ses poissons ?

Mystère. Heureusement nous sommes là, et fleurissent les compliments sur la maintenance des écosystèmes par techniques douces. Car, c’est la technique qui fait tout, n’est-ce pas ?…

Faut voir.

J’entends déjà une fausse note. Dans le cri du Pic-Vert. Visiblement il n’est pas très content. Renseignement pris, on s’aperçoit qu’il a perdu son garde-manger. Une série de vieux aulnes toujours debout mais archicrevés depuis longtemps. Complètement vermoulus et criblés de coups de becs. Car les vers qui ont moulu (voir étymologie) sont le beafsteack préféré du pic. Larves grasses de coléoptères entre autres, elles s’épanouissent dans la bois mort, qui ne fait pas bien dans le paysage.

Oh ! Les bons écologistes qui ont foutu en l’air comme inutiles et morts ces réservoirs de vie.

Et qui se demanderont pourquoi on ne voit plus guère ce grand spectaculaire insecte, le Lucarne cerf-volant dont la larve a besoin du bois plus ou moins desséché. Tout était à moitié écroulé, il n’y avait plus de feuilles, c’était la jungle…

Si, si ! C’est dit, c’est écrit dans les dépliants et commentaires. Tant pis aussi pour les champignons de l’Orme défunt, pour le trou à chouette, la planque du nid de guêpes…

Nettoyage. On aurait dû s’en douter. Ce mot a un sens.

Faut faire du net.

Pas de pourriture, pas de silhouettes décrépites au long de l’eau.

On s’aperçoit qu’en fait il s’agit de réussir de manière écologique un projet totalement préconçu : rendre conforme à une image mythique la réalité de la nature. Au besoin, contre la nature elle-même.

Les maniaques du bull voulaient systématiser, ordonner, créer des autoroute aquatiques. Ils vivaient la logique du remplacement des écosystèmes par l’artificiel. Les nouveaux venus sont plus forts. Ils ont l’ambition de mettre à la place du vrai les images de leurs phantasmes tout en se faisant croire, non seulement qu’ils ne touchent à rien, mais qu’ils améliorent. La nature sera d’autant plus naturelle qu’ils y seront passés.

L’eau claire, qui coule au soleil, sans mauvaises bêtes et sans épines, c’est du positif ! Nos tronçonneuses et nos jeunes vont s’en charger. Il y a des bestioles qui adorent l’ombre et l’eau stagnante ? Ah bon ! Pas nous, en tout cas, déclarent ces modernes croisés de la nature. Si ça existe ça ne peut-être qu’une sorte de pollution. Une incapacité des choses à être telles qu’elles devraient être. »

François Terrasson. La civilisation anti-nature. Éditions du Rocher.

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dessin-enfants-bagarre« Le système avait foulé aux pieds tous ces bons préceptes de droit et de justice auxquels tous ces laquais croyaient dur comme fer. Eux qui pensaient que la guerre venait d’un manque de compréhension entre les hommes, eux qui niaient les différences en croyant les louer, eux qui voyaient en chaque homme un être digne de considération et de compassion, ceux-là s’étaient versé dans l’écologie en pensant qu’il suffisait de trier ses déchets. Mais l’écologie, la vraie, représentait l’harmonie totale de l’homme et de la nature. Elle impliquait la remise en cause complète de la place de l’être humain et de ses prérogatives sur la terre. La nature n’était pas un jardin d’enfants où on obligeait le plus grand à respecter le petit en ne lui prenant pas son goûter. Non, la nature était violente et cruelle car sans violence et sans cruauté, l’équilibre se serait rompu et tout aurait sombré dans l’inerte et le néant. Elle était une magie, un lieu de conflit perpétuel où le racisme et la force faisaient loi car il n’y avait que de tels instincts pour dispenser la lumière vitale. Et l’homme écologiste, en accord avec son écosystème, était soumis à ces lois et toute la raison du monde n’y pouvait rien changer. Le système savait tout cela, aussi avait-il créé l’écologie politique comme une nouvelle facette de son emprise afin de capter encore quelques bonnes volontés et souiller leur pureté originelle. »

L’Ami. Mon sang m’a dit. Les Amis de la Culture Européenne.

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François Terrasson est un écolo aux antipodes de ces écolos médiatiques qu’on est habitués à voir un peu partout et qui ont pris prétexte de l’écologie pour poursuivre de tout autres buts que la préservation de l’environnement  dans l’intérêt des sociétés humaines. Hommes et femmes liges de l’économie marchande, VRP d’une espèce de cosmopolitisme à l’échelle mondiale et propagandistes zélés d’un modèle planétaire unifié de développement…

terrasson

François Terrasson, né le 3 juillet 1939 à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier) et décédé le 2 janvier 2006 est un écrivain et naturaliste français.

Chercheur et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle , il s’intéressait tout particulièrement au rapport qu’entretient l’homme avec la nature (la géonomie) sous l’angle philosophique, scientifique, politique et agricole.

La réflexion de Terrasson, non seulement embrasse l’ensemble des rapports entre l’environnement et l’humanité (géonomie), mais oblige ses lecteurs à interroger leur rapport individuel à la Nature. Son approche est tout à la fois naturaliste, sociale, économique, historique et psychologique, elle décrit aussi bien les mécanismes physiques, biologiques ou les aspects techniques, que les ressorts aussi bien rationnels qu’émotionnels, culturels ou idéologiques de notre compréhension et de nos décisions.

François Terrasson organisait des stages de « découverte de la Nature » : chaque stagiaire était déposé de nuit en forêt (par exemple de Fontainebleau), avec un duvet mais sans lampe de poche, pour passer isolé une nuit à la belle étoile. Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, discussion collective sur la nuit précédente : comment cela s’est-il passé, qui a eu peur, qui s’est éclaté ? Réponse dans le chapitre intitulé “Tépamazo” du deuxième livre de Terrasson, «  La civilisation anti-nature ». En deux mots, le groupe des gens qui se sont inquiétés toute la nuit était beaucoup plus nombreux que celui des personnes qui avaient vécu le bonheur de fusionner avec « Mère Nature ». Ce second groupe existe pourtant. On évoquait aussi, sans faux-semblants, des aspects pratiques: confort, soif, miction et défécation, moustiques, fourmis, bruits… et les rapports de chacun à l’environnement, en ces circonstances, étaient décortiqués. Les « mieux à l’aise », les « mieux adaptables » n’étaient pas forcément les personnes d’origine rurale.

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Les stages, montages et livres conçus par Terrasson ont pour rôle d’illustrer sa thèse principale : à la question « pourquoi l’homme occidental détruit-il la Nature ? », sa réponse était : « parce qu’il en a peur ». Et ses livres donnent de nombreux exemples de la psychologie complexe de « l’homo occidentalis » dans son rapport à la Nature. Il citait volontiers René Jeannel: l’Homme est fils de la forêt et père du désert et Jared Diamond: l’Homme occidental a eu de la chance géographiquement, et prend l’avance technique qu’il doit à cette chance pour de la supériorité, mais les civilisations premières lui survivront peut-être ou bien reviendront, s’il ne prend pas conscience de ses préjugés et s’il ne réajuste pas son rapport à la Nature.

François Terrasson faisait la part des choses entre « Hominisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’instinct et à inventer de nouveaux comportements, de nouvelles règles, et qu’il attribuait à la néoténie humaine) et « Humanisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’agressivité, de la violence, de la prédation et à inventer des comportements et des règles de respect et de coopération, à l’intérieur de notre espèce, avec les autres espèces, et avec la nature). Il pensait l’hominisation achevée il y a environ un demi-million d’années, et l’humanisation en cours d’émergence, et pensait que notre survie passée est due à l’hominisation, tandis que notre survie future est conditionnée par le succès de l’humanisation.

Travaillant dans le domaine de la mise en place d’aires naturelles protégées, parcs nationaux ou régionaux et autres réserves, il fut également un expert dans le domaine de l’aménagement de l’espace rural, participa à des études d’impact avant remembrement, et voyagea beaucoup en tant qu’expert en reconstruction écologique, voyages qui l’amenèrent aux quatre coins du monde et jusqu’aux Îles Galapagos.

Très actif, il s’est littéralement épuisé à la tâche.

Bibliographie: «  La Peur de la nature », Sang de la terre. « La Civilisation anti-nature », Éditions du Rocher. «  En finir avec la nature », Le Rocher .

Source: Wikipédia.

« Une foule livrée à ses instincts ne peut manquer de déshonorer même le patriotisme, le courage et la justice. Je me demande si une foule livrée à ses goûts -vulgarité agressive, culture de la sottise et de la médiocrité, fainéantise, vanité, béatitude grégaire- ne pousse pas encore plus loin l’ignominie ».

Robert Poulet : « Contre l’amour, la jeunesse, la plèbe ».

tondue

Je suis tombé hier sur une vidéo montrant des femmes tondues à la Libération… quelle honte … ce qui m’a le plus frappé, c’est la dignité des victimes, en opposition à la bassesse crasse et vulgaire des bourreaux, leur laideur …

X.  qui l’autre soir sur un forum païen, sous le prétexte que je donnais un lien pour un entretien avec Alain de Benoist sur la décroissance, m’ a violemment agressé, me traitant de « branquignol nazillon », en me classant à l’extrême droite, dans cette « peste brune qui progresse », prétendant que dans mon blog je me bats contre « les ennemis de l’Occident » (ce qui n’appartient en aucune manière à mon vocabulaire, pas plus que « les pourrisseurs de notre belle jeunesse »: désolé mais ça m’a toujours fait rigoler…), mettant en doute mon paganisme, et appelant au lynchage contre moi, pour me flanquer « à la poubelle »,  X.  celui là même qui, voulant montrer que l’humour ne lui est pas étranger mais ne sachant pas ce que peut bien pouvoir signifier « reductio ad Hitlerum », confirme : « l’écologie est de droite, la preuve Hitler était végétarien », attendant qu’on s’esclaffe… X. dis-je, aurait été l’ un de ceux qui tenaient les ciseaux, je n’en doute pas un instant …

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